L’emploi féminin a chuté de 25% en Afghanistan depuis la prise du pouvoir par les taliban, selon OIT
KABUL (Reuters) – L’emploi des femmes afghanes a chuté d’un quart après la prise du pouvoir par les taliban en 2021, selon les estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui précise que cette baisse a été exacerbée par les entraves imposées aux femmes en matière de travail et d’études.
Selon l’organisation basée à Genève, la chute de 25% de l’emploi féminin a eu lieu au dernier trimestre de 2022 par rapport au deuxième trimestre de 2021, contre une baisse de 7% pour les hommes.
Les taliban ont pris le contrôle du pays en août 2021 dans le sillage du retrait des derniers soldats américains après vingt ans d’intervention militaire en Afghanistan.
« Les restrictions imposées aux filles et aux femmes ont de graves répercussions sur leur éducation et leurs perspectives sur le marché du travail », a déclaré dans un communiqué Ramin Behzad, coordinateur principal de l’ OIT pour l’ Afghanistan.
Les taliban ont interdit à la plupart des filles d’aller à l’école secondaire et à l’université et à la plupart des femmes travaillant pour des ONG d’exercer leur profession.
La crise qui a englouti l’économie afghane a également entraîné des pertes d’emplois, et les gouvernements étrangers ont retiré leur aide au développement et gelé les avoirs de la banque centrale du pays après la prise du pouvoir des taliban.
L’OIT estime que le PIB du pays s’est contracté de 30% à 35% en 2021 et 2022.
« Certaines femmes se sont orientées vers des activités indépendantes, comme l’agriculture […] ou la réparation de vêtements, contribuant ainsi au revenu des ménages et empêchant l’emploi féminin de diminuer encore davantage », indique l’OIT.
Les responsables taliban appellent pour leur part la communauté internationale à débloquer leurs avoirs afin d’atténuer la crise de liquidités et affirment qu’ils s’efforcent d’encourager le commerce et les investissements afin de créer une autosuffisance économique.
(Reportage Charlotte Greenfield à Kaboul ; rédigé par Raju Gopalakrishnan ; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)
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