Le RN accélère et affine le tamis de ses candidatures avant d’éventuelles législatives
par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) – Le Rassemblement national (RN) a accéléré le choix de ses candidats en vue d’élections législatives anticipées qu’il appelle de ses voeux, professionnalisant ses procédures pour éviter des erreurs de casting qui lui ont coûté cher par le passé.
A l’approche du vote à haut risque pour le gouvernement de François Bayrou à l’Assemblée nationale, le 8 septembre, les chefs de file du RN Marine Le Pen et Jordan Bardella ont présidé lundi un « bureau de campagne » du parti aux 120 députés.
« Nous sommes prêts à repartir à la bataille législative », a déclaré Marine Le Pen, accentuant la pression sur le président Emmanuel Macron, seul à pouvoir provoquer une nouvelle dissolution – option qu’il écarte pour l’heure, selon son entourage – en cas de chute du gouvernement.
La double finaliste dans la course à l’Elysée prône un retour aux urnes malgré sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, pour laquelle elle a fait appel.
Déterminée à se battre en justice pour tenter d’être malgré tout candidate en cas de dissolution, la « patronne » des députés RN fera sa rentrée politique dimanche dans son fief du Pas-de-Calais.
Le parti présidé par Jordan Bardella n’a pas attendu le séisme du vote de confiance voulu par François Bayrou pour préparer l’avenir, tirant les leçons des législatives anticipées de 2024 qui ont vu Matignon lui échapper malgré de gros scores au premier tour.
« Les choix de candidats ont été peaufinés, on a fait de la formation. On est bien mieux préparés qu’en juin 2024 », a déclaré à Reuters un cadre du parti sous couvert d’anonymat.
Le profil de certains candidats du parti d’extrême droite – mal préparés, peu au courant du programme ou auteurs de propos xénophobes, racistes ou antisémites -, a nui au RN, finalement dépassé par la gauche au second tour.
Ces « moutons noirs » – selon le terme utilisé par Jordan Bardella – ont mis à mal les efforts déployés depuis des années pour « dédiaboliser » le parti, gagner en crédibilité et prétendre diriger la deuxième économie de la zone euro.
85% DES CANDIDATS PRÉ-DÉSIGNÉS
Sous la houlette de la députée Edwige Diaz, le parti aux 130.000 adhérents revendiqués a accéléré le recrutement et la formation de ses futurs députés potentiels, ont indiqué à Reuters plusieurs sources au parti, qui évoque 85% de candidats choisis. « Quelques dizaines » manquent à l’appel, selon le député et porte-parole Laurent Jacobelli.
« Nous allons accélérer la finalisation de notre processus d’investitures », a dit Edwige Diaz à Reuters.
Le recrutement a été professionnalisé : chaque candidat en herbe doit remplir un dossier en ligne, fournir lettre de motivation, CV, attestation d’inscription sur les listes électorales et extrait de casier judiciaire.
S’ensuit un « grand oral » devant la commission composée d’une dizaine de responsables du RN, qui vérifie notamment la sincérité du candidat et sa connaissance du programme.
« Au dernier moment, avant l’investiture définitive, l’ensemble des circonscriptions sera passé au crible », a expliqué à Reuters sous couvert d’anonymat un candidat malheureux l’an dernier et désireux de retenter sa chance. « La commission va notamment vérifier que les candidats ont une présence militante active, participé aux formations, etc »
Du collage d’affiches à l’élaboration des lois en passant par le « media training », la formation a été enrichie au sein d’une famille politique jadis plus connue pour ses outrances que ses interviews soignées.
Une mue qui passe par un comportement irréprochable et un langage châtié, explique un conseiller de Marine Le Pen. « Nous disons aux députés : ‘vous ne pouvez pas dire ça, car nous sommes proches du pouvoir. Quand vous êtes à 5%, vous pouvez être excessif. Maintenant, ce n’est plus possible' », dit-il.
FORMATION EN LIGNE
Malgré « un tamis très serré » et « des points de contrôle nombreux » le risque zéro n’existe pas, reconnaît Laurent Jacobelli. « Mais si jamais quelqu’un s’avérait ne pas respecter notre programme, avoir des actes ou des propos répréhensibles, il ou elle serait désinvesti(e) ».
Signe de cette vigilance accrue : le RN n’a pas réinvesti Joseph Martin, candidat dans le Morbihan en 2024 accusé d’avoir écrit par le passé un message à caractère antisémite sur Twitter, ce que dément l’intéressé.
« Le RN m’a réhabilité après cette cabale. J’ai redemandé l’investiture mais ils me l’ont refusée, ce que je regrette puisque que je suis innocent. Cela dit, je ne leur en veux pas et j’ai renouvelé mon adhésion », a dit Joseph Martin à Reuters.
Un candidat pré-qualifié a confirmé à Reuters des informations de presse indiquant que le RN a fait appel à une société extérieure pour passer au crible les antécédents et l’activité de ses candidats sur les réseaux.
« Les procédures internes n’ont pas vocation à être communiquées », a dit à Reuters le député RN Julien Odoul. « Ce que je peux vous dire, c’est que nous sommes très vigilants sur les réseaux sociaux de nos candidats pré-investis. »
Au chapitre formation, le RN peut compter sur les services de Jérôme Sainte-Marie, directeur de l’institut de sondage PollingVox et délégué départemental dans les Hautes-Alpes, où il a manqué l’élection de peu en 2024.
Une quarantaine de ses podcasts – sur le penseur grec Xénophon, les Jacobins de la France révolutionnaire, entre autres – sont visibles sur Campus Héméra, un site internet public qui propose aussi des entretiens avec des journalistes et des cours sur des sujets aussi variés que le populisme, l’agriculture et la gestion de l’eau.
Pour Jérôme Sainte-Marie, qui aimerait de nouveau briguer la députation si l’occasion se présente, rien ne vaut le travail parlementaire.
« La meilleure des formations c’est l’Assemblée nationale », a-t-il dit à Reuters. « Avoir davantage de députés, d’attachés parlementaires, ça tire tout le monde vers le haut ».
(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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