Une attaque aérienne russe prive d’électricité plus d’un million d’Ukrainiens
KYIV, 24 janvier (Reuters) – La Russie a lancé samedi une nouvelle attaque d’envergure contre le système énergétique ukrainien, secouant la capitale Kyiv et privant 1,2 million de sites d’électricité dans l’ensemble du pays.
Le vice-Premier ministre Oleksiy Kouleba a déclaré que plus de 3.200 bâtiments de la capitale étaient toujours privés de chauffage samedi en fin de soirée, contre 6.000 en matinée. Les températures nocturnes avoisinaient les -10 degrés Celsius.
Plus de 160 équipes d’intervention d’urgence étaient déployées dans la capitale pour rétablir le chauffage, a-t-il ajouté. Des équipes étaient également à pied d’œuvre dans d’autres régions touchées, principalement dans l’ouest et le sud de l’Ukraine.
Le ministre de l’Energie, Denys Chmyhal, a déclaré sur la messagerie Telegram, après la réunion quotidienne des responsables consacrés à l’énergie, que plus de 800.000 foyers à Kyiv étaient toujours privés d’électricité, ainsi que 400.000 autres dans la région de Tchernihiv, au nord de la capitale.
« Quant à l’énergie, les attaques ennemies constantes empêchent malheureusement la stabilisation de la situation », a-t-il écrit.
De nombreux appartements étaient déjà privés de chauffage après de précédentes frappes.
Moscou a mené ces attaques alors que des discussions trilatérales parrainées par les États-Unis entre la Russie et l’Ukraine entraient dans leur deuxième journée aux Émirats arabes unis, sans signe de compromis vendredi.
Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a déclaré qu’une personne avait été tuée dans la capitale et que quatre autres avaient été blessées, dont trois hospitalisées, tandis que plus de 30 personnes, dont un enfant, ont été blessées dans la deuxième ville du pays, Kharkiv.
Vitali Klitschko s’est rendu dans le quartier le plus touché de Kyiv, la banlieue nord-est de Troieshchyna, où 600 bâtiments étaient privés d’électricité, d’eau et de chauffage.
Il a indiqué que les personnes vulnérables recevaient des repas chauds et des médicaments, et que la ville déployait des abris chauffés supplémentaires qui fonctionneraient 24 heures sur 24 dans le secteur.
Kyiv a récemment assoupli son couvre-feu militaire instauré en temps de guerre pour permettre aux personnes logées dans des appartements non chauffés de se réfugier la nuit dans des tentes chauffées ou des bâtiments publics.
CAMPAGNE DE BOMBARDEMENTS LA PLUS INTENSE
La Russie, qui pilonne le réseau électrique ukrainien depuis le lancement de son invasion à grande échelle en 2022, mène cet hiver sa campagne de bombardements la plus intense contre les installations énergétiques, laissant des habitants dans tout le pays avec seulement quelques heures d’électricité par jour, et pour certains sans chauffage ni eau.
L’armée de l’air ukrainienne a précisé que la Russie avait lancé 375 drones et 21 missiles, dont deux missiles balistiques Tsirkon rarement utilisés, lors de l’attaque nocturne.
Le ciel au-dessus de Kyiv a été illuminé par des éclairs orangés tandis que les défenses aériennes ouvraient le feu sur les missiles et drones visant la capitale, des détonations puissantes résonnant entre les immeubles élevés de la ville.
Le chef de l’administration militaire de Kyiv, Timour Tkachenko, a fait état de frappes dans au moins quatre districts. Un établissement médical figure parmi les bâtiments endommagés.
Avant samedi, Kyiv avait déjà subi deux attaques nocturnes massives depuis le Nouvel An, qui avaient privé de courant et de chauffage des centaines d’immeubles résidentiels.
Les équipes de secours s’employaient toujours à rétablir les services après ces frappes, et Vitali Klitschko a précisé que de nombreux bâtiments privés de chauffage samedi venaient tout juste de le retrouver.
À Kharkiv, cible fréquente située à environ 29 kilomètres de la frontière russe et bien plus proche des lignes de front orientales, le maire Ihor Terekhov a déclaré que 25 drones avaient frappé plusieurs quartiers.
Sur Telegram, Ihor Terekhov a précisé que les drones avaient touché un dortoir accueillant des personnes déplacées ainsi que deux établissements médicaux, dont une maternité.
(Ron Popeski et Max Hunder; version française Camille Raynaud)
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