Trump envisage « absolument » de se retirer de l’Otan, aggravant les tensions entre alliés
par John Irish et Sam Tabahriti
PARIS/LONDRES, 1er avril (Reuters) – Les tensions entre les États-Unis et ses alliés au sein de l’Otan ne cessent de se tendre après que le président américain Donald Trump a déclaré mercredi à Reuters qu’il envisageait « absolument » de retirer son pays de l’alliance, en raison du refus des pays européens d’envoyer des navires pour débloquer le détroit d’Ormuz.
Donald Trump a déclaré à Reuters qu’il exprimera son « dégoût » vis-à-vis de l’Otan dans le discours qu’il doit prononcer dans la soirée – soit au cours de la nuit pour l’Europe – en prévenant qu’il envisage « absolument » de retirer les États-Unis de l’alliance transatlantique.
Les propos tenus mercredi par Donald Trump sont intervenus quelques heures seulement après que son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a refusé de réaffirmer l’engagement des États-Unis envers la défense collective de l’Otan, un concept clé de l’alliance.
L’Otan, qualifiée à plusieurs reprises de « tigre de papier » par le président américain, regroupe des pays européens, les États-Unis et le Canada. L’alliance a été créée en 1949 dans le but de contrer la menace d’une attaque soviétique et constitue depuis lors la pierre angulaire de la sécurité occidentale.
Les experts avertissent depuis longtemps que des propos suggérant que les États-Unis pourraient ne pas honorer leurs engagements envers l’Otan pourraient encourager la Russie à tester la capacité des membres de l’Otan à appliquer l’Article 5 de l’alliance, qui stipule qu’une attaque armée contre un État membre est une attaque contre tous.
La France a été l’un des premiers membres européens de l’Otan à réagir, sans toutefois aborder directement la menace de Trump de quitter l’Otan.
« Je tiens à rappeler ce qu’est l’Otan. C’est une alliance militaire oeuvrant pour la sécurité de la zone euro-atlantique. Elle n’a pas vocation à mener des opérations dans le détroit d’Ormuz, ce qui constituerait une violation du droit international », a déclaré mercredi Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées, lors de la conférence Guerre et Paix à Paris.
APPEL AU CALME
En Pologne, le ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz a appelé au calme : « J’espère qu’au milieu des émotions qui entourent aujourd’hui (les déclarations du) président des États-Unis, un moment de calme s’installera ».
« Et pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’Otan sans les États-Unis, et qu’il est dans notre intérêt que ce calme s’installe. Mais il n’y a pas non plus de puissance américaine sans l’Otan », a-t-il ajouté.
L’Otan n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat.
Interrogé à propos de la déclaration de Donald Trump, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que l’Allemagne restait attachée à l’Otan : « Ce n’est pas la première fois qu’il agit ainsi, et comme il s’agit d’un phénomène récurrent, vous pouvez probablement juger par vous-mêmes des conséquences ».
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré qu’il agirait dans l’intérêt de son pays, quelles que soient les « rumeurs ». L’instabilité causée par la guerre en Iran signifie que la Grande-Bretagne devrait se recentrer pour renforcer ses liens économiques et de défense avec l’Europe, a-t-il déclaré.
DÉFENSE COLLECTIVE ?
Interrogé mardi sur la question de savoir si les États-Unis restaient attachés à la défense collective de l’Otan, Pete Hegseth a déclaré : « En ce qui concerne l’Otan, c’est une décision qui reviendra au président. Mais je dirai simplement que beaucoup de choses ont été dévoilées au grand jour. »
« Une alliance ne vaut pas grand-chose si certains pays ne sont pas prêts à vous soutenir lorsque vous en avez besoin », a déclaré Pete Hegseth.
La France a refusé d’autoriser Israël à utiliser son espace aérien pour ravitailler un vol transportant des armes américaines utilisées dans la guerre contre l’Iran, et l’Italie a refusé l’autorisation aux avions militaires américains d’atterrir à la base aérienne de Sigonella en Sicile avant de se diriger vers le Moyen-Orient, ont indiqué des sources à Reuters.
La France et l’Italie ont toutes deux déclaré qu’il s’agissait d’une mesure standard et qu’aucun changement n’avait été apporté.
Donald Trump a également critiqué à plusieurs reprises la Grande-Bretagne pour ne pas s’être jointe aux États-Unis lors du déclenchement de la guerre.
L’Espagne, en revanche, a publiquement déclaré avoir totalement fermé son espace aérien aux avions américains participant aux frappes contre l’Iran.
(Rédigé par Ingrid Melander, avec la contribution de Phil Stewart à Washington, Andreas Rinke à Berlin, Sarah Young à Londres, Barbara Erling à Varsovie, Andrew Gray à Bruxelles ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


