Allemagne: Scholz arrache un accord sur le budget, le frein à l’endettement rétabli
par Maria Martinez et Andreas Rinke
BERLIN (Reuters) – La coalition tripartite au pouvoir en Allemagne est parvenue à un accord sur un budget fédéral revu à la baisse pour 2024, a annoncé mercredi le chancelier Olaf Scholz après un mois de négociations tendues, qui vont aboutir au rétablissement du frein à l’endettement de l’Etat.
Flanqué de ses ministres de l’Economie, l’écologiste Robert Habeck, et des Finances, le libéral Christian Lindner, le chancelier social-démocrate s’est félicité au cours d’une conférence de presse d’avoir arraché cet accord après plusieurs semaines de crise au sein de sa coalition.
« Le gouvernement va respecter ses objectifs (…) mais nous devons y parvenir avec moins d’argent ce qui implique des baisses de dépenses et des économies », a-t-il déclaré. « Des discussions budgétaires aussi difficiles prennent généralement des mois mais nous les avons bouclées en quelques semaines. »
La crise a été déclenchée par un jugement rendu le 15 novembre par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe interdisant au gouvernement de réaffecter dans le budget 2024 un reliquat de 60 milliards d’euros destiné à l’origine à la lutte contre la pandémie de COVID-19 vers un fonds de soutien à la modernisation de l’industrie et à la lutte contre le changement climatique.
Cette décision a entraîné un trou de 17 milliards d’euros dans le projet initial de budget 2024.
Pour le combler, Olaf Scholz a annoncé la suppression de subventions destinées à l’adaptation au changement climatique, l’arrêt plus tôt que prévu des primes à l’achat d’un véhicule électrique ou encore la baisse des dépenses de fonctionnement de certains ministères.
Un fonds destiné à accompagner la transition écologique des entreprises va être raboté de 12 milliards d’euros en 2024 et de 45 milliards d’ici 2027. Son montant total sera tout de même de 160 milliards d’euros, a souligné le chancelier.
VICTOIRE POUR LES LIBÉRAUX
Si le frein à l’endettement, mesure inscrite dans la Constitution limitant à 0,35% du produit intérieur brut (PIB) le déficit budgétaire annuel, va être rétabli, le gouvernement se réserve la possibilité, aux termes de cet accord, d’invoquer une situation exceptionnelle d’urgence pour le lever à nouveau si la guerre en Ukraine s’aggravait et nécessitait d’accroître le soutien financier à Kyiv, a dit Olaf Scholz.
Le rétablissement de ce « frein à l’endettement » constitue une victoire pour Christian Lindner.
Ce dispositif a été suspendu en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19 et le ministre libéral des Finances refusait catégoriquement qu’il soit suspendu pour une cinquième année consécutive, quand bien même l’Allemagne présente un ratio d’endettement nettement inférieur à ceux de nombreux autres pays européens, à 65% de son PIB contre 117% pour la France, 148% pour l’Italie ou 116% pour l’Espagne, selon les données de l’OCDE.
Olaf Scholz et Robert Habeck souhaitaient quant à eux prolonger cette suspension afin de ne pas couper dans les dépenses sociales et freiner les investissements dans la transition écologique.
Sur le plan politique, cet accord devrait apaiser les relations entre les trois composantes de la coalition, dont la popularité est au plus bas. Sur le plan économique, il devrait rassurer les entreprises en dissipant les incertitudes nées de la décision de la Cour de Karlsruhe.
Cette crise et la nécessité de revoir à la baisse les ambitions du budget fédéral ont néanmoins amené les deux principaux instituts économiques allemands à réviser leurs prévisions de croissance pour la première économie d’Europe l’an prochain.
L’institut IW s’attend désormais à une contraction du PIB allemand de 0,5% en 2024 tandis que l’IfW prévoit une croissance de 0,9% mais avec un impact négatif de 0,3 point de pourcentage de la décision de la Cour constitutionnelle.
(Reportage Andreas Rinke, rédigé par Kirsti Knolle, Sarah Marsh et Maria Martinez; Version française par Zhifan Liu, Kate Entringer et Bertrand Boucey)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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