Iran-Israël: les Etats-Unis bombardent et détruisent les trois principaux sites nucléaires iraniens
Le président américain Donald Trump a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche que les forces armées américaines avaient frappé les trois principaux sites nucléaires de l’Iran, menaçant Téhéran de représailles encore plus sévères si le pays ne s’engageait pas sur la voie de la paix.

Le président américain Donald Trump prononce une allocution à la nation aux côtés du vice-président américain JD Vance, du secrétaire d’État américain Marco Rubio et du secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, suite aux frappes américaines sur les installations nucléaires iraniennes. /Photo prise le 21 juin 2025/REUTERS/Carlos Barria/Pool
Cette décision, prise après plusieurs jours d’atermoiements et avant l’échéance de deux semaines que Trump s’était lui-même fixée, marque une escalade majeure dans le conflit opposant Israël à l’Iran. Elle pourrait inaugurer une nouvelle ère d’instabilité au Proche-Orient.
« Les frappes ont constitué un succès militaire spectaculaire », a déclaré Trump dans une allocution télévisée de trois minutes. « Les principales installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement détruites. »
Le président a averti que l’avenir de l’Iran se résumait à « la paix ou la tragédie », ajoutant que d’autres cibles restaient dans le viseur de l’armée américaine. « Si la paix ne vient pas rapidement, nous frapperons ces autres cibles avec précision, rapidité et compétence. »
Selon CBS News, Washington a informé Téhéran par voie diplomatique que ces frappes constituaient l’ensemble de l’opération prévue et que les États-Unis ne visaient pas un changement de régime.
Donald Trump a précisé que les frappes avaient visé les sites de Natanz, Ispahan et Fordow. Sur Fox News, il a précisé que six bombes anti-bunker avaient été larguées sur Fordow, tandis que 30 missiles Tomahawk avaient été tirés sur les autres installations. Des bombardiers furtifs B-2 ont participé à l’opération, a confirmé un responsable américain à Reuters sous couvert d’anonymat.
Sur Truth Social, Trump a affirmé : « Une charge complète de bombes a été larguée sur le site principal, Fordow. Fordow n’existe plus. »
Reuters avait rapporté plus tôt le déploiement de B-2, capables de transporter des bombes massives nécessaires pour atteindre Fordow, enfoui sous une montagne au sud de Téhéran.
Un responsable iranien, cité par l’agence Tasnim, a confirmé que Fordow avait été partiellement touché par des « frappes ennemies ». Toutefois, Mohammad Manan Raisi, député de Qom, a déclaré à l’agence semi-officielle Fars que le site n’avait pas subi de dommages sérieux.
Les médias iraniens ont rapporté que l’Organisation iranienne de l’énergie atomique n’avait détecté aucune contamination radioactive, ni danger pour les populations voisines. Hassan Abedini, haut responsable de la télévision d’État, a affirmé que les sites avaient été évacués depuis un certain temps et que les stocks d’uranium enrichi avaient été déplacés.
DIPLOMATIE EN ÉCHEC
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la « décision courageuse » de Trump. « L’Histoire retiendra que le président Trump a agi pour priver le régime le plus dangereux du monde des armes les plus dangereuses », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié les frappes américaines de « dangereuse escalade dans une région déjà au bord du gouffre – et une menace directe pour la paix et la sécurité internationales ».
Les attaques contre les infrastructures énergétiques, notamment le champ gazier de South Pars en Iran et les menaces sur la production pétrolière du pays, membre de l’OPEP, ainsi que les frappes iraniennes dans le détroit d’Ormuz, ont ravivé les craintes d’une flambée des prix du pétrole et de répercussions économiques mondiales.
VIVES RÉACTIONS POLITIQUES AUX ÉTATS-UNIS
Aux États-Unis, plusieurs élus démocrates et certains républicains ont critiqué l’absence d’autorisation du Congrès. Le sénateur républicain Roger Wicker a salué l’opération tout en avertissant que le pays faisait désormais face à des « choix cruciaux ».
Le représentant républicain Thomas Massie a déclaré : « Ce n’est pas constitutionnel. » La démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a estimé que cela constituait « clairement un motif de destitution ».
Parmi les partisans de Donald Trump, réunis au sein de la nébuleuse MAGA (Make America Great Again), de nombreuses voix se sont élevées contre l’implication militaire. Steve Bannon a appelé Trump à fournir une « explication plus approfondie » sur la nécessité de cette intervention. À l’inverse, Charlie Kirk a affirmé sur X : « L’Amérique soutient le président Trump. »
Israël a lancé ses premières frappes le 13 juin, affirmant que l’Iran était sur le point de se doter de l’arme nucléaire.
Selon Nour News, média d’État iranien, les attaques israéliennes ont fait au moins 430 morts et 3.500 blessés en Iran. En Israël, les autorités locales font état de 24 civils tués et 1.272 blessés.
(version française Nicolas Delame)
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