Naouri condamné pour corruption et diffusion de fausses informations
PARIS, 29 janvier (Reuters) – L’ex-PDG du distributeur français Casino Jean-Charles Naouri a été condamné jeudi à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménageable à domicile sous surveillance électronique, pour corruption privée active et diffusion d’informations fausses ou trompeuses.
L’accusation de manipulation de cours qui pesait sur lui n’a toutefois pas été retenue par les juges du tribunal correctionnel de Paris.
Casino a quant à lui écopé d’une amende de 40 millions d’euros dont 20 millions avec sursis.
Le groupe a réagi dans une brève déclaration disant prendre « acte du jugement de ce jour ». Il décidera dans les 10 jours s’il fait appel.
L’homme d’affaires, qui a dirigé Casino pendant près de 20 ans jusqu’en mars 2024, était accusé de manipulation de cours en bande organisée et de corruption privée active aux côtés de trois anciens cadres du groupe ainsi que de l’éditeur de publications financières Nicolas Miguet.
Ce dernier, qui fut éphémère candidat à l’élection présidentielle de 2007, a été condamné à une peine d’emprisonnement de quatre ans dont 2 ans assortis du sursis probatoire, avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire pour la partie ferme. Il devra également s’acquitter d’une amende de 800.000 euros.
Jean-Charles Naouri est accusé d’avoir, entre 2018 et 2019, rémunéré Nicolas Miguet pour que ce dernier diffuse au marché des informations favorables à Casino afin de défendre son action, notamment concernant une rumeur d’OPA hostile qu’aurait étudiée Carrefour à l’encontre de Casino.
Au moment des faits présumés, la direction de Casino était sous pression, son action ayant violemment chuté en 2018 alors que le marché s’inquiétait de son lourd endettement.
Le titre Casino n’a pas relevé la tête, s’effritant jusqu’à valoir aujourd’hui une vingtaine de centimes d’euros.
« Le tribunal a relaxé l’ensemble des prévenus concernés du chef de manipulation de cours », ont noté les juges.
Détenteur des enseignes Monoprix, Franprix ou Naturalia, Casino est passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024, après la validation de son plan de sauvetage par le tribunal de commerce de Paris en février 2024, menant à une restructuration drastique après l’ère Naouri.
En février 2025, la direction désormais menée par Philippe Palazzi déclarait avoir cédé 366 hypermarchés et supermarchés sur l’année 2024 et prévoyait la suppression d’environ 3.200 postes dans le cadre de son redressement.
(Rédigé par Nicolas Delame et Florence Loève, avec la contribution de Louise Rasmussen, édité par Kate Entringer et Sophie Louet)
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