Groenland-L’Italie exhorte l’Otan à coordonner ses actions, des élus US en visite à Copenhague
par Stine Jacobsen
COPENHAGUE, 16 janvier (Reuters) – La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a exhorté vendredi l’Otan à développer « une présence coordonnée » dans la région arctique afin de prévenir les tensions et de répondre aux « ingérences d’autres acteurs » dans la région, alors que le président américain Donald Trump menace de s’emparer du Groenland et qu’une délégation bipartisane américaine est en visite à Copenhague pour apporter son soutien au Danemark.
Dans une lettre lue lors de la présentation d’un document du gouvernement italien sur l’Arctique, Giorgia Meloni a déclaré que la région prenait de plus en plus d’importance en raison du développement de nouvelles routes maritimes et de ses énormes « ressources énergétiques et minérales ».
Donald Trump affirme que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis en raison de son emplacement stratégique et de ses importantes réserves de minerais et n’a pas exclu le recours à la force pour prendre le contrôle de ce territoire autonome du Royaume du Danemark.
Le président américain a invoqué l’aspect sécuritaire du contrôle américain du territoire, afin d’empêcher la Russie ou la Chine d’occuper l’île.
Des soldats européens sont arrivés ces derniers jours au Groenland dans le cadre d’exercices décidés par le Danemark et ses alliés visant à rassurer Donald Trump sur la sécurité des Etats-Unis.
L’Italie, qui a le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique, organe supervisant la région depuis 2013, a mis à jour sa politique dans le contexte des récentes tensions entre les États-Unis et le Danemark au sujet du Groenland, qui ont attiré l’attention sur toute la région.
Le document italien a souligné le regain d’intérêt de la Russie pour l’Arctique, qui s’est traduit notamment par un renforcement de sa présence militaire dans la région.
« Cette posture plus affirmée […] combinée à la violation manifeste du principe d’inviolabilité des frontières dont a fait preuve la Russie en Ukraine, a d’abord conduit l’Otan, puis l’Union européenne, à réagir », indique le document.
Le document souligne également la tentative de la Chine de renforcer sa présence dans l’Arctique en se déclarant « État quasi arctique » et en manifestant un intérêt croissant pour le transport maritime et en y resserrant ses liens avec Moscou, y compris dans le domaine militaire.
Rome a par ailleurs dit cette semaine ne pas comprendre l’initiative européenne d’envoyer des militaires au Groenland.
« Je pense au contraire qu’il est dans notre intérêt de maintenir l’unité du monde occidental, du monde libre, et de toujours réfléchir et agir dans le cadre de l’Otan et des Nations unies », a déclaré le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto.
DÉLÉGATION AMÉRICAINE À COPENHAGUE
Ces déclarations italiennes interviennent alors qu’une délégation bipartisane de membres du Congrès américain est en visite à Copenhague vendredi pour rencontrer des dirigeants du Danemark et du Groenland afin de les assurer de leur soutien face aux menaces de Donald Trump de s’emparer de l’île de l’Arctique.
La délégation américaine, composée de 11 membres et dirigée par le sénateur démocrate Chris Coons, doit rencontrer la Première ministre danoise Mette Frederiksen et son homologue groenlandais Jens-Frederik Nielsen, selon Copenhague.
« En cette période d’instabilité internationale croissante, nous devons nous rapprocher de nos alliés, et non les repousser », a déclaré Chris Coons dans un communiqué publié en début de semaine, ajoutant que la délégation enverrait « un message clair sur la détermination du Congrès à soutenir l’Otan ».
Bien qu’elle soit largement composée d’élus démocrates, la délégation comprend également les sénateurs républicains Thom Tillis et Lisa Murkowski.
La visite des membres du Congrès américain à Copenhague fait suite à une réunion de haut niveau qui s’est tenue à la Maison blanche mercredi, au cours de laquelle le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt ont rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le vice-président JD Vance.
Les représentants danois ont déclaré à l’issue de cette réunion qu’ils n’étaient pas parvenus à infléchir la position de l’administration américaine.
FAIBLE ADHÉSION AU PROJET DE TRUMP, SELON UN SONDAGE
Lars Lokke Rasmussen et Vivian Motzfeldt ont également rencontré des législateurs américains à Washington cette semaine afin d’obtenir le soutien du Congrès, alors que le Danemark et le Groenland tentent de résoudre cette crise diplomatique sans précédent avec un allié de l’Otan.
« Nous sommes prêts à coopérer en matière de sécurité dans l’Arctique, mais cela doit se faire dans le respect de notre intégrité territoriale, du droit international et de la Charte des Nations unies », a déclaré Lars Lokke Rasmussen dans un message publié sur Instagram jeudi en fin de journée.
Donald Trump a évoqué l’idée d’acquérir le Groenland dès 2019, lors de son premier mandat, mais des voix s’élèvent contre ce scénario à Washington, y compris au sein de son propre parti.
Des membres du Congrès du parti républicain et des démocrates ont déclaré qu’ils soutiendraient une loi visant à limiter la capacité de Donald Trump à s’emparer du Groenland.
Une proposition de loi de la Chambre des représentants en faveur de l’annexion du Groenland a également été déposée.
Selon un sondage Reuters/Ipso, seuls 17% des Américains approuvent le projet de Donald Trump d’acquérir le Groenland et une large majorité de démocrates et de républicains rejettent le recours à la force militaire pour annexer l’île.
La Russie a déclaré jeudi que les pays occidentaux n’avaient présenté aucun fait à l’appui de l’argument selon lequel Moscou ou Pékin menaçaient le Groenland. Lundi, la Chine a exhorté les États-Unis à ne pas utiliser d’autres pays comme prétexte pour poursuivre leurs propres intérêts.
(Reportage Stine Jacobsen à Copenhague, avec Simon Lewis à Washington, Angelo Amante, version française Benjamin Mallet et Etienne Breban, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)
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