Les Etats-Unis et l’Iran ont conclu un premier cycle de pourparlers en Suisse – médiateurs
par Humeyra Pamuk, Dave Graham et Tala Ramadan
LE BÜRGENSTOCK, Suisse /DUBAÏ, 22 juin (Reuters) – Une première série de pourparlers entre Américains et Iraniens s’est achevée lundi en Suisse après un début tendu marqué par l’annonce par Téhéran de la refermeture du détroit d’Ormuz et la menace par les Etats-Unis d’une reprise des frappes contre l’Iran.
Un communiqué conjoint publié par le Qatar et le Pakistan, pays assurant la médiation entre les deux belligérants, indique que les Etats-Unis et l’Iran sont convenus d’une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours après le protocole d’accord signé la semaine dernière.
Ces discussions techniques entamées dimanche au Bürgenstock, un hôtel au sud-est de Lucerne, se poursuivront jusqu’à la fin de la semaine, selon le communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères qatari.
L’agence de presse iranienne Isna a rapporté lundi que de nouvelles discussions étaient prévues dans la journée, ainsi que la formation de groupes de travail techniques. Isna ajoute que la délégation iranienne est dirigée par le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi et comprend des experts politiques, économiques et juridiques.
La partie américaine est représentée par le vice-président J.D. Vance.
Lors du premier cycle des négociations, Washington et Téhéran se sont mis d’accord sur un mécanisme visant à mettre fin aux combats au Liban et ont ouvert une ligne de communication afin de garantir la sécurité du passage des navires commerciaux dans le détroit contesté d’Ormuz, précise le communiqué des médiateurs.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré que son pays avait obtenu des dérogations pour ses exportations de pétrole et de produits pétrochimiques, le déblocage de certains avoirs gelés et l’assurance d’un plan de reconstruction et de développement pour l’Iran.
Juste avant le début officiel des pourparlers dimanche, la chaîne Fox News avait rapporté que Donald Trump avait précisé avoir dit aux responsables iraniens : « Vous n’aurez plus de pays » s’ils tentaient de fermer à nouveau le détroit d’Ormuz.
TENSIONS ET MENACES
Accusant les Etats-Unis et Israël, qui a une nouvelle fois bombardé le Liban au cours du week-end, de ne pas respecter le protocole d’accord, l’Iran avait annoncé samedi qu’il refermait le détroit.
Donald Trump avait en outre réitéré sa menace selon laquelle les Etats-Unis prendraient le contrôle de cette voie navigable stratégique et pourraient percevoir leur propre péage, selon Fox News.
Donald Trump a expliqué avoir accepté le mémorandum afin d’éviter une dépression économique mondiale sur fond de flambée des prix du pétrole. Les cours du brut qui étaient revenus la semaine dernière à des niveaux proches du début de la guerre, déclenchée le 28 février, ont encore reculé lundi.
Des sources américaines et iraniennes ont donné des versions divergentes des discussions qui se sont tenues en Suisse.
L’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim, citant une source, a indiqué qu’après les menaces de Donald Trump, la délégation iranienne avait refusé de regagner la salle où se tenaient les pourparlers. Les échanges de messages entre les deux camps, via des médiateurs pakistanais et qatariens, avaient cependant continué, selon Tasnim.
Les Iraniens ont fait savoir que l’ouverture des négociations sur le volet nucléaire nécessitait la mise en œuvre d’autres éléments du protocole d’accord, notamment le déblocage des avoirs gelés et l’octroi par les Etats-Unis de dérogations autorisant les exportations de pétrole iranien, selon Tasnim.
« Nous avons abordé, entre autres sujets, le détroit, le Liban, les questions nucléaires et les détails de la mise en œuvre du protocole d’accord », a précisé un diplomate américain participant aux négociations.
Le mémorandum prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, ainsi que la fin de toutes les hostilités, y compris au Liban, où Israël a continué de mener des frappes meurtrières au cours du week-end tandis que le Hezbollah pro-iranien a tiré sur des cibles israéliennes.
Le président israélien Isaac Herzog a déclaré lundi qu’Israël n’était pas opposé à une fin négociée de la guerre contre l’Iran, mais que tout accord devait garantir que Téhéran ne puisse pas utiliser les fonds reçus dans le cadre de cet accord à des fins militaires ou pour soutenir des groupes armés régionaux.
(Bureaux de Reuters; rédigé par Ann Saphir, version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten et Sophie Louet)
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