RDC: Manifestations à Kinshasa contre la visite de Macron
par Benoit Nyemba et Djaffar Al Katanty
KINSHASA/GOMA (Reuter) – Plusieurs manifestations ont eu lieu en République démocratique du Congo (RDC) cette semaine, avant la visite du président Emmanuel Macron dans la capitale Kinshasa samedi, pour la dernière étape de sa tournée en Afrique centrale.
La RDC n’est pas une ancienne colonie française mais la perception du soutien de Paris au Rwanda voisin a attisé un sentiment anti-français. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le groupe rebelle M23 contre lequel il se bat dans l’est du pays.
Le Rwanda nie tout soutien au groupe M23.
La France et le Rwanda se sont rapprochés après qu’Emmanuel Macron a reconnu en 2021 les responsabilités de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, mais le président a nié favoriser Kigali.
Emmanuel Macron s’est par ailleurs joint à la RDC, aux Nations Unies et à d’autres pays pour dénoncer le soutien apporté par le Rwanda au groupe M23, mais a été critiqué pour ne pas avoir commenté plus tôt et plus fermement.
Tonny Djoli, manifestant, estime que la France tourne son attention vers l’Afrique centrale en raison d’une rupture des relations avec ses anciennes colonies ouest-africaines.
« Il (Emmanuel Macron, ndlr) veut nous faire les beaux yeux (…) Parce qu’il a compris que la majorité de l’Afrique de l’ouest a tourné le dos a la France », a-t-il dit.
Le chef de l’État français a plaidé lundi pour un « partenariat renouvelé » avec le continent africain, dans un contexte de perte d’influence de la France au profit de pays comme la Chine, la Turquie, l’Inde et la Russie, qui fait désormais figure de partenaire militaire majeur de l’Afrique via des ventes d’armes et la présence du groupe Wagner.
Cette tournée en Afrique centrale, qui passe par le Gabon, l’Angola, le Congo et s’achèvera samedi par la République démocratique du Congo, fait suite à une série de visites sur le continent de hauts responsables américains, russes et chinois.
Une centaine de manifestants protestaient déjà contre la venue d’Emmanuel Macron devant l’ambassade de France à Kinshasa mercredi.
Un conseiller de l’Elysée voyageant avec le président en Afrique estime que cette manifestation a pour but de mettre la pression sur la France pour qu’elle prenne parti. « On a un objectif, c’est évidemment l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, et puis la prévention du risque d’escalade. »
Un petit groupe de personnes est arrivé à l’ambassade en agitant des drapeaux russes, mais les responsables de la manifestation ont déclaré qu’ils n’étaient pas affiliés au groupe.
Jeudi, des manifestants ont également tenté de se rassembler à Goma, la capitale régionale du Nord-Kivu dans l’est de la RDC, la zone la plus touchée par les combats entre l’armée et le M23 qui fait plus de 600.000 déplacés depuis l’année dernière, mais ils ont été dispersés.
« Le président Macron se retrouve dans une position délicate, voire inconfortable. D’un côté il se doit de condamner ce qui se passe avec le M23 et le soutien de Kigali et d’un autre côté, il ne veut pas condamner un partenaire qui aide la France », a déclaré Trésor Kibangula, analyste politique à l’Institut Ebuteli, un centre de recherche congolais soutenu par l’Université de New York.
« On sait que la diplomatie française a fait un premier pas en nommant ce qu’il se passe dans l’Est du Congo, en dénonçant le soutien de Kigali, et les gens attendent de voir le président français aller plus loin », a-t-il dit à Reuters mercredi.
(Rédigé par Sonia Rolley, avec la contribution d’Elizabeth Pineau à Luanda ; Version française Kate Entringer, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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