La Russie suspend sa participation à l’accord sur les céréales en mer Noire
La Russie a annoncé lundi qu’elle suspendait sa participation à l’accord sur les exportations de céréales en mer Noire, qui devait expirer en fin de soirée, provoquant critiques et inquiétudes, tandis que l’Ukraine a exprimé sa volonté que les exportations se poursuivent avec ou sans la participation russe.
Conclu en juillet 2022 par la Russie et l’Ukraine après médiation de l’Onu et de la Turquie, l’accord est destiné à éviter une crise alimentaire mondiale en permettant les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, en toute sécurité, malgré le conflit en Ukraine.
Moscou a répété ces dernières semaines que les conditions pour que l’accord soit une nouvelle fois prolongé n’étaient pas remplies, réclamant des garanties sur les exportations russes de céréales et d’engrais, qu’il estime entravées, même si elles ne sont pas directement visées par les sanctions occidentales prises en réaction à l’invasion de l’Ukraine.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky a indiqué via la messagerie Telegram s’être entretenu avec le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, pour trouver une solution pour que les exportations se poursuivent.
S’exprimant séparément dans une vidéo quotidienne, il a déclaré que l’initiative en mer Noire devait être préservée. « Si cela doit être sans la Russie, ce sera sans la Russie », a-t-il dit.
« L’Ukraine, l’Onu et la Turquie peuvent s’assurer ensemble que soit opéré un couloir alimentaire et que les navires soient inspectés. Cela est nécessaire pour le monde entier », a ajouté le dirigeant.
Plus tôt, le porte-parole du Kremlin a déclaré que « les accords sur la mer Noire ont cessé d’être valides aujourd’hui ».
« Malheureusement, la partie de ces accords sur la mer Noire relative à la Russie n’a pas été appliquée jusqu’à présent, donc ses effets sont terminés », a ajouté Dmitry Peskov devant des journalistes.
« Dès lors que la partie russe de l’accord sera remplie, la Russie reviendra à une application de cet accord, immédiatement », a-t-il poursuivi, assurant que la décision de Moscou n’était pas liée à l’attaque contre le pont de Crimée au-dessus du détroit de Kertch – un acte « terroriste » perpétré par l’Ukraine, selon la Russie.
L’armée ukrainienne a pour sa part évoqué l’hypothèse d’une provocation de la part de la Russie mais des médias ukrainiens citant des sources anonymes ont rapporté que cette attaque était l’oeuvre des services de sécurité ukrainiens.
HAUSSE DES PRIX
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’il croyait toujours que son homologue russe Vladimir Poutine souhaitait que l’accord se poursuive. Il a indiqué à des journalistes que les ministres russe et turc des Affaires étrangères russe et turc devaient s’entretenir dans la journée.
La suspension par la Russie de l’accord sur les céréales de la mer Noire pourrait entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires dans le monde entier, en particulier dans les pays les plus pauvres. L’Ukraine et la Russie comptent toutes deux parmi les plus grands exportateurs mondiaux de céréales et d’autres denrées alimentaires.
Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont modérément augmenté lundi, ce qui suggère que les opérateurs de marchés ne craignent pas de crise de l’offre pour le moment. Le contrat de blé Wv1 le plus actif du Chicago Board of Trade stagnait à 6,61-3/4 dollars le boisseau à 13h56 GMT.
Les pays occidentaux affirment que la Russie tente d’utiliser l’accord sur les céréales pour affaiblir les sanctions financières qui ne s’appliquent pas aux exportations agricoles de la Russie.
La France a condamné cette suspension de l’accord, dénonçant « un blocus illégal aux ports ukrainiens ».
La Russie « doit cesser son chantage sur la sécurité alimentaire mondiale et revenir sur sa décision », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
La Russie a accepté à trois reprises au cours de l’année écoulée de prolonger l’accord sur la mer Noire, bien qu’elle ait menacé à plusieurs reprises de s’en retirer.
Elle a suspendu sa participation après l’attaque de sa flotte par des drones ukrainiens en octobre dernier, forçant l’Ukraine, la Turquie et l’Onu à poursuivre les exportations prévues par l’accord sans Moscou pendant quelques jours.
« Nous avons été contactés par des entreprises, des armateurs. Ils ont dit qu’ils étaient prêts, que si l’Ukraine les laissait partir et que la Turquie continuait à les laisser passer, alors tout le monde était prêt à continuer à fournir des céréales », a déclaré le porte-parole de la présidence ukrainienne, Serhi Nykyforov, citant Volodimir Zelensky.
Toute reprise des exportations maritimes ukrainiennes sans le soutien de la Russie dépendra probablement des assureurs, dont certains envisagent de geler leur couverture, selon des sources du secteur.
« Certains assureurs chercheront à tirer parti de la situation en augmentant fortement leurs tarifs. D’autres cesseront de proposer une couverture. La question (clé) est de savoir si la Russie minera la zone, ce qui mettrait fin à toute forme de couverture », selon une source du secteur.
(Rédaction de Reuters, rédigé par Caleb Davis et Mark Trevelyan; version française Bertrand Boucey et Corentin Chappron, édité par Kate Entringer et Jean Terzian)
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