Un héritier des Agnelli a tenté de se rapprocher d’Armani
par Pamela Barbaglia, Gwénaëlle Barzic et Silvia Aloisi
LONDRES (Reuters) – John Elkann, héritier de la dynastie industrielle des Agnelli, a étudié la possibilité d’un rapprochement avec le créateur de mode Giorgio Armani dans le cadre d’un plan visant à créer un conglomérat de luxe autour de Ferrari, ont déclaré à Reuters cinq sources familières du dossier.
Elkann, qui est aussi président du constructeur automobile Stellantis a proposé de prendre une participation minoritaire dans la maison de couture milanaise dirigée par Giorgio Armani, âgé de 87 ans, mais sa dernière proposition a été rejetée au début du mois, ont indiqué deux sources, sous couvert d’anonymat.
L’opération aurait fait des Agnelli des acteurs majeurs du secteur de la mode, à l’image des familles Arnault et Pinault en France.
Les discussions avec Armani, valorisé par les analystes à environ 6 milliards d’euros (7,09 milliards de dollars), n’ont pas progressé en raison de la réticence du couturier à vendre une participation, ont dit deux sources, ajoutant que les discussions avaient été informelles et que les entreprises n’avaient fait appel à aucune banque.
Un porte-parole d’Exor, la holding des familles Elkann et Agnelli a déclaré à Reuters: « Exor n’a pas approché (Armani) et n’a fait aucune proposition. »
Armani a refusé de commenter ces informations.
Un éventuel rapprochement avec Armani aurait été réalisé via la société d’investissement Exor ou le constructeur automobile Ferrari, contrôlé par Exor, mais la dernière offre d’Elkann a été rejetée, ont indiqué les sources.
« Les discussions sont terminées pour l’instant », a dit l’une des sources.
Cette initiative reflète les efforts déployés par les fondateurs de Fiat Chrysler, qui détiennent 53% d’Exor, pour renforcer leur exposition au marché du luxe.
Exor a pris une participation de 24% au capital de Christian Louboutin en mars, dans le cadre d’une opération qui a valorisé la marque de chaussures de luxe, célèbres pour leurs semelles rouges, à 2,25 milliards d’euros.
En 2020, l’entreprise est devenue le premier actionnaire de Shang Xia, marque de luxe cofondée par Hermès.
« S’il y a quelqu’un qui pourrait créer un concurrent sérieux aux conglomérats français, c’est bien Elkann », a déclaré un banquier familier du dossier.
« Il a l’argent, la crédibilité et le prestige familial pour le faire. »
LES YEUX OUVERTS
Les spéculations sur les plans de succession de la maison de mode fondée en 1975 par Armani, connu sous le nom de King Giorgio, se sont intensifiées ces derniers mois.
La marque, célèbre pour ses costumes élégants et ses robes de soirée, devrait susciter l’intérêt des géants français du luxe LVMH et Kering, ont déclaré à Reuters des sources au sein des groupes, en précisant qu’Armani ne souhaitait pas vendre une participation à un groupe étranger.
En avril, Armani a déclaré au magazine américain Vogue qu’il pourrait envisager de s’associer à une autre entreprise italienne, ouvrant ainsi pour la première fois la porte à un éventuel partenaire.
Il a déclaré que la crise du COVID-19 lui avait « fait ouvrir un peu les yeux ».
La maison de couture milanaise, dont le chiffre d’affaires net a augmenté de 2,3% à 2,16 milliards d’euros en 2019 après trois années de baisse, n’a pas encore communiqué ses résultats sur son exercice 2020.
Sa valorisation, qui représente autour de trois fois son chiffre d’affaires, pourrait même atteindre 8 milliards d’euros, selon un analyste basé à Milan.
Le couturier, qui n’a pas d’enfants, a créé en 2016 une fondation qui doit faciliter sa succession et empêcher que son entreprise soit rachetée ou ne vole en éclats après sa mort.
En juin, après son dernier défilé hommes, Giorgio Armani a fait allusion à la préparation de sa succession, en disant qu’il préparait l’avenir de l’entreprise avec ses plus proches collaborateurs.
(Reportage Pamela Barbaglia, Gwenaelle Barzic, Silvia Aloisi et Sarah White; avec la contribution de Claudia Cristoferi et Giulio Piovaccari à Milan; version française Anait Miridzhanian, édité par Jean-Michel Bélot)
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