L’attaque terroriste pendant la fête juive de Hanoukka fait 16 morts en Australie
Au moins 15 morts et 40 blessés après des tirs dimanche lors de la célébration de la fête juive de Hanoukka sur la célèbre plage de Bondi, à Sydney, dans ce que les autorités australiennes ont qualifié d’attaque antisémite ciblée. L’Australie a annoncé lundi son intention de durcir la législation sur les armes à feu.

Vue aérienne de corps couverts et de sang sur le sol, d’un véhicule aux portes ouvertes et de la police sur les lieux d’une fusillade à Bondi Beach à Sydney, en Australie, le 14 décembre 2025, dans cette capture d’écran d’une vidéo. NINE NETWORK/SEVEN NETWORK/AUSTRALIAN BROADCASTING CORPORATION/Handout via REUTERS
Un père et son fils ont ouvert le feu hier lors de la célébration de la fête juive de Hanoukka sur la célèbre plage de Bondi, tuant 15 personnes. Le père, un quinquagénaire, a été tué sur place, portant le nombre de morts à 16, tandis que son fils de 24 ans se trouve dans un état critique à l’hôpital, a indiqué la police lors d’une conférence de presse lundi.
Quarante personnes ont été transportées à l’hôpital à la suite de l’attaque, dont deux policiers dans un état grave mais stable, a indiqué la police. Les victimes sont âgées de 10 à 87 ans.
« Ce à quoi nous avons assisté hier était un acte purement malveillant, un acte antisémite, un acte terroriste commis sur nos côtes, dans un lieu emblématique de l’Australie », a déclaré le Premier ministre australien Anthony Albanese à la presse lundi, venu déposer des fleurs près du lieu de l’attaque.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche soir sur X qu’un ressortissant français, Dan Elkayam, était mort « lors de l’attentat terroriste antisémite à Sydney ».
Les autorités ont indiqué que l’intervention d’un passant, filmé en train de charger l’un des tireurs par derrière, de lutter avec lui et de lui arracher un fusil des mains, avait évité de nombreuses autres victimes. Ce passant a été identifié par les médias locaux comme Ahmed Al Ahmed, propriétaire d’un magasin de fruits, âgé de 43 ans.

Des personnes en deuil déposent des fleurs sur un mémorial à Bondi Beach à Sydney, Australie. L’Australie est en deuil après que des hommes armés ont ouvert le feu sur Bondi Beach, une attaque visant la communauté juive. /Photo prise le 15 décembre 2025/AAP/Bianca De Marchi via REUTERS
« De très nombreuses personnes sont en vie ce soir grâce à sa bravoure », a déclaré Chris Minns, chef du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud, où se trouve Sydney, qualifiant l’homme de « véritable héros ».
Une unité de déminage s’employait à désactiver de potentiels engins explosifs, a également indiqué Mal Lanyon.
Selon un responsable des services de renseignement australiens, Mike Burgess, l’un des tireurs présumés était connu des services de police, mais n’était pas considéré comme une menace immédiate.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, qui a convoqué une réunion du conseil national de sécurité, a dénoncé dans une allocution télévisée « une attaque ciblée contre les juifs australiens » et « un acte d’antisémitisme maléfique », évoquant une « terrible attaque terroriste ».
« En ce moment sombre pour notre nation, notre police et nos agences de sécurité s’efforcent d’identifier toute personne associée à cet attentat », a-t-il ajouté.
« MEURTRE DE SANG-FROID »
Chris Minns a lui aussi qualifié la fusillade d' »attaque terroriste ».
Selon des témoins, la fusillade sur la plage de Bondi, la plus célèbre d’Australie, a duré environ 10 minutes et des centaines de personnes se sont dispersées sur le sable, ainsi que dans les rues et les parcs avoisinants, lorsqu’elle a éclaté. La police a indiqué qu’un millier de personnes avaient participé à la fête de Hanoukka.
Les chaînes de télévision Sky et ABC ont diffusé des images montrant des personnes gisant sur la plage de sable blanc.
« Nos frères et soeurs à Sydney ont été attaqués par de vils terroristes lors d’une attaque cruelle contre des Juifs qui s’étaient rendus à la plage de Bondi pour allumer la première bougie de Hanoukka », a déclaré le président israélien Isaac Herzog.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié l’attaque de « meurtre de sang-froid » et déclaré avoir mis en garde son homologue australien Albanese contre l’antisémitisme avant que l’Australie, ainsi que la Grande-Bretagne, le Canada et la France, ne reconnaissent un État palestinien en septembre.
« Votre appel à la création d’un État palestinien attise le feu de l’antisémitisme. Il récompense les terroristes du Hamas. Il enhardit ceux qui menacent les Juifs australiens et encourage la haine des Juifs qui sévit désormais dans vos rues », a-t-il déclaré.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait lui aussi directement mis en cause le gouvernement australien auparavant, l’accusant de ne pas suffisamment lutter contre l’antisémitisme et de ne pas avoir tenu compte de ses « multiples avertissements » depuis le début de la guerre à Gaza.
L’UN DES PAYS LES PLUS SÛRS AU MONDE
Israël a par la suite indiqué qu’un citoyen israélien figurait parmi les personnes tuées dimanche.
