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L’administration Trump compte discuter du Venezuela avec les compagnies pétrolières, dit une source

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par Jarrett Renshaw et Sheila Dang

WASHINGTON/HOUSTON, 5 janvier (Reuters) – L’administration de Donald Trump prévoit de rencontrer dans le courant de la semaine des dirigeants de compagnies pétrolières américaines pour évoquer le développement de la production de pétrole au Venezuela après la capture du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, a dit une source informée de ce projet.

Les trois plus grandes compagnies pétrolières américaines, ​Exxon Mobil, ConocoPhillips et Chevron, n’ont pas encore eu la moindre conversation avec l’administration ‍Trump au sujet de la ⁠capture du dirigeant vénézuélien, a-t-on appris de quatre dirigeants du secteur, dont les propos contredisent ainsi ceux du président ⁠américain. Donald Trump a dit au cours du week-end avoir des échanges avec « toutes » les entreprises pétrolières américaines, aussi bien avant qu’après la capture de Nicolas Maduro dans la nuit de vendredi à samedi à Caracas.

« Personne dans ces trois entreprises ​n’a eu de conversation avec la Maison blanche au sujet de l’exploitation au Venezuela, que ce soit avant ou après le renversement (de Nicolas Maduro), à ce stade », a dit l’une des sources.

On ignore quels dirigeants de quelles compagnies sont susceptibles de participer à ces rencontres avec l’administration Trump et si celles-ci seront individuelles ou collectives.

La Maison blanche ne s’est pas exprimée sur ces éventuels entretiens mais a dit sa ‌conviction que le secteur pétrolier américain était prêt à investir au Venezuela pour y reconstruire les infrastructures nécessaires à l’exploitation des ​gisements.

Exxon, Chevron et ConocoPhillips n’ont pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaire.

DES ANNÉES DE TRAVAIL ET DES MILLIARDS D’INVESTISSEMENTS

Un dirigeant du secteur a dit à Reuters que les entreprises seraient réticentes à discuter collectivement avec la Maison blanche de leurs éventuelles opérations au Venezuela en raison des règles en matière de concurrence qui encadrent les échanges collectifs sur les projets d’investissement, le calendrier et ‌les ‌niveaux de production.

Avec la capture de Nicolas Maduro, transféré aux Etats-Unis pour y être jugé pour narcoterrorisme, ​accusation que le dirigeant vénézuélien rejette, l’administration Trump espère favoriser le retour des « majors » américaines du pétrole dans ce pays d’Amérique latine, qui dispose des plus importantes réserves connues au monde.

Après la décision de l’ancien président Hugo Chavez il y ​a près de 20 ans de nationaliser l’activité pétrolière vénézuélienne, Exxon et ConocoPhillips ont quitté le pays et ont engagé de longues procédures en justice contre l’Etat vénézuélien.

Parmi les grandes compagnies américaines, seul Chevron ⁠est encore présent au Venezuela, dont la production ne représente plus qu’environ un tiers du pic atteint au cours des deux ​dernières décennies en raison d’un manque d’investissement et de sanctions internationales. Chevron exporte environ 150.000 barils par jour de brut du Venezuela vers les terminaux de la côte des Etats-Unis sur le golfe du Mexique.

Pour les analystes du secteur, relancer la production vénézuélienne nécessitera des années de travail et des milliards de dollars d’investissements, sans compter les grandes incertitudes quant à l’avenir institutionnel du pays, au cadre juridique de l’activité et à la stabilité ⁠à long terme de la politique des Etats-Unis à l’égard du Venezuela.

« Je ne pense pas que vous allez voir la moindre entreprise autre que Chevron, qui est déjà sur place, s’engager à développer ces ressources », ‌a dit un dirigeant du secteur pétrolier américain.

(Jarrett Renshaw et Sheila Dang, ⁠rédigé par Richard Valdmanis, version française Bertrand Boucey)

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