L’Ukraine vante les discussions de Djeddah, Pékin dit rester neutre
KYIV (Reuters) – Un haut représentant ukrainien a déclaré lundi que les discussions organisées ce week-end en Arabie saoudite à propos de la guerre en Ukraine ont constitué un « revers majeur » pour la Russie, tandis que la Chine, soutien de Moscou, a dit rester impartiale à la suite de sa participation à la réunion.
Plus de 40 pays, dont les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et des pays européens, ont pris part à Djeddah à ces discussions considérées comme une démarche de Kyiv pour obtenir un vaste consensus international sur des principes qu’il juge indispensables à un accord de paix.
La Russie, qui n’a pas participé à la réunion de Djeddah, a dénoncé ces pourparlers comme une tentative vaine de l’Ukraine pour rallier les pays du Sud derrière sa position.
Dix-huit mois après le lancement de l’offensive russe, présentée par le Kremlin comme une « opération militaire spéciale » mais dénoncée par l’Ukraine et ses alliés comme une invasion, l’hypothèse de discussions directes entre Kyiv et Moscou paraît peu probable.
« Nous tiendrons une autre réunion sous un mois, un mois et demi », a déclaré lundi le secrétaire général de la présidence ukrainienne lors d’un point de presse à Kyiv.
« Nous avancerons alors vers la tenue d’un sommet », a ajouté Andry Yermak en référence au sommet mondial voulu d’ici la fin de l’année par le président ukrainien Volodimir Zelensky avec, comme base, les principes que Kyiv met en avant pour une issue diplomatique à la guerre.
Parmi ces dix principes figurent notamment le retrait de l’ensemble des troupes russes du pays et le rétablissement de l’intégrité territoriale ukrainienne sur ses frontières de 1991.
Tous les pays présents à Djeddah soutiennent pleinement l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, a déclaré Andry Yermak devant les journalistes, ajoutant que seules les initiatives de paix proposées par Kyiv ont été discutées dans la ville saoudienne.
Il a toutefois reconnu que des divergences demeuraient entre les participants sur certains des points de paix mis en avant par Kyiv et que les échanges se poursuivaient, sans en dire davantage.
LA CHINE, « VOIX OBJECTIVE ET RATIONNELLE »
Le secrétaire général de la présidence ukrainienne a aussi accusé la Russie d’avoir tenté de perturber les discussions de Djeddah, refusant de dire de quelle manière.
Pékin a fait savoir que le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré lundi par téléphone à son homologue russe Sergueï Lavrov que la Chine conserverait une position indépendante et impartiale sur l’Ukraine.
Dans un communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères a ajouté que Pékin, qui ambitionne de servir de médiateur pour trouver une issue politique au conflit, serait une « voix objective et rationnelle » lors de quelconques discussions multilatérales.
Il avait déclaré plus tôt, dans un communiqué distinct, que les discussions de Djeddah avaient contribué à « consolider le consensus international ».
Des analystes ont estimé que la participation de la Chine aux discussions saoudiennes pourrait indiquer une évolution dans sa position, mais pas un virage majeur dans son soutien à la Russie, alors que Pékin s’est gardé de condamner l’offensive de Moscou et a dénoncé les sanctions occidentales.
A Berlin, le gouvernement allemand a décrit la conférence de Djeddah comme une réussite, citant la volonté affichée par la communauté internationale d’oeuvrer pour mettre fin à la guerre.
Andry Yermak a estimé que le plan de paix présenté par Kyiv nécessiterait vraisemblablement la tenue de deux sommets – le premier pour convenir d’un cadre de discussions, le second pour finaliser un accord.
Entre ces deux sommets, a-t-il ajouté devant les journalistes, les différentes parties prenantes organiseront des conférences sur chacun des points du plan de paix.
(Reportage Pavel Polityuk, avec Farah Master à Pékin, Rachel Moore à Berlin, William Maclean; version française Jean Terzian, édité par Tangi Salaün)
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