Les Etats-Unis sanctionnent des entités basées en Turquie accusées d’aider la Russie
par Jonathan Spicer
ISTANBUL (Reuters) – Les Etats-Unis ont annoncé mercredi l’imposition de sanctions contre au moins quatre entités basées en Turquie qu’ils accusent d’avoir violé des restrictions sur les exportations et aidé la Russie dans son offensive en Ukraine, la plus importante mesure de Washington contre la Turquie depuis le début du conflit.
Ces sanctions, qui visent notamment un fabriquant de produits électroniques et un revendeur de produits technologiques accusés d’avoir facilité les transferts en Russie de produits à double usage civil et militaire, ont été annoncées dans le cadre d’une « liste noire » du département américain du Trésor concernant plus de 120 entités.
Si Washington et ses alliés occidentaux ont imposé de larges sanctions contre la Russie depuis ce qu’ils dénoncent comme une invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022, les chaînes d’approvisionnement depuis la Turquie et d’autres pôles commerciaux, comme Hong Kong et les Emirats arabes unis, sont restées ouvertes.
Un représentant de l’administration américaine, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a dit que les sanctions ciblaient des entités et individus des secteurs maritime et commercial de la Turquie étant « principalement » détenues ou liés à la Russie.
« C’est voulu comme un avertissement dans cette phase évolutive de la mise en application des contrôles sur les exportations », a-t-il déclaré à Reuters.
Aucun commentaire n’a été obtenu auprès du ministère turc des Affaires étrangères.
La Turquie, où se dérouleront le mois prochain d’importantes élections, a cherché depuis le début de la guerre à maintenir des bonnes relations à la fois avec la Russie et avec l’Ukraine.
Membre de l’Otan, elle est opposée sur le principe aux sanctions occidentales contre Moscou mais a assuré que ces mesures seraient appliquées et qu’aucun produit exporté en Russie pouvait être utilisé par son armée.
(Reportage Jonathan Spicer; version française Jean Terzian, édité par Blandine Hénault)
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