Biden en Arabie saoudite, pétrole et sécurité au menu
par Steve Holland et Jarrett Renshaw
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DJEDDAH, Arabie saoudite (Reuters) – Le président américain Joe Biden est arrivé vendredi en Arabie saoudite pour une visite destinée à remettre à plat les relations de Washington avec un pays auquel il avait promis le statut de « paria » sur la scène internationale après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.
Le chef de la Maison blanche s’est entretenu avec le prince héritier Mohamed ben Salmane d’autres officiels saoudiens avec lesquels il devait évoquer les enjeux du pétrole et de la sécurité énergétique, la défense et la sécurité régionale ainsi que les droits humains.
Selon un rapport dressé en février 2021, le prince héritier Mohamed ben Salmane a directement approuvé le meurtre de Jamal Khashoggi, chroniqueur au Washington Post, dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul en octobre 2018. Mohamed ben Salmane a toujours nié la moindre implication.
Joe Biden a déclaré après sa rencontre avec le prince héritier lui avoir redit qu’il le tenait pour responsable de la mort du journaliste.
Avant de se rendre en Arabie, et pour répondre aux critiques aux Etats-Unis lui reprochant cette visite, Joe Biden a déclaré que sa position concernant Khashoggi avait toujours été « absolument » claire et assuré qu’il soulèverait auprès de ses interlocuteurs la question des droits humains.
L' »EQUILIBRE » DES MARCHÉS DE L’ÉNERGIE EN DISCUSSION
La volonté de Joe Biden de renouer avec l’Arabie saoudite s’explique par les bouleversements géopolitiques induits par la guerre en Ukraine et notamment la nouvelle donne mondiale sur la sécurité énergétique.
Le président américain et ses conseillers ont décidé de ne pas isoler le royaume, premier exportateur mondial de pétrole, alors que Ryad renforce ses liens avec la Russie et la Chine.
Les Etats-Unis cherchent à convaincre l’Arabie saoudite et ses partenaires de l’Opep de produire davantage de pétrole pour faire baisser les prix du brut, dont l’envolée des derniers mois alimente une inflation record.
« Nous balaierons un grand nombre de sujets bilatéraux et régionaux, afin de boucler des mois de diplomatie et positionner pour l’avenir les Etats-Unis et nos partenaires, de manière à faire valoir nos intérêts et les leurs », a déclaré un haut responsable américain.
Parmi les sujets qui devaient être abordés en particulier figureront le renforcement de la trêve dans la guerre au Yémen, « l’équilibre » des marchés de l’énergie et la coopération technologique sur les réseaux de téléphonie mobile 5G et 6G.
Dans une tribune parue dans Politico, l’ambassadrice d’Arabie saoudite à Washington, Reema bint Bandar Al Saoud, a estimé que les efforts conjoints des Etats-Unis et de l’Arabie pour assurer la paix régionale devaient se concentrer sur une coopération plus soutenue et le « renforcement d’un système basé sur des règles », contrairement à « la vision du chaos promue par l’Iran », le grand adversaire de Ryad au Moyen-Orient.
Les Etats du Golfe partagent les préoccupations d’Israël sur le programme nucléaire et le programme de missiles balistiques de Téhéran et dénoncent l’influence de la République islamique dans la péninsule arabique.
Durant sa visite en Israël, première étape de sa visite dans la région, Joe Biden a signé avec le Premier ministre Yair Lapid un engagement conjoint à empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires.
Joe Biden est le premier président américain à rejoindre directement en avion le royaume saoudien depuis l’Etat hébreu, « un petit symbole » du réchauffement des liens entre Israël et l’Arabie saoudite, selon les termes de la Maison blanche.
Ryad a donné son accord tacite à la normalisation des relations entre Israël et deux autres pétromonarchies du Golfe, les Emirats arabes unis et Bahreïn, il y a deux ans.
Peu avant la visite de Joe Biden, l’Arabie saoudite a annoncé l’ouverture de son espace aérien à toutes les compagnies aériennes, ouvrant la possibilité d’une augmentation du nombre de vols à destination ou en provenance d’Israël, une initiative saluée par Washington.
(Avec la contribution de Ghaida Ghantous à Dubai et Omar Fahmy au Caire; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Kate Entringer)
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