Les ministres de l’UE réclament une réponse plus ferme en matière d’immigration
BRUXELLES, 4 août (Reuters) – Les ministres de l’Intérieur de l’UE ont appelé mardi à des mesures plus fermes contre les réseaux de passeurs de migrants, à des procédures de retour plus efficaces et à une coopération plus étroite avec les pays hors de l’Union.
Ils ont également insisté sur la nécessité d’un meilleur partage de renseignements et d’une surveillance accrue des réseaux sociaux pour détecter plus tôt les vagues migratoires, afin d’éviter qu’un afflux comme celui de la semaine dernière dans l’enclave espagnole de Ceuta ne se reproduise.
L’UE a proposé à l’Espagne une aide, comprenant notamment une aide financière d’urgence, afin de renforcer la protection de la frontière extérieure à Ceuta, a déclaré Magnus Brunner, commissaire européen chargé des migrations, à l’issue d’une réunion consacrée au sujet.
Il a ajouté que les événements survenus à Ceuta la semaine dernière, au cours desquels environ 72.000 personnes ont franchi la frontière en provenance du Maroc, avaient été alimentés par des réseaux criminels de passeurs et par la désinformation sur les réseaux sociaux.
Il a refusé de dire si le Maroc portait une quelconque responsabilité, mais a salué la coopération de Rabat avec les autorités espagnoles concernant le retour de ces migrants et ajouté que l’UE négociait un accord de partenariat stratégique avec le Maroc.
« Une enquête est en cours en Espagne concernant le rôle du Maroc dans cette intrusion massive. Je ne peux donc pas faire d’autres commentaires à ce sujet, mais il y a bien eu désinformation de la part des passeurs et des trafiquants d’êtres humains, c’est ce que nous savons avec certitude », a-t-il déclaré.
Le Maroc avait quant à t déclaré dimanche que les récents passages massifs vers Ceuta et Melilla avaient bien été alimentés par la désinformation sur les réseaux sociaux, les réseaux de trafic d’êtres humains et la mauvaise interprétation d’une décision de justice espagnole.
La dernière vague migratoire importante avait eu lieu en mai 2021, lorsque les autorités marocaines avaient semblé assouplir les contrôles aux frontières, ce qui avait été perçu comme une mesure de représailles après l’accueil par l’Espagne d’un dirigeant indépendantiste du Sahara occidental.
APPEL À DES MESURES PLUS STRICTES
L’Union européenne ne voit pas de lien direct entre les événements survenus à Ceuta et la récente régularisation à grande échelle par l’Espagne de migrants sans papiers, a déclaré Magnus Brunner.
Il a toutefois ajouté que la décision de l’Espagne de régulariser ces migrants n’était pas considérée comme un signal positif pour le reste de l’Union européenne.
La plupart des personnes qui étaient entrées à Ceuta la semaine dernière sont depuis retournées au Maroc, n’ayant trouvé sur place ni nourriture ni centre d’accueil.
Néanmoins, l’Italie a suspendu pendant un mois les accords de voyage sans passeport de l’espace Schengen avec l’Espagne, même s’ils ne s’appliquent pas à Ceuta, tandis que 22 des 27 États membres de l’UE ont réclamé une action coordonnée pour renforcer les frontières extérieures du bloc.
Le Danemark et l’Italie ont profité des discussions d’urgence de mardi pour appeler à des mesures migratoires plus strictes. Le ministre danois de l’Immigration, Morten Bodskov, a plaidé pour un financement accru de l’UE en faveur de la sécurité des frontières, rappelant le précédent de l’afflux de réfugiés syriens en 2015.
Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a de son côté exhorté l’UE à adopter « de nouveaux modèles de centres pour le traitement externe des demandes d’asile et pour les retours dans des pays tiers sûrs », selon des communiqués de leurs ministères respectifs.
La crise de Ceuta constitue le premier test majeur du pacte migratoire de l’UE, entré en vigueur en juin après des années de négociations visant à créer des règles migratoires communes et une solidarité renforcée entre les États membres.
Dans une tribune publiée dans Politico, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, appelle à la mise en place d’un mécanisme d’urgence migratoire au sein de l’UE. Ce mécanisme permettrait d’accélérer les procédures et, dans des circonstances exceptionnelles, de suspendre temporairement les demandes d’asile lors d’arrivées massives et soudaines.
(Rédigé par Amina Ismail ; version française Matthieu Huchet, édité par Tangi Salaün)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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