Anthony Albanese a répondu à Gideon Saar en promettant d' »éradiquer ce mal » et d' »aider nos compatriotes juifs pendant cette période sombre pour notre nation ».
Plusieurs grandes villes, dont Berlin, Londres et New York ont renforcé la sécurité autour des événements de Hanoukka après l’attaque de dimanche.
En France, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a envoyé un message aux préfets pour leur demander « de renforcer la présence des forces de sécurité intérieure autour des lieux de culte juifs », en particulier dans le cadre des célébrations des fêtes d’Hanoukka prévues du 14 au 22 décembre, selon une information de BFMTV confirmée par la place Beauvau.
« L’antisémitisme n’a pas sa place dans ce monde. Nos prières accompagnent les victimes de cet horrible attentat, la communauté juive et le peuple australien », a écrit sur X le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
Les fusillades de dimanche sont les plus graves d’une série d’attaques antisémites contre des synagogues, des bâtiments et des voitures en Australie depuis le début de la guerre menée Israël dans la bande de Gaza, en 2023.
Environ 150.000 personnes s’identifient comme juives en Australie, qui compte 27 millions d’habitants. On estime qu’environ un tiers d’entre elles vivent dans la banlieue est de Sydney, y compris à Bondi.
Les fusillades de masse sont rares en Australie, qui est considéré comme l’un des pays les plus sûrs au monde. L’attaque de dimanche est la plus meurtrière depuis 1996, lorsqu’un tireur avait tué 35 personnes dans un site touristique de l’État de Tasmanie, dans le sud du pays.
LA LOI SUR LES ARMES
Cette fusillade a rapidement soulevé la question de savoir si la législation australienne sur les armes à feu, déjà l’une des plus strictes au monde, est toujours adaptée.
Anthony Albanese a déclaré qu’il demanderait à son cabinet d’envisager de limiter le nombre d’armes autorisées par un permis de port d’arme, ainsi que la durée de validité de ce permis.
« La situation des gens peut changer », a déclaré le Premier ministre australien aux journalistes lundi, alors que la police enquêtait sur l’attaque qu’elle a qualifié de terroriste.
« Les gens peuvent se radicaliser au fil du temps. Les permis ne devraient pas être valables à vie », a-t-il ajouté.
Les autorités ont déclaré qu’elles étaient convaincues que seuls deux agresseurs étaient impliqués dans l’attaque, après avoir déclaré précédemment qu’elles vérifiaient si une troisième personne était impliquée.
La police a indiqué que le père était titulaire d’un permis de port d’arme depuis 2015 et possédait six armes enregistrées. L’un des attaquants présumés était connu des autorités mais n’a pas été considéré comme une menace immédiate, ont déclaré les responsables de la sécurité.
Le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, a déclaré que le père était arrivé en Australie en 1998 avec un visa d’étudiant et que son fils était né en Australie.
La police n’a pas divulgué les noms des tireurs. Ils ont été identifiés comme Sajid Akram et son fils Naveed Akram par la chaîne publique ABC et d’autres médias locaux.
« ACTION PROCHAINE »
Les fusillades de masse sont rares en Australie, l’un des pays les plus sûrs au monde. Le système australien de détention d’armes à feu est largement salué pour avoir l’un des taux d’homicides par arme à feu par habitant les plus bas au monde.
D’après les données de l’Institut australien de criminologie, 33 Australiens sont morts dans des homicides par arme à feu entre juin 2023 et juin 2024. Ce chiffre est à comparer aux 49 homicides par arme à feu commis chaque jour aux États-Unis jusqu’en 2023, selon les Centers for Disease Control and Prevention.
Mais le nombre d’armes détenues légalement n’a cessé d’augmenter depuis plus de vingt ans, dépassant les quatre millions.
« Il est essentiel que nous posions des questions prudentes et fondées sur des preuves quant à la manière dont cette attaque s’est produite, y compris la manière dont les armes ont été obtenues et si nos lois actuelles et nos mécanismes d’application sont adaptés à l’évolution des risques et des technologies », a déclaré le président de Gun Control Australia, Tim Quinn, dans un article de blog dimanche.
« Il est temps de modifier la législation sur les armes à feu, mais je ne suis pas prêt à l’annoncer aujourd’hui. Vous pouvez vous attendre à une action prochaine », a déclaré aux journalistes, Chris Minns, chef du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud, dont la juridiction comprend Sydney
L’attaque de dimanche est la plus importante qu’ait connu le pays depuis 1996, lorsqu’un tireur avait tué 35 personnes sur le site touristique de Port Arthur, dans l’État insulaire de Tasmanie.
En 1996, après la fusillade de masse en Tasmanie, il avait fallu 12 jours au gouvernement pour interdire les armes semi-automatiques, organiser un programme de rachat d’armes et mettre en place un système d’octroi de permis visant à exclure les personnes jugées inaptes à porter une arme.
(Reportage de Renju Jose, Praveen Menon, Scott Murdoch, Christine Chen, Kirsty Needham, Alasdair Pal, Byron Kaye, Pete McKenzie, Stella Qiu à Sydney, Peter Hobson à Canberra et Lucy Craymer à Wellington, rédigé par Lincoln Feast ; version française Coralie Lamarque, Tangi Salaün et Benjamin Mallet, édité par Kate Entringer)
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