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Le certificat européen franchit une première étape au Parlement

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par Gabriela Baczynska

BRUXELLES (Reuters) – Le Parlement européen a validé la proposition de « certificat européen COVID-19 » pour faciliter les voyages en Europe, un projet attendu par les pays méridionaux désireux de sauver leur saison touristique estivale mais qui pourrait être compromis par les différences de dépistage et de vaccination d’un pays à l’autre.

Le devenir de cette initiative dépend désormais des prochaines négociations entre le Parlement européen, le Conseil européen qui réunit les dirigeants des Etats membres et la Commission européenne.

Les eurodéputés se sont prononcés largement en faveur de ce document, que la Commission nomme « certificat vert numérique », dans un vote organisé mercredi et dont les résultats ont été rendus publics jeudi.

Ils estiment que les détenteurs d’un tel certificat ne devraient pas se voir imposer de quarantaine ou de test et souligne que les pays de l’UE doivent garantir un dépistage rapide et gratuit, afin d’éviter « toute discrimination à l’encontre des personnes non vaccinées ou pour des raisons économiques ».

Ce certificat standardisé attestant que son porteur est vacciné contre le COVID-19 ou a effectué récemment un test de dépistage négatif du coronavirus SARS-CoV-2 vise à faciliter la liberté de circulation au sein de l’UE pendant la crise sanitaire.

Mais des diplomates européens jugent qu’il sera probablement difficile de parvenir à un terrain d’entente.

Outre les approches différentes d’un pays à l’autre sur les tests retenus (tests antigéniques ou PCR par prélèvement nasopharyngé pour détecter la présence du virus ou test sérologique par prise de sang pour détecter les anticorps), le choix d’un support numérique unique européen risque de poser des difficultés techniques.

PLUS PETIT DÉNOMINATEUR COMMUN

Sans compter que les questions relatives à la protection des données personnelles et les craintes d’une discrimination à l’égard des personnes non vaccinées vont encore compliquer l’équation.

Selon ces responsables européens, l’issue la plus probable pour cette proposition est l’introduction du certificat COVID-19 comme plus petit dénominateur commun, en laissant ensuite à chaque pays la liberté de préciser les droits des titulaires de ce document.

A la différence du Parlement, la Commission a proposé que les pays puissent maintenir des exigences supplémentaires, comme le souhaitent également de nombreux Etats membres.

Reflétant les différences de perception entre le Parlement et la Commission, le porte-parole de l’exécutif européen Eric Mamer a déclaré jeudi que le projet de certificat n’avait « rien à voir » avec le fait d’autoriser ou d’interdire les voyages.

« C’est un système d’information sur votre état de santé à l’égard du COVID (…) Les mesures de sécurité sanitaire (requises pour entrer dans un pays) relèvent des prérogatives des Etats membres et cette responsabilité ne change pas avec le certificat vert numérique. »

De nombreux pays commencent déjà à mettre en place leur propre système, sans attendre l’issue du long processus de décision européen, ce qui augmente d’autant la probabilité que des règles différentes d’un pays à l’autre viennent contrecarrer une liberté de circulation homogène au sein de l’UE.

En France, l’application TousAntiCovid permet désormais d’importer les résultats des tests via un QR code et devrait bientôt permettre d’inclure les certificats de vaccination.

D’autres pays dont l’Allemagne, l’Espagne l’Estonie, la Grèce et la Lituanie ont adopté une approche comparable mais les Etats membres pourront conserver leur propre support même quand un outil européen unique sera disponible.

Les Vingt-Sept seront tenus de reconnaître les vaccins ayant été autorisés par l’Agence européenne des médicaments mais chaque pays pourra décider de la façon dont il gère les visiteurs ayant reçu les vaccins russe ou chinois.

(version française Myriam Rivet, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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