Des frappes israéliennes font 55 morts, le corps d’un otage thaïlandais récupéré
JERUSALEM/LE CAIRE (Reuters) -L’armée israélienne a récupéré le corps de l’otage thaïlandais Nattapong Pinta, qui était détenu dans la bande de Gaza depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, a déclaré samedi le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, tandis que les autorités sanitaires gazaouies ont rapporté que des frappes israéliennes dans l’enclave ont tué au moins 55 personnes.
La dépouille de Nattapong Pinta, ouvrier agricole, était détenue par les Brigades moudjahidines et a été récupérée près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, a déclaré Israël Katz. La famille de Pinta en Thaïlande a été informée.
Nattapong Pinta avait été enlevé dans le kibboutz de Nir Oz, une petite communauté proche de la frontière entre Israël et la bande de Gaza où une personne sur quatre a été tuée ou prise en otage lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
Selon l’armée israélienne, Nattapong Pinta a été enlevé vivant et tué par ses ravisseurs, qui ont également tué et emmené à Gaza les corps de deux otages israélo-américains qui ont été rapatriés cette semaine.
Aucun commentaire n’a été effectué dans l’immédiat par les Brigades moudjahidines, qui ont par le passé nié avoir tué des captifs, ou par le Hamas.
D’après Tsahal, les Brigades moudjahidines détiendraient encore en otage la dépouille d’un autre ressortissant étranger. Seuls une vingtaine des otages, sur les 55 encore détenus à Gaza, sont considérés toujours vivants.
Sur fond d’impasse dans les négociations sur une nouvelle phase du cessez-le-feu conclu en janvier dernier entre Israël et le Hamas, l’Etat hébreu a repris en mars sa vaste campagne de bombardements à travers la bande de Gaza, de même que ses opérations militaires terrestres.
Des frappes israéliennes menées samedi en différents points de l’enclave palestinienne ont tué au total au moins 55 personnes, ont déclaré des médecins.
Au moins 15 personnes ont été tuées et 50 autres blessées dans la ville de Gaza, située dans le nord du territoire, ont dit les autorités sanitaires locales.
Plusieurs missiles ont atterri dans la zone et visaient vraisemblablement un immeuble résidentiel de plusieurs étages, ont rapporté des témoins et des médias, ajoutant que l’explosion a toutefois endommagé plusieurs maisons situées à proximité.
L’armée israélienne n’a effectué aucun commentaire dans l’immédiat. Elle a par la suite demandé à la population d’évacuer un quartier voisin, prévenant qu’elle allait mener des frappes après que des roquettes ont été lancées depuis la zone.
DISTRIBUTION D’AIDES SUSPENDUE
Par ailleurs, le ministère palestinien de la Santé a déclaré samedi que les hôpitaux de Gaza ne disposaient de carburant que pour trois jours supplémentaires et qu’Israël empêchait les agences internationales d’accéder aux zones où se trouvent les entrepôts de carburant destiné aux établissements de santé.
Aucun commentaire n’a été effectué dans l’immédiat par Tsahal ou le COGAT – l’agence de défense israélienne qui coordonne les questions humanitaires avec les Palestiniens.
Les Nations unies ont prévenu d’une catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza et de la famine qui menace les 2,3 millions d’habitants de l’enclave palestinienne, alors qu’Israël a complètement sevré le territoire d’aide humanitaire pendant 11 semaines.
Face aux pressions internationales, Israël a autorisé fin main des camions à livrer nourriture et autres bien dans l’enclave. Une fondation soutenue par les Etats-Unis et Israël, que l’Onu boycotte en dénonçant son absence de neutralité, a suspendu vendredi la distribution d’aide humanitaire, citant des risques sécuritaires découlant d’un surpeuplement.
La Fondation humanitaire pour Gaza avait suspendu mercredi ses opérations et demandé à Tsahal de revoir ses protocoles de sécurité après que des représentants d’un hôpital gazaoui ont déclaré que plus de 80 personnes ont été tuées par balles et des centaines d’autres blessées, entre le 1er et le 3 juin, à proximité de centres de distribution.
En dépit des pressions internationales croissantes en faveur d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, Israël poursuit le siège de l’enclave mené en représailles à l’attaque du Hamas contre des localités du sud du pays le 7 octobre 2023 lors de laquelle 1.200 personnes environ ont été tuées, selon les autorités israéliennes.
Plus de 54.000 personnes ont depuis lors été tuées dans la bande de Gaza, pour la plupart des civils, d’après les autorités sanitaires locales. L’enclave a été ravagée par les bombardements et la quasi-totalité des habitants ont été déplacés.
(Mayaan Lubell à Jérusalem, Jaidaa Taha et Muhammad Al Gebaly au Caire; version française Kate Entringer et Jean Terzian)
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