Violences sans précédent depuis des années en Afrique du Sud: au moins 70 morts
Des affrontements ont opposé mardi en Afrique du Sud des foules de contestataires et les forces de l’ordre, faisant plusieurs dizaines de morts, tandis que des centres commerciaux ont été pillés ou incendiés dans ce qui constituent les plus importantes violences dans le pays depuis des années.
Ces troubles font suite à l’incarcération la semaine dernière de l’ancien président Jacob Zuma, qui s’est rendu aux autorités pour purger une peine de quinze mois de prison pour outrage au tribunal.
Dans un communiqué publié dans la soirée, la police nationale a indiqué qu’au moins 72 personnes avaient péri dans les troubles et que 1.234 autres avaient été arrêtées au cours des derniers jours.
L’armée a été déployée dans la journée dans deux régions du pays pour venir en aide à des policiers débordés face à la multiplication des violences.
Quelque 2.500 militaires vont être envoyés dans la province de KwaZulu-Natal, fief de Jacob Zuma et principal théâtre d’incidents, où 26 personnes ont trouvé la mort, et dans celle de Gauteng, dont la plus grande ville est Johannesburg et où quatre personnes ont été tuées selon les autorités.
Des soldats vont prendre position sur des sites stratégiques comme les aéroports, a déclaré la ministre sud-africaine de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, selon qui le pays n’est pas encore en situation d’état d’urgence.
Le gouvernement, a ajouté la ministre, n’avait pas anticipé l’ampleur des pillages et continue d’évaluer le nombre de militaires à déployer.
Les émeutes sont également alimentées par la persistance de la pauvreté et des inégalités et l’impact économique des restrictions mises en place pour lutter contre le COVID-19.
Au cours d’une allocution lundi soir, le président Cyril Ramaphosa a accusé des groupes de provoquer le chaos afin de se livrer à des vols et des saccages.
Jacob Zuma et ses partisans, toujours influents au sein du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, accusent quant à eux le chef de l’Etat de mener une campagne de répression à leur encontre.
L’ancien chef de l’Etat, qui est âgé de 79 ans, a été condamné fin juin après avoir refusé de comparaître en février dernier devant une commission anti-corruption qui enquête sur des accusations de détournement de fonds publics sous sa présidence entre 2009 et 2018. Il nie toute malversation.
La Cour constitutionnelle a réexaminé lundi sa décision d’incarcérer Jacob Zuma. Son jugement sera rendu à une date encore indéterminée.
(Reportage Tim Cocks et Alexander Winning, avec Wendell Roelf au Cap et Tanisha Heiberg à Johannesburg; version française Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame, édité par Sophie Louet et Jean Terzian)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


