La Russie rejette les accusations de crimes de guerre de la CPI
MOSCOU (Reuters) – La commissaire russe aux droits de l’enfant a rejeté mardi les accusations de la Cour pénale internationale (CPI) selon lesquelles elle aurait été responsable de la déportation illégale d’enfants d’Ukraine vers la Russie.
La CPI, basée à La Haye, a délivré le 17 mars des mandats d’arrêt à l’encontre du président Vladimir Poutine et de la commissaire aux droits de l’enfant Maria Lvova-Belova, accusés de crime de guerre pour la déportation d’enfants.
La Cour a déclaré disposer d’informations selon lesquelles des centaines d’enfants avaient été enlevés dans des orphelinats et des centres d’accueil pour enfants dans des régions de l’Ukraine revendiquées par la Russie. Certains de ces enfants, selon la CPI, ont été donnés en adoption en Russie.
Maria Lvova-Belova a affirmé lors d’une conférence de presse à Moscou que le consentement des parents des enfants avait toujours été demandé, que la commission agissait dans l’intérêt supérieur des enfants, et qu’il était plus juste de parler de tutelle que d’adoption.
Elle a rejeté les accusations selon lesquelles des enfants auraient été emmenés dans des camps pour une rééducation, et la commission dit ne pas avoir eu connaissance d’un seul cas où un enfant de l’est de l’Ukraine aurait été séparé de ses parents de sang pour être confié à un foyer d’accueil.
Donetsk et Louhansk, deux régions ukrainiennes annexées par la Russie, ont demandé à Moscou d’accepter des civils, y compris des orphelins et des enfants dont les parents sont portés disparus, a déclaré la commission russe.
Maria Lvova-Belova a ajouté que la Russie avait accueilli plus de 5 millions de réfugiés de la région ukrainienne du Donbass, dont 730.000 enfants, depuis le début du conflit en février 2022.
Il y a un an, le procureur de la CPI, Karim Khan, a ouvert une enquête sur d’éventuels crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis en Ukraine.
Par ailleurs, des chercheurs de l’université de Yale ont publié le mois dernier un rapport selon lequel la Russie aurait détenu au moins 6.000 enfants ukrainiens sur des sites situés en Crimée, territoire tenu par les Russes.
La convention des Nations unies définit le « transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre groupe » comme l’un des cinq actes pouvant faire l’objet de poursuites pour génocide.
(Reportage Guy Faulconbridge, version française Gaëlle Sheehan, édité par Kate Entringer)
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