Le patrimoine de l’Ukraine en grand péril, prévient l’Unesco
PARIS (Reuters) – L’Unesco a tiré vendredi la sonnette d’alarme concernant le patrimoine en Ukraine après avoir établi une première liste d’une cinquantaine de sites partiellement ou totalement détruits par la guerre.
Selon ce recensement – non exhaustif en raison du conflit – effectué en lien avec les autorités locales, 53 sites (29 sites religieux, 16 bâtiments historiques, quatre musées et quatre monuments) ont été touchés par les combats.
« Il est difficile d’avoir des informations précises, il faut être prudent. Nous avons des réunions de ‘damage control’ tous les jours et les chiffres augmentent », a déclaré le sous-directeur général de l’Unesco pour la Culture, Ernesto Ottone Ramirez, lors d’une conférence de presse au siège de l’institution onusienne à Paris. « Il y a un patrimoine de l’humanité qui est en péril. »
Pour ce qui est des sept sites ukrainiens inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, où figure la cathédrale Sainte-Sophie de Kyiv, « nous n’avons pas connaissance de dommage à ce jour, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas », dit un responsable de l’Unesco.
« Nous avons le devoir, pour les générations futures de tout faire pour essayer de sauver le patrimoine du pays », a dit Lazare Eloundou Assomo, directeur du Centre du Patrimoine mondial de l’Unesco, qui a fait part de son inquiétude pour la ville bombardée de Tchernihiv, qui abrite des édifices bâtis entre le IXe et le XIIIe siècles.
Pour tenter d’éviter d’autres destructions, l’Unesco et le gouvernement ukrainien ont mis en place un système de signalisation des sites à l’aide d’un marquage représentant un bouclier blanc et bleu.
L’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) demande en particulier le respect de la Convention de la Haye de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, dont l’Ukraine et la Russie sont signataires.
Les forces russes ont déclenché une invasion de l’Ukraine le 24 février dernier, ce que la Russie qualifie d' »opération spéciale ».
La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a écrit en mars au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour lui faire part de ses préoccupations concernant la préservation du patrimoine en Ukraine.
Après avoir indiqué qu’elle n’avait pas reçu de réponse, l’Unesco a précisé que l’ambassadeur de Russie auprès de l’Unesco avait répondu au nom de Sergueï Lavrov pour indiquer que la Fédération de Russie était « bien consciente de ses obligations dans le cadre du droit international humanitaire, y compris celui de la Convention de 1954 de la Haye ».
(Reportage Elizabeth Pineau)
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