Portrait: Gabriel Attal, un jeune loup de la « macronie » nommé Premier ministre
PARIS (Reuters) – Plus jeune Premier ministre de la République française, Gabriel Attal a été nommé mardi à Matignon en remplacement d’Elisabeth Borne, prémices d’un chamboule-tout gouvernemental destiné à redonner un élan au deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron.
Né le 16 mars 1989 à Clamart (Hauts-de-Seine), le 26e Premier ministre de la Ve République bat à 34 ans le record de précocité jusqu’ici détenu par Laurent Fabius, nommé à Matignon en 1984 à l’âge de 37 ans.
Il est aussi le premier chef d’un gouvernement français ouvertement homosexuel.
Gabriel Attal est un des soutiens de la première heure d’Emmanuel Macron dont il a rejoint le mouvement En Marche ! dès 2016, quittant les rangs d’un Parti socialiste qu’il avait rejoint dix ans plus tôt dans les pas de Dominique Strauss-Kahn, occupant notamment le poste de conseiller de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine.
« Cher Gabriel Attal, je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en oeuvre le projet de réarmement et de régénération que j’ai annoncé », a commenté Emmanuel Macron sur la plateforme X (anciennement Twitter), après l’annonce de sa nomination par l’Elysée. « Dans la fidélité à l’esprit de 2017 : dépassement et audace. Au service de la Nation et des Français », a-t-il ajouté.
Ce féru de joutes politiques aussi précoce qu’ambitieux est élu député des Hauts-de-Seine en 2017 et se voit rapidement confier un portefeuille ministériel.
En 2018, il devient secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, alors Jean-Michel Blanquer, devenant à 29 ans le plus jeune membre du gouvernement de la Ve République.
En 2020, il est nommé porte-parole du gouvernement avant de devenir en mai 2022, après la réélection d’Emmanuel Macron, ministre délégué chargé des Comptes publics dans le gouvernement d’Elisabeth Borne.
En juillet dernier, dans le cadre d’une légère refonte de l’équipe de la Première ministre, il est promu ministre de l’Education nationale.
A ce poste-clé, il s’est fait remarquer par des positions contre le port de l’abaya et en faveur d’un « choc des savoirs » à l’école. Très présent sur le terrain, il a aussi décidé d’expérimenter l’uniforme dans les établissements scolaires et lancé des réformes, du bac et du brevet notamment.
Des prises de position appréciées des Français. Dans le baromètre politique Ipsos-Le Point de décembre, Gabriel Attal recueille 40% d’opinions favorables, devant l’ex-Premier ministre Édouard Philippe, à 39%.
« Gabriel Attal est clair, il a de l’autorité, c’est le gendre idéal qui sait ce qu’il veut faire, ce n’est pas un gentil », dit de lui le député Renaissance venu de la gauche Patrick Vignal, qui l’a récemment reçu dans sa circonscription de Montpellier (Hérault).
« Il est capable de prononcer des arbitrages, de bâtir des compromis, il sait négocier », ajoute l’élu, qui prédit une relation « fluide » avec Emmanuel Macron.
« Les députés Renaissance seront des alliés loyaux et exigeants pour répondre aux défis de notre pays et continuer à réformer, pour les Français », a écrit dans un communiqué Sylvain Maillard, président du groupe Renaissance au Palais-Bourbon, où le camp Macron est aussi soutenu par le MoDem et le groupe Horizons.
Comme sa prédécesseure, le nouveau Premier ministre aura fort à faire pour négocier des alliances à même de faire voter des textes par un Parlement rétif où les oppositions s’activent, profitant d’un affaiblissement de l’exécutif notamment lié au fait qu’Emmanuel Macron ne pourra pas se présenter à la prochaine élection présidentielle, en 2027.
Dans le baromètre Ipsos-Le Point de décembre, 68% des personnes interrogées ont une opinion défavorable de l’action du chef de l’Etat, qui a promis pour le début de cette année un mystérieux « rendez-vous avec la Nation ».
(Rédigé par Elizabeth Pineau et Blandine Hénault, édité par Kate Entringer)
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