Macron demande à Attal de rester à Matignon pour la « stabilité » du pays
PARIS (Reuters) – Le Premier ministre sortant, Gabriel Attal, a présenté lundi sa démission au président Emmanuel Macron, qui lui a demandé de rester à la tête du gouvernement « pour le moment afin d’assurer la stabilité du pays », annonce l’Elysée.
Gabriel Attal, réélu dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, avait annoncé dimanche soir à l’issue du second tour des élections législatives anticipées, marquée par une victoire de la gauche et un net recul du camp présidentiel, qu’il remettrait sa démission sans exclure de poursuivre sa tâche « aussi longtemps que le devoir l’exigera[it] ».
La présidence précise qu’Emmanuel Macron l’a remercié « pour les campagnes des élections européennes et législatives qu’il a menées. »
Hostile à la dissolution décidée le 9 juin par le chef de l’Etat au soir de la déroute de la liste présidentielle aux élections européennes, Gabriel Attal a depuis marqué ses distances avec le locataire de l’Elysée, jusqu’à acter une forme de rupture dimanche soir.
« Cette dissolution, je ne l’ai pas choisie mais j’ai refusé de la subir », a-t-il souligné lors d’une allocution à Matignon.
Au lendemain des élections législatives de 2022, Elisabeth Borne – désormais députée dans la nouvelle chambre – avait présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’avait refusée, comme l’y autorise la Constitution, afin que le gouvernement « puisse demeurer à la tâche ».
Le maintien de Gabriel Attal à Matignon intervient dans un contexte sensible, les Jeux olympiques de Paris débutant le 26 juillet. On ignore la durée de son « intérim », les tractations politiques ayant débuté à gauche, mais aussi dans le camp présidentiel, en vue de la formation d’un gouvernement.
Dimanche soir, l’Elysée avait fait savoir que le chef de l’Etat, qui part mardi pour Washington où se tient le sommet de l’Otan, attendrait la « structuration » de la nouvelle Assemblée « pour prendre les décisions nécessaires ».
(Sophie Louet et Bertrand Boucey avec Michel Rose, édité par Blandine Hénault)
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