Japon-Le FMI recommande une hausse des taux et un abandon de la baisse de la TVA
par Leika Kihara
TOKYO, 18 février (Reuters) – Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté le Japon à poursuivre le relèvement des coûts d’emprunt et à renoncer aux allègements d’impôts, estimant qu’une baisse de la taxe sur la consommation fragiliserait la capacité du pays à faire face à d’éventuels chocs économiques.
Cette recommandation intervient alors que la victoire écrasante de la Première ministre Sanae Takaichi aux élections législatives du 8 février suscite une attention accrue des marchés quant à sa capacité à s’opposer à de nouvelles hausses de taux directeurs de la Banque du Japon (BoJ). Sanae Takaichi est perçue comme partisane d’une politique monétaire accommodante (« dovish »).
La Première ministre s’est engagée avant le scrutin à suspendre pendant deux ans la taxe sur la consommation (équivalent de la TVA en France) de 8% jusqu’ici appliquée sur les produits alimentaires.
Le FMI note que « la poursuite de l’indépendance et de la crédibilité » de la BoJ contribueront à maintenir les anticipations d’inflation bien ancrées, tout en mettant en garde le gouvernement contre une ingérence excessive dans la politique monétaire.
« La Banque du Japon retire à juste titre son soutien monétaire, et les hausses progressives (des coûts d’emprunt) devraient continuer à ramener le taux directeur vers un niveau neutre », écrit le FMI dans sa recommandation préliminaire de politique monétaire sur le Japon, publiée mercredi.
« A mesure que les projections de référence se concrétisent, le retrait des mesures d’assouplissement de la politique monétaire devrait se poursuivre afin que le taux directeur atteigne un niveau neutre en 2027 », peut-on également lire dans le rapport de l’organisation internationale.
LE TAUX DIRECTEUR À UN PIC DE 30 ANS
La BoJ a mis fin à son programme de relance massif en 2024 avant d’entamer un relèvement progressif de ses coûts d’emprunt, dont le dernier en décembre 2025, ce qui a porté le principal taux directeur de la banque à 0,75% au total, soit un pic de 30 ans.
L’inflation dépassant désormais depuis près de quatre ans l’objectif à moyen terme de 2% fixé par la banque centrale, elle a indiqué être prête à poursuivre ses hausses de taux directeurs.
La hausse des coûts d’emprunt pourrait compliquer les projets de baisse d’impôts et de hausses des dépenses de Sanae Takaichi, qui ont déclenché une vague de ventes d’obligations et de dégagements sur le yen à la fin de l’année dernière en raison d’inquiétudes quant à une détérioration des finances publiques du pays.
Le FMI a déclaré que le Japon devrait s’abstenir de baisser la taxe sur la consommation car cela « réduirait sa marge de manœuvre budgétaire et aggraverait les risques budgétaires ».
Selon le rapport du FMI, limiter la réduction d’impôts aux biens essentiels et veiller à ce qu’elle soit temporaire contribuerait à contenir les coûts budgétaires, mais une rigueur budgétaire est nécessaire pour le Japon afin de maintenir la stabilité des marchés obligataires.
« La politique budgétaire à court terme devrait s’abstenir de tout nouvel assouplissement », insiste le FMI, appelant à un cadre budgétaire crédible à moyen terme doté d’un « point d’ancrage budgétaire clairement défini ».
« Un niveau d’endettement élevé et persistant, conjugué à une détérioration de l’équilibre budgétaire, expose l’économie japonaise à toute une série de chocs », poursuit l’organisation internationale, qui note que la charge de la dette devrait doubler entre 2025 et 2031 avec la hausse des taux d’intérêt.
Un quart des dépenses totales du Japon est financé par la dette, dont environ la moitié est détenue par la Banque du Japon, qui a fait tourner la planche à billets pendant des années pour relancer l’économie.
Au moment où la BoJ réduit ses achats d’obligations et la taille de son bilan, le Japon doit surveiller de près la liquidité du marché et l’évolution de la demande des investisseurs, prévient le FMI.
Si une volatilité accrue compromet la liquidité, la Banque du Japon doit être prête à procéder à des « interventions ciblées exceptionnelles », comme des opérations d’achat d’obligations d’urgence, indique l’organisation internationale.
Concernant les fluctuations du yen, le FMI s’est félicité de l' »engagement continu des autorités en faveur d’un régime de change flexible », ajoutant que la flexibilité du taux de change devrait « contribuer à absorber les chocs externes et à soutenir l’objectif de la politique monétaire en matière de stabilité des prix ».
(Leika Kihara; version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
Le Journal Chrétien est 100% gratuit. Faites un don régulier et aidez-nous à poursuivre notre mission.
👉Suivez toute l'actualité du Journal Chrétien sur Google Actualités.
❤️Soutenez-nous sur https://www.jefaisundon.com (CB - PayPal - SEPA).
⚠️ La chaîne Chrétiens TV éditée par le Journal Chrétien est diffusée sur le canal 246 de la Freebox.
✝️Découvrez Bible.audio, plateforme d'étude biblique avec une vingtaine de traductions de la Bible, des commentaires, dictionnaires et lexiques bibliques, etc.
Votre soutien financier nous aidera à :
👍 couvrir les frais de fonctionnement du Journal Chrétien ;
👍 produire des émissions de qualité sur Chrétiens TV pour sensibiliser et encourager ;
👍 améliorer l'application de ressources bibliques Bible.audio ;
👍 transmettre l’héritage spirituel aux générations futures ;
👍 faire rayonner la foi chrétienne dans un esprit d’unité et d’amour.
👍 produire des émissions de qualité sur Chrétiens TV pour sensibiliser et encourager ;
👍 améliorer l'application de ressources bibliques Bible.audio ;
👍 transmettre l’héritage spirituel aux générations futures ;
👍 faire rayonner la foi chrétienne dans un esprit d’unité et d’amour.
