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États-Unis: Donald Trump va proposer Kevin Warsh à la tête de la Fed

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WASHINGTON, 30 janvier (Reuters) – Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi avoir choisi Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Réserve fédérale (Fed), pour occuper la présidence de la banque centrale à l’issue du mandat de Jerome Powell, qui expire en mai.

« Je connais Kevin depuis longtemps et je suis convaincu qu’il restera dans l’histoire comme l’un des plus grands présidents de la Réserve fédérale, peut-être même le meilleur », a dit Donald Trump sur son réseau Truth Social.

« Par-dessus tout, il a le profil idéal et il ne vous décevra jamais. »

Le choix du nouveau président de la Fed ​constitue la dernière initiative en date du président américain pour marquer de son empreinte une Fed qu’il n’a cessé de critiquer depuis ‍son retour à la Maison blanche pour ⁠ne pas avoir baissé assez rapidement, selon lui, les taux d’intérêt.

La nomination de Kevin Warsh doit être confirmée par le Sénat américain.

La Fed est depuis longtemps considérée comme ⁠une force stabilisatrice sur les marchés financiers mondiaux, en grande partie grâce à son indépendance perçue vis-à-vis de toute ingérence politique.

Mais les efforts de Donald Trump pour tester cette indépendance, qui ont culminé avec la révélation ce mois-ci d’une menace de poursuites pénales à l’encontre de Jerome Powell, ont préparé le terrain pour un processus de confirmation difficile ​au Sénat.

Cela a également ouvert la voie à la possibilité que Jerome Powell, qui a qualifié la menace d’enquête pénale à son encontre de prétexte pour faire pression sur la Fed, choisisse de rester au sein de la banque centrale même après la fin de son mandat, afin de protéger l’institution de toute ingérence politique.

La nomination de Kevin Warsh intervient à l’issue d’un processus de plusieurs mois, qui s’est souvent apparenté à une audition publique alors que les différents prétendants au poste apparaissaient régulièrement à la télévision pour vanter leurs qualifications et présenter leurs réflexions sur l’économie et la politique de la ‌Fed.

IMPACT INCERTAIN SUR LA TRAJECTOIRE DES TAUX

Outre Kevin Warsh, figuraient parmi les potentiels successeurs de Jerome Powell le gouverneur de la Fed Christopher Waller, le directeur des investissements obligataires de BlackRock ​Rick Rieder et le conseiller économique de la Maison blanche Kevin Hassett.

En août, Donald Trump a nommé Stephen Miran, conseiller à la Maison blanche, à la Fed, où il est devenu l’un des principaux partisans des baisses agressives des taux d’intérêt que le président réclame depuis longtemps.

Donald Trump a également tenté de limoger la gouverneure de la Fed, Lisa Cook. L’affaire est en cours d’examen par la Cour suprême.

L’impact du choix de Kevin Warsh à la tête de la Fed sur la trajectoire des taux d’intérêt américains apparaît incertain à court terme.

Mercredi, la Fed a maintenu ‌la fourchette ‌des fonds fédéraux entre 3,50% et 3,75%, après trois abaissements successifs. Pour l’heure, les marchés ne s’attendent pas à une nouvelle baisse des taux ​avant l’entrée en fonction du prochain président, en juin.

L’annonce de la nomination de Kevin Warsh n’a pas fait réagir outre mesure les marchés financiers vendredi.

Si Kevin Warsh, 55 ans, n’est pas un familier de la Maison blanche, il est proche de Donald Trump qui l’invite régulièrement dans sa propriété en Floride.

Kevin Warsh a dit penser que le président ​américain avait raison de faire pression sur la banque centrale pour qu’elle réduise fortement les taux d’intérêt.

FIN CONNAISSEUR DE WALL STREET

Il a notamment critiqué la Fed pour avoir sous-estimé le potentiel de lutte contre l’inflation induit par la croissance de la productivité stimulée par l’intelligence artificielle et appelé à une ⁠refonte globale de la banque centrale qui permettrait d’alléger son bilan et d’assouplir la réglementation bancaire.

Conservateur et pourfendeur des déficits publics, Kevin Warsh est un fin connaisseur des milieux de Wall ​Street, auxquels il appartient en début de carrière au sein de la banque Morgan Stanley et dont reste proche lors de sa première expérience de gouverneur au sein de la Fed de 2006 à 2011 en tant que spécialiste des marchés financiers auprès du président de l’époque, Ben Bernanke.

Il quitte la Réserve fédérale en 2011, juste après que cette dernière a décidé d’augmenter ses rachats de titres sur les marchés pour tenter de soutenir l’économie, une initiative aux conséquences plus néfastes que positives à ses yeux. Il ne se désolidarise pas cependant, expliquant à ses collègues ne pas vouloir saper l’autorité de Ben Bernanke en étalant publiquement ses désaccords.

Lors de ⁠son premier mandat à la Maison blanche, Donald Trump avait déjà songé à Kevin Warsh en 2017 pour succéder à Janet Yellen à la présidence de la Fed. Le président américain l’avait reçu dans le Bureau ovale pour un entretien avant de lui préférer Jerome Powell, un choix qu’il ne cessera par ‌la suite de regretter publiquement et violemment.

(Rédigé par Susan Heavey et Ann Saphir; version française Camille Raynaud, Diana ⁠Mandia et Mara Vilcu, édité par Blandine Hénault et Benjamin Mallet)

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