GB-La BoE relève ses taux pour la première fois depuis 2023, une nouvelle hausse est probable
LONDRES, 5 novembre (Reuters) – La Banque d’Angleterre (BoE) a, comme prévu, relevé jeudi son taux directeur de 3,75% à 4%, sa première mesure de ce type depuis trois ans, et a averti qu’au moins une nouvelle hausse était probable si le conflit entre les États-Unis et l’Iran se poursuivait.
L’institution emboîte ainsi le pas à ses principaux homologues mondiaux, qui ont déjà augmenté les coûts d’emprunt face à l’inflation provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
« Le relèvement d’aujourd’hui ne doit pas être considéré comme le premier d’une longue série inévitable. Mais à moins que le conflit au Moyen-Orient ne soit résolu, il semble peu probable qu’il soit le dernier », a déclaré le gouverneur Andrew Bailey dans un communiqué publié jeudi.
La décision du MPC, le comité de politique monétaire de la BoE, a été prise par 8 voix contre 1, alors que les économistes interrogés par Reuters tablaient sur 7 contre 2.
Contrairement aux prévisions d’un sondage de Reuters, le seul vote dissident n’est pas venu d’un responsable souhaitant maintenir les taux inchangés, mais d’un autre qui plaidait en faveur d’une hausse plus importante des coûts d’emprunt.
Catherine Mann, qui avait critiqué le mois dernier la lenteur de la banque centrale, a voté en faveur d’une hausse d’un demi-point, ce qui porterait le taux directeur à 4,25%.
Dans le compte-rendu de la décision, elle cite notamment le risque d’une perte de confiance envers la banque centrale.
Jusqu’à présent, peu d’indices laissent présager une accélération des prix en dehors des secteurs directement touchés par la hausse des coûts énergétiques, mais la BoE estime que l’ampleur des pressions inflationnistes à venir justifie désormais un resserrement monétaire.
L’inflation devrait atteindre un pic d’environ 4,8% au deuxième trimestre de 2027, selon la BoE, un coup dur pour le Premier ministre britannique Andy Burnham, qui met l’accent sur l’allègement des pressions liées au coût de la vie.
Les prix à la consommation ont progressé de 3,5% le mois dernier, un niveau bien supérieur à l’objectif de 2% fixé par la banque centrale, les perturbations de l’approvisionnement énergétique en provenance du Moyen-Orient menaçant d’avoir des répercussions à plus grande échelle sur l’économie britannique.
Les cours du Brent sont passés sous la barre des 100 dollars le baril mercredi, les investisseurs évaluant le nouveau paysage politique issu des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui ont rendu aux démocrates le contrôle du Congrès et pourraient inciter la Maison blanche à redoubler d’efforts pour trouver un accord définitif mettant fin à la guerre avec Téhéran.
« Les prix de gros du pétrole Brent et du gaz naturel britannique ont baissé d’environ 15% depuis le début de la semaine (…) C’est une bonne nouvelle, mais des pressions inflationnistes importantes se profilent », a noté le gouverneur de la BoE lors de la conférence de presse qui a suivi la décision.
La BoE a en outre revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, les portant respectivement à 1,6% et 1,3%, une mise à jour qui fait suite à la publication de données économiques solides et que la banque centrale a attribué en partie aux dépenses consacrées à l’intelligence artificielle (IA) ainsi qu’à un léger effet de relance temporaire lié au budget annuel présenté la semaine dernière par le ministre des Finances, John Healey.
Il s’agit de la première hausse des taux d’intérêt au Royaume-Uni depuis août 2023, alors que l’inflation dépassait 6%. Les coûts d’emprunt restaient inchangés depuis la dernière baisse intervenue en décembre dernier.
Sur les marchés, le rendement du Gilt à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, progresse de près de 2,5 points de base pour s’établir à 4,7649%.
« Le vote dissident de Catherine Mann en faveur d’une hausse de 50 points de base a retenu l’attention, tout comme la déclaration du gouverneur Andrew Bailey selon laquelle les taux devraient encore augmenter à moins que le conflit avec l’Iran ne soit résolu », a déclaré Felix Feather, économiste chez Aberdeen.
Il dit prévoir au moins une nouvelle hausse, qui devrait intervenir en février prochain.
(Reportage David Milliken, Andy Bruce et Suban Abdulla ; version française Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
Pourquoi soutenir Journal Chrétien ?
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Nos deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

