La « tech » plonge à nouveau les Bourses, les rendements se tendent davantage en France
par Diana Mandia
22 octobre (Reuters) – Wall Street est attendue en nette baisse et les Bourses européennes reculent fortement jeudi à mi-séance, prises en étau entre la résurgence des craintes concernant le secteur de l’intelligence artificielle (IA), un afflux de résultats financiers mitigés et l’intensifications des tensions autour de la dette souveraine française.Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,68% pour le Dow Jones, de 1,03% pour le Standard & Poor’s-500 et de 1,71% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 1,26% à 7.822,01 points vers 11h07 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,89% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,39%.
L’indice EuroStoxx 50 perd 1,52%, le FTSEurofirst 300 0,92% et le Stoxx 600 0,88%.
L’euphorie suscitée la veille par les résultats de SpaceX et par une éventuelle fusion avec Tesla <TSLA. O> a été de courte durée, les craintes liées aux coûts colossaux associés au développement de l’IA par les géants technologiques américains refaisant surface et plombant jeudi les Bourses asiatiques et européennes, tout en laissant présager une ouverture difficile à Wall Street, en particulier pour l’indice Nasdaq, qui regroupe les grandes capitalisations mondiales.
Tesla a revu mercredi à la baisse d’un cinquième sa prévision annuelle de dépenses d’investissement et a annoncé un flux de trésorerie disponible positif inattendu au troisième trimestre, résultat d’un investissement bien moindre que prévu dans ses projets d’IA et de robotique, ce qui soulève des questions quant au rythme de son expansion dans ces domaines.
Meta, la maison mère de Facebook, n’a pas non plus convaincu avec sa décision d’émettre des actions de classe C sans droit de vote pour financer sa stratégie en matière d’IA, mettant en évidence les besoins considérables en capitaux nécessaires pour rester compétitif dans la course.
Le compartiment technologique, bien que plus modeste que son homologue américain, est affecté par ce regain d’aversion au risque dans le secteur et recule de 1,88%.
Les actions des « Sept Magnifiques » sont indiquées dans le rouge à l’ouverture de la Bourse de New York et les titres du secteur américain des puces électroniques devraient également en pâtir.
De plus, la flambée des prix du pétrole accentue la nervosité, suite aux nouvelles attaques des Houthis du Yémen en Arabie saoudite, qui font craindre un conflit de plus grande ampleur et de nouvelles perturbations de l’approvisionnement au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, le marché obligataire mérite une mention particulière : alors qu’aux États-Unis, les opérateurs se ruent sur les bons du Trésor dans un mouvement de fuite vers la sécurité, et que dans la zone euro, le Bund allemand profite également de l’incertitude, en France, les investisseurs continuent de se débarrasser des titres de dette souveraine sur fond de tensions budgétaires et politiques.
Le rendement des obligations souveraines françaises à dix ans a atteint jeudi un nouveau sommet de 24 ans, après avoir grimpé en séance à 5,1415% et franchi la veille la barre des 5% pour la première fois depuis juillet 2002.
Les inquiétudes quant à la capacité du pays à assainir ses finances publiques, affectées par un déficit qui devrait atteindre 5,4% cette année et une dette publique s’élevant à 119% du PIB fin juin, pèsent de plus en plus sur la confiance des opérateurs, qui considèrent tant les récentes mobilisations dans les rues françaises que l’approche de l’élection présidentielle de 2027 comme des facteurs susceptibles de compliquer encore davantage tout effort de redressement.
« Initialement, les investisseurs étrangers avaient sous-estimé le risque budgétaire. Après les émeutes, ils commencent désormais à comprendre que les dépenses publiques et le déficit ne sont pas seulement le résultat d’une mauvaise gestion, mais constituent aussi, en partie, le prix à payer pour préserver la paix sociale », estime Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Il prédit également que « le pire reste probablement à venir », soulignant que les obligations françaises « restent incroyablement chères », et que le rendement réel de la dette française « est nettement inférieur à ce que justifieraient ses fondamentaux économiques et budgétaires ».
L’agence Moody’s doit actualiser vendredi sa note de crédit pour la France, et les analystes d’ING s’attendent à une dégradation, ce qui alignerait sa notation sur celles de Fitch et S&P.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Hermès plonge de 7,8%, lanterne rouge du CAC 40, le fabricant des sacs Birkin ayant publié un chiffre d’affaires trimestriel inférieur aux attentes, les ventes de la division Vêtement et Accessoires ayant reculé pour la première fois depuis plusieurs années en raison d’une faible demande sur son marché clé, la Chine.
Le secteur européen du luxe recule dans son sillage de près de 2%.
Le compartiment bancaire perd 2,5%, touché par les craintes sur la dette souveraine, qui affectent particulièrement les banques françaises, BNP Paribas perdant près de 4% et Société générale et Crédit agricole près de 3%.
Nexans abandonne 5,8%, une baisse imputée par les analystes financiers à un repli sectoriel. Le spécialiste des câbles industriels a annoncé jeudi une croissance organique de son chiffre d’affaires de 3,9% sur les neuf premiers mois de l’année.
Ailleurs en Europe, London Stock Exchange Group (LSEG), qui a annoncé jeudi un accord en vue d’acquérir la société de données financières Octus, gagne 5,3%.
Sainsbury’s perd 4% malgré un relèvement de ses perspectives, le deuxième groupe de supermarchés britannique ayant connu un ralentissement de la croissance de ses ventes au deuxième trimestre.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 7,9 points de base à 5,0669%, tandis que celui du titre à deux ans perd 6,2 points de base à 4,7611%, dans un contexte d’afflux vers les actifs souverains outre-Atlantique, jugés plus sûrs et de craintes concernant les titres technologiques.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans cède 4,7 points de base à 3,3687%. Le deux ans abandonne 2 points de base à 3,0642%.
En France, en revanche, le rendement de l’OAT à dix ans grimpe de 10 points de base pour s’établir à 5,0950%, porté par les craintes politiques et budgétaires, dépassant pour la première fois depuis 2013 celui des Treasuries de même échéance.
La prime de risque par rapport au Bund allemand à dix ans se creuse jeudi à 172 points de base, l’écart le plus important depuis 2011.
Les écarts de rendement se creusent dans son sillage dans toute la zone euro : le spread belge est à son plus haut niveau depuis 2013, tandis que le spread italien ressort à 122 points de base.
CHANGES
Le dollar perd 0,10% face à un panier de devises de référence. Si la devise américaine fait souvent office de valeur refuge, elle souffre cette fois de la baisse des rendements des bons du Trésor et du fait que les investisseurs réduisent une partie de leurs positions sur les futures hausses des taux américains.
L’euro perd 0,15% à 1,1215 dollar, pénalisé à son tour par les craintes budgétaires françaises.
PÉTROLE
Le Brent avance de 2,83% à 111,90 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 2,27% à 99,36 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 22 OCTOBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au semaine au 200.000 199.000
chômage 17 octobre
EZ 14h00 Confiance des consommateurs octobre -17,0 -16,5
(flash)
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

