Le président vénézuélien Maduro détenu à New York, ses partisans déterminés à Caracas
par Susan Heavey et Jana Winter
NEW YORK, 4 janvier (Reuters) – Le président déchu du Venezuela, Nicolas Maduro, se trouvait dimanche dans un centre de détention de New York dans l’attente d’être inculpé pour trafic de drogue, au lendemain de l’audacieux raid lancé par les Etats-Unis à Caracas pour le capturer.
La diffusion de l’image de Nicolas Maduro en route vers les États-Unis menotté et les yeux bandés a stupéfié les Vénézuéliens, inquiets pour leur avenir après cette opération ordonnée par Washington, la plus spectaculaire en Amérique latine depuis l’invasion du Panama il y a 37 ans.
Nicolas Maduro, 63 ans, a souhaité une « bonne année » à ses ravisseurs à son arrivée et doit comparaître lundi devant un tribunal de Manhattan.
Dans son pays, ses alliés toujours au pouvoir ont dénoncé l' »enlèvement » de leur dirigeant et pointé une tentative impérialiste de mettre la main sur le pétrole, dont le Venezuela possède les réserves les plus importantes du monde.
La décision de Donald Trump a surpris nombre de dirigeants mondiaux qui ont parfois mis en avant le douloureux souvenir des interventions en Irak et en Afghanistan, même si peu d’entre eux soutiennent le régime autocratique Nicolas Maduro, notamment accusé de fraude électorale.
Donald Trump a déclaré que les États-Unis géreraient pour l’instant ce pays d’Amérique du Sud d’environ 30 millions d’habitants et ses réserves de pétrole, sans donner de détails.
« Nous dirigerons le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse », a-t-il déclaré samedi lors d’une conférence de presse dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.
EDMUNDO GONZALEZ CITÉ POUR ACCÉDER À LA PRÉSIDENCE
Au grand dam de l’opposition et de la diaspora vénézuéliennes, Donald Trump a balayé d’un revers de main l’idée de confier la relève à la cheffe de file de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, 58 ans, estimant qu’elle manquait de soutien.
Celle qui s’est vu interdire de se présenter à l’élection de 2024 a déclaré que son allié Edmundo Gonzalez, 76 ans, vainqueur haut la main de ce scrutin selon l’opposition et des observateurs internationaux, devrait accéder à la présidence.
Autrefois l’une des nations les plus prospères d’Amérique latine, le Venezuela s’est effondré économiquement sous l’ère Maduro, poussant environ un habitant sur cinq à fuir à l’étranger.
Nombre d’habitants ont accueilli avec joie le départ du président, dont les forces de sécurité ont réprimé à maintes reprises les manifestations d’opposants. Ex-dirigeant syndical et ministre des Affaires étrangères, il avait été désigné par Hugo Chávez, alors mourant, comme successeur à la présidence en 2013.
« Nous sommes tous heureux que la dictature soit tombée », a déclaré à Reuters Khaty Yanez, qui vit au Chili.
Donald Trump accuse Nicolas Maduro d’orchestrer le trafic de drogue vers les États-Unis et juge son pouvoir illégitime en raison de fraudes électorales, des allégations repoussées par l’intéressé.
« Il n’y a qu’un seul président au Venezuela, et il s’appelle Nicolas Maduro », a déclaré Delcy Rodriguez, qui assure la présidence par intérim du Venezuela. « Nous ne serons plus jamais une colonie d’aucun empire. »
« Si elle ne fait pas ce qui est juste, elle va payer un prix très élevé, probablement plus élevé que celui de Maduro », a mis en garde à son sujet Donald Trump lors d’un entretien téléphonique dimanche avec le magazine The Atlantic.
Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, proche de l’armée, a exhorté les Vénézuéliens à rester fermes et mis en exergue l’intérêt affiché de Donald Trump pour le pétrole.
« Nous sommes indignés car, au final, tout a été révélé : ils ne veulent que notre pétrole », a-t-il déclaré dans un enregistrement audio diffusé par le Parti socialiste au pouvoir.
DES MEMBRES DU SERVICE DE SÉCURITÉ DE MADURO TUÉS
Tôt samedi matin, les forces spéciales américaines ont fait irruption par hélicoptère pour arrêter Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, après des frappes contre des installations militaires à Caracas et dans plusieurs autres régions.
Selon le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino, une grande partie des membres de l’équipe de sécurité de Nicolas Maduro a été tuée lors du raid américain.
Nombre de dirigeants occidentaux ont appelé les États-Unis à respecter le droit international et à résoudre la crise par la voie diplomatique.
La légalité de l’arrestation d’un chef d’État étranger est également remise en question par les démocrates américains, qui exigent des informations sur la suite des opérations.
Donald Trump a déclaré que les principales compagnies pétrolières américaines allaient revenir au Venezuela et remettre en état les infrastructures pétrolières dégradées, un processus qui, selon les experts, pourrait prendre des années.
« Nous n’avons pas peur d’envoyer des hommes sur le terrain », a-t-il dit.
Un avion transportant Nicolas Maduro a atterri près de New York samedi soir, et le président déchu a été héliporté avant d’être conduit au centre de détention métropolitain de Brooklyn.
Inculpé en 2020 pour complot de narcoterrorisme, notamment, Nicolas Maduro devrait comparaître pour la première fois lundi devant le tribunal fédéral de Manhattan.
Le Conseil de sécurité de l’Onu prévoyait de se réunir lundi pour discuter de ce que le secrétaire général António Guterres a qualifié de dangereux précédent. La Russie et la Chine, deux soutiens majeurs du Venezuela, ont critiqué les États-Unis.
Lors de son entretien avec The Atlantic, Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis pourraient intervenir ailleurs. « Nous avons absolument besoin du Groenland », a-t-il dit à propos de l’île qui fait partie du Danemark, pays membre de l’Otan.
Malgré une atmosphère tendue, la circulation a été rétablie par endroits au Venezuela, les boulangeries et les cafés étaient ouverts, et l’on croisait des joggeurs et des cyclistes comme un dimanche matin ordinaire.
Les précédentes interventions américaines en Irak et en Afghanistan se sont soldées par un retrait américain après des années d’occupation coûteuse et des milliers de victimes américaines.
Une occupation américaine « ne nous coûtera pas un centime » car les États-Unis seront remboursés grâce à « l’argent extrait du sol », a dit Donald Trump en référence au pétrole vénézuélien.
Les choix du président alimentent les critiques des démocrates et risquent également de mécontenter certains de ses partisans ayant soutenu son programme « L’Amérique d’abord » et opposés à toute intervention étrangère.
(Reportage des bureaux de Reuters dans le monde entier ; version française Elizabeth Pineau)
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