Mohamed al Bachir nommé Premier ministre de transition jusqu’au 1er mars
par Maya Gebeily et Timour Azhari
DAMAS (Reuters) – Mohamed al Bachir a été nommé Premier ministre d’un gouvernement de transition en Syrie avec le soutien des groupes qui ont renversé le président Bachar al Assad dimanche.
Dans une brève allocution télévisée, Mohamed al Bachir, une personnalité peu connue dans la majeure partie de la Syrie, a déclaré qu’il dirigerait le gouvernement intérimaire jusqu’au 1er mars.
Il était jusqu’ici président du « gouvernement de salut syrien », l’exécutif proclamé à Idlib par le groupe islamiste Hayat Tahrir al Cham (HTC), qui a mené la coalition de rebelles ayant provoqué la chute du régime de Bachar al Assad.
« Aujourd’hui, nous avons tenu une réunion du cabinet qui comprenait une équipe du gouvernement du Salut qui travaillait à Idlib et ses environs, et le gouvernement du régime déchu », a-t-il déclaré.
« La réunion avait pour thème le transfert des dossiers et des institutions chargées de prendre en charge le gouvernement. »
Derrière lui figuraient deux drapeaux : le vert, noir et blanc, arboré par les opposants à Assad tout au long de la guerre civile, et un blanc avec le serment de foi islamique écrit en noir, généralement arboré en Syrie par les combattants sunnites.
Dans la capitale syrienne, les banques ont rouvert pour la première fois depuis le renversement du régime d’Assad, de même que les magasins. Des ouvriers du bâtiment ont repris la réparation d’un rond-point du centre-ville de Damas et les balayeurs étaient de retour à leur poste.
Le nombre d’hommes armés a sensiblement diminué dans les rues, et deux sources proches des rebelles ont indiqué que leur commandement avait ordonné aux combattants de se retirer des villes. La police et les forces de sécurité intérieure affiliées au groupe rebelle HTC doivent s’y déployer.
MESSAGES D’UNITÉ
« La réalité pour l’instant est que le HTC et aussi les autres groupes armés envoient aux Syriens de bons messages d’unité », a déclaré à Genève l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen.
Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a assuré que Washington soutenait totalement le processus de transition politique en Syrie, qu’il a souhaité « inclusif » et « transparent ».
Ce processus doit permettre d’éviter que la Syrie ne soit utilisée comme base pour le terrorisme et d’assurer que tous les stocks d’armes chimiques et biologiques de l’ancien régime ont été détruits, a-t-il ajouté.
Israël, qui a dit avoir envoyé des troupes dans une zone démilitarisée entre le plateau du Golan, qu’il occupe, et la Syrie, ainsi que sur « plusieurs points » en territoire syrien, a de son côté annoncé avoir détruit la plupart des stocks d’armes stratégiques syriennes en menant plusieurs centaines de frappes aériennes et navales au cours des dernières 48 heures.
Les autorités israéliennes disent vouloir imposer une zone de défense sans armes à la frontière avec la Syrie. La Turquie, l’Egypte, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont condamné cette incursion israélienne.
Le Premier ministre syrien par intérim n’a que peu d’expérience politique au-delà de la province d’Idlib, petite région largement rurale du nord-ouest où les rebelles ont maintenu une administration pendant les longues années de la guerre civile.
Le profil Facebook de Mohamed al Bachir indique qu’il a suivi une formation d’ingénieur électricien, a étudié la charia, la loi islamique, et de droit et qu’il a occupé divers postes dans des domaines tels que l’éducation.
Reconstruire la Syrie sera une tâche colossale après 13 ans d’une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts.
Les villes ont été détruites par des bombardements, des pans entiers de la campagne ont été dépeuplés et l’économie du pays affaiblie par les sanctions internationales.
Des millions de réfugiés vivent toujours dans des camps.
(Avec Suleiman al-Khalidi et Firas Makdesi à Amman, James Mackenzie et Maayan Lubell à Jérusalem, Andrew Mills à Doha, Tom Perry et Laila Bassam à Beyrouth, Enas Alashray, Jaidaa Taha et Adam Makary au Caire, Clauda Tanios, Nadine Awadallah et Tala Ramadan à Dubaï, rédigé par Peter Graff ; version française Kate Entringer, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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