Accord historique en Afrique du Sud sur un gouvernement d’union nationale
LE CAP, Afrique du Sud (Reuters) – Le Congrès national africain (ANC), parti historique de Nelson Mandela, a conclu vendredi un accord avec l’Alliance démocratique (DA), formation du centre-droit émanant essentiellement de la communauté blanche, pour constituer un gouvernement d’unité nationale à la tête de l’Afrique du Sud.
Cette alliance des contraires, jugée jusqu’ici impossible après 30 ans de domination sans partage de l’ANC, marque un tournant dans l’histoire politique sud-africaine depuis la fin de l’apartheid, la victoire de l’ANC et l’élection de Nelson Mandela à la présidence de la République, en 1994.
« Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est un pays meilleur qu’il ne l’était hier. Pour la première fois depuis 1994, nous nous sommes engagés dans un transfert pacifique et démocratique du pouvoir à un nouveau gouvernement qui sera différent du précédent », a déclaré le dirigeant de l’Alliance démocratique, John Steenhuisen, lors d’une allocution télévisée.
« A compter de ce jour, l’Alliance démocratique co-gouvernera la République d’Afrique du Sud dans un esprit d’unité et de coopération », a-t-il ajouté, qualifiant le gouvernement de « nouveau normal ».
Il s’agit d’une révolution pour l’Alliance démocratique, qui s’est employée à gommer son image de grand parti « blanc », libéral, défendant les intérêts des classes aisées, et considérée avec défiance par les électeurs de l’ANC.
La coalition inclura également le parti nationaliste zoulou Inkatha de la liberté (IFP) et l’Alliance patriotique (PA).
Cette recomposition politique fait suite au revers subi par l’ANC lors des élections du 29 mai dernier.
L’ANC a remporté 159 des 400 sièges de l’Assemblée nationale, l’Alliance démocratique 87.
Privé de majorité absolue pour la première fois depuis la fin de l’apartheid, le parti a passé deux semaines en tractations pour donner naissance à cet accord de gouvernement, qui devait permettre la reconduction du chef de file de l’ANC, Cyril Ramaphosa, 71 ans, pour un second mandat présidentiel à l’occasion d’une session de la nouvelle Assemblée nationale vendredi.
« Ce jour marque le début d’une nouvelle ère où nous laissons de côté nos différences et nous nous unissons pour le bien de tous les Sud-Africains », a écrit Sihle Zikalala, membre du comité exécutif national de l’ANC, sur le réseau X.
Aux termes de l’accord, le poste de vice-président de l’Assemblée nationale reviendra à un membre de l’Alliance démocratique.
(Nellie Peyton; version française Zhifan Liu et Sophie Louet)
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