Plus de 22.000 morts après les séismes en Turquie et en Syrie
par Mehmet Caliskan, Khalil Ashawi et Maya Gebeily
ANTIOCHE, Turquie/JINDIRES, Syrie (Reuters) – Le bilan des violents séismes survenus lundi dans le sud-est de la Turquie et dans le nord de la Syrie dépasse désormais les 22.000 morts et les espoirs de retrouver des survivants s’amenuisent, alors que des milliers de bâtiments ont été détruits dans de nombreuses villes de la région.
Plusieurs personnes ont cependant été retrouvées vivantes vendredi dans les décombres d’immeubles s’étant effondrés en Turquie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, sous le feu des critiques pour sa gestion de la catastrophe, a admis que la réponse des équipes de recherche et de sauvetage n’a pas été aussi rapide que le gouvernement le souhaitait.
« Bien que nous ayons la plus grande équipe de recherche et de sauvetage du monde en ce moment, c’est une réalité que les efforts de recherche ne sont pas aussi rapides que nous l’aurions voulu », a-t-il dit, ajoutant que le nombre de morts dans le pays avait grimpé à 18.991.
En Syrie, où le nombre de décès a dépassé les 3.300, le président Bashar al-Assad a effectué son premier déplacement dans les zones touchées depuis le séisme, visitant un hôpital à Alep, selon les médias d’État.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré qu’il était à court de stocks dans le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles, l’état de guerre dans cette région compliquant les opérations de secours.
Le gouvernement syrien a approuvé l’acheminement de l’aide humanitaire à travers les lignes de front de la guerre civile qui sévit dans le pays depuis 12 ans, ont déclaré les médias d’État vendredi, ajoutant que l’aide parviendrait à ceux qui en ont besoin avec le soutien des Nations unies, du Croissant-Rouge syrien et de la Croix-Rouge internationale.
Damas a déclaré les zones les plus touchées par le séisme meurtrier – Lattaquié, Hama, Alep et Idlib – zones sinistrées et indiquait qu’il allait mettre en place un fonds pour les réhabiliter.
94 PAYS ONT PROPOSÉ LEUR AIDE
Des centaines de milliers de personnes se trouvent désormais sans abri et souffrent de la faim, de la soif et du froid, tant en Syrie qu’en Turquie.
Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent toujours et 94 pays ont proposé leur aide, a précisé Recep Tayyip Erdogan, qui s’exprimait dans la province d’Adiyaman, qui a été également touchée par les tremblements de terre.
Selon un rapport de l’université turque de Bogazici, quelque 40% des bâtiments de la ville turque de Kahramanmaras, épicentre du principal séisme lundi, ont été endommagés.
Les autorités turques et les Nations unies estiment qu’environ 24,4 millions de personnes ont été touchées en Syrie et en Turquie.
Le séisme de magnitude 7,8, qui a été suivi par de nombreuses répliques, est considéré comme l’une des sept catastrophes naturelles les plus mortelles du centenaire.
La Banque mondiale a accordé à la Turquie un financement de 1,78 milliard de dollars pour les secours et la reconstruction, dont 780 millions seront disponibles immédiatement. L’Agence américaine pour le développement international fournira 85 millions de dollars d’aide humanitaire d’urgence à la Turquie et à la Syrie.
La France va de son côté déployer à compter de dimanche un hôpital de campagne de la sécurité civile dans la région d’Adiyamane, en Turquie, pour aider à la prise en charge des blessés. Paris va envoyer 87 sapeurs-sauveteurs, sapeurs-pompiers et marins-pompiers pour procéder au déploiement de cette structure comprenant deux blocs opératoires.
« Une équipe de préfiguration de la sécurité civile est partie ce jour dans le sud de la Turquie afin d’organiser la logistique de ce déploiement », fait savoir le gouvernement français dans un communiqué.
(Avec la contribution d’Umit Bektas à Antakya, Orhan Coskun à Ankara, Ece Toksabay et Huseyin Hayatsever à Adana, Jonathan Spicer, Daren Butler et Ali Kucukgocmen à Istanbul et Dan Williams à Jerusalem, rédigé par Lincoln Feast et Tom Perry ; version française Camille Raynaud, Kate Entringer et Matthieu Protard, édité par Blandine Hénault)
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