Syrie: Combats meurtriers entre forces gouvernementales et kurdes à Alep
ALEP, Syrie, 7 janvier – De violents affrontements opposaient les forces gouvernementales syriennes à des combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) mercredi à Alep, pour la deuxième journée consécutive, faisant fuir des milliers de civils.
Les deux camps se rejettent la responsabilité de l’escalade, sur fond de tensions croissantes alors que les Kurdes résistent à la reprise en main du pays par les autorités de Damas et à l’intégration de leurs combattants au sein de l’armée gouvernementale.
Les combats, qui ont éclaté mardi, ont fait au moins dix morts jusqu’à présent, dont deux femmes et un enfant, selon les services de santé.
Après un calme relatif pendant la nuit, les échanges de tirs ont repris mercredi et se sont intensifiés dans l’après-midi, selon les journalistes de Reuters présents dans la ville.
L’armée syrienne a qualifié les positions tenues par les Kurdes dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh de « cibles légitimes ». Deux responsables syriens ont dit s’attendre à une opération militaire importante dans la ville.
Le gouvernement dit avoir ouvert des couloirs d’évacuation pour permettre aux civils de quitter les quartiers en proie aux combats. Selon la défense civile d’Alep, quelque 10.000 personnes ont déjà été évacuées à bord de bus.
L’activité économique de la grande ville du nord de la Syrie est à l’arrêt et l’aéroport a été fermé, de même que l’autoroute menant vers la Turquie.
Après la chute du président Bachar al Assad il y a un peu plus d’un an, les nouvelles autorités de Damas ont conclu un accord avec les FDS qui prévoyait une intégration complète de leurs combattants dans l’armée syrienne d’ici à la fin 2025, mais l’accord est resté lettre morte, chacun reprochant à l’autre de gagner du temps ou d’agir de mauvaise foi, alors que la Turquie continue de menacer de son côté les Kurdes d’une intervention militaire.
(Reportage de Karam al-Masri, Mahmoud Hasano, Khalil Ashawi, Orhan Qereman et Kinda Makieh, rédigé par Maya Gebeily ; version française Tangi Salaün, édité par Kate Entringer)
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