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La Turquie menace de reprendre son offensive en Syrie

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ANKARA/MOSCOU (Reuters) – Des centaines de combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) restent présents près de la frontière dans le nord-est de la Syrie malgré l’accord conclu avec les Etats-Unis prévoyant leur retrait et la Turquie pourrait reprendre son offensive militaire à l’expiration, ce mardi à 19h00 GMT, d’une pause de cinq jours dans les combats, a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc se rend mardi en Russie, alliée du président syrien Bachar al Assad, pour des discussions avec Vladimir Poutine au sujet de la situation dans le nord de la Syrie.

La Turquie considère les Unités de protection du peuple (YPG) comme une organisation terroriste liés aux séparatistes kurdes dans le sud-est de son territoire. Elle souhaite établir une « zone de sécurité » en Syrie, le long de sa frontière, dont seraient exclues les YPG.

Après avoir lancé le 9 octobre une offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, Ankara a accepté jeudi dernier à la demande des Etats-Unis une pause dans les combats pour permettre le retrait des combattants des YPG.

« Le retrait se poursuit », a dit Recep Tayyip Erdogan à la presse à l’aéroport d’Ankara avant de s’envoler pour la Russie.

« D’après les informations que m’a transmises mon ministre de la Défense, nous parlons d’environ 700-800 (combattants kurdes) déjà retirés et le reste, environ 1.200-1.300, continuent de se retirer. Il a été dit qu’ils se retireraient », a-t-il ajouté.

« Tous devront partir, le processus ne prendra pas fin tant qu’ils ne seront pas partis. »

Le président américain Donald Trump, critiqué pour avoir ouvert la voie aux Turcs en annonçant le retrait des Etats-Unis du nord de la Syrie, a évoqué lundi une éventuelle prolongation de la pause observée depuis jeudi mais Recep Tayyip Erdogan a prévenu que l’offensive turque pourrait reprendre.

« Si les promesses que nous a faites l’Amérique ne sont pas tenues, nous continuerons notre opération là où nous l’avons laissée, cette fois avec une bien plus grande détermination », a dit le président turc.

LA RUSSIE ATTEND DES PRÉCISIONS DE LA PART D’ERDOGAN

La Turquie dit vouloir une « zone de sécurité » le long des 440 km de frontière avec la Syrie mais son offensive s’est pour l’instant concentrée sur deux localités dans le centre de cette bande de territoire, Ras al Aïn et Tal Abyad, distantes de 120 km.

D’après une source proche des services de sécurité turcs, le retrait kurde a concerné dans un premier temps cette bande de 120 km et Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine discuteront mardi à Sotchi d’un élargissement de ce retrait à l’ensemble de la zone frontalière.

Les forces syriennes soutenues par leurs alliés russes sont déjà entrées dans deux villes frontalières, Manbij et Kobané, qui se trouvent dans la « zone de sécurité » prévues par la Turquie mais à l’ouest des opérations actuelles.

Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’il pourrait accepter la présence de forces syriennes dans ces secteurs tant qu’il n’y a plus de Kurdes des YPG.

« Mon espoir est que, si Dieu le veut, nous parvenions à l’accord que nous désirons », a dit le président turc avant de s’envoler pour Sotchi.

La Russie espère que Recep Tayyip Erdogan pourra fournir davantage d’informations à Vladimir Poutine concernant ses projets pour le nord de la Syrie, a déclaré le Kremlin, qui dit également étudier ce qu’il présente comme une nouvelle proposition allemande de création d’une zone de sécurité dans le nord de la Syrie contrôlée par une alliance internationale à laquelle participeraient la Russie et la Turquie.

La Turquie, qui a soutenu des rebelles syriens dans le conflit civil en cours depuis 2011, a noué des contacts secrets avec le pouvoir de Bachar al Assad, en partie via la Russie, pour éviter des affrontements directs dans le nord-est de la Syrie, ont dit des responsables turcs.

À l’occasion d’une rare visite dans la province d’Idlib, près du dernier grand bastion rebelle dans le nord-ouest de la Syrie, Bachar al Assad a qualifié Recep Tayyip Erdogan de « voleur ». « Maintenant il vole notre terre », a-t-il dit, cité par les médias syriens.

(Avec Ali Kucukgocmen et Ezgi Erkoyun à Istanbul, Ahmed Rashid à Bagdad et Andrei Kuzmin à Moscou; Bertrand Boucey pour le service français)

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