La France veut « approfondir » ses relations avec l’Algérie malgré une nouvelle crise
PARIS (Reuters) – La France a dit jeudi vouloir continuer à « approfondir » ses relations avec l’Algérie, malgré la décision de cette dernière de rappeler son ambassadeur à Paris pour protester contre ce qu’elle présente comme « l’exfiltration clandestine et illégale » d’une de ses ressortissantes par les autorités françaises.
Alger a rappelé son ambassadeur pour consultations mercredi en reprochant à Paris d’avoir fait pression sur les autorités tunisiennes pour qu’elles permettent le départ vers la France d’Amira Bouraoui, une militante algérienne des droits de l’Homme, au lieu de l’extrader vers l’Algérie.
Arrêtée lors des grandes manifestations antigouvernementales en Algérie en 2019 et libérée l’année suivante, Amira Bouraoui, qui a aussi la nationalité française, était entrée illégalement sur le territoire tunisien en échappant à la surveillance de la justice algérienne, selon des médias français et algériens.
Le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, François Delmas, s’est refusé à tout commentaire sur la situation d’Amira Bouraoui, tout en rappelant qu’en tant que ressortissante française, elle avait droit