Tchad: Des victimes à N’Djamena après la victoire annoncée de Déby à la présidentielle
par Mahamat Ramadane et Anait Miridzhanian
N’DJAMENA (Reuters) – Plusieurs personnes ont été blessées et certaines pourraient avoir été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi au Tchad par des coups de feu censés célébrer la victoire à l’élection présidentielle du chef de la junte au pouvoir, Mahamat Idriss Déby, a déclaré un représentant d’Amnesty International, citant des sources sur place.
Des tirs ont retenti à N’Djamena, dans les heures qui ont suivi l’annonce par l’Agence nationale de gestion des élections de l’élection de Mahamat Idriss Déby avec 61,3% des suffrages lors du scrutin du 6 mai, un résultat rejeté par son principal adversaire le Premier ministre Succès Masra, qui a appelé à des manifestations.
« Le nombre exact de victimes n’est pas connu, mais on parle déjà d’une dizaine de morts, dont des enfants », a déclaré à Reuters Abdoulaye Diarra, chercheur à Amnesty International.
Reuters n’a pas été en mesure de confirmer ces chiffres dans l’immédiat.
Vendredi matin, le calme semblait revenu dans la capitale, où la police, très présente, patrouillait dans des rues presque vides.
Mahamat Idriss Déby a pris le pouvoir en avril 2021 à la tête d’une junte après la mort de son père, Idriss Déby, tué par des rebelles.
Président par intérim, il a annoncé sa candidature en mars quelques jours après la mort du chef de l’opposition tchadienne, Yaya Dillo, lors d’un échange de tirs avec les forces de sécurité à N’Djamena.
Succès Masra a attiré des foules plus importantes qu’attendu lors de la campagne. Dans un message partagé sur les réseaux sociaux, son parti les Transformateurs, qui dit avoir tenu un décompte parallèle des voix, affirme que son candidat a remporté la présidentielle. « Nous avons les preuves et les Tchadiens le savent tous », a dit le parti.
Abdou Abarry, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique centrale, a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue.
(Avec la contribution de David Lewis et Alessandra Prentice ; version française Kate Entringer, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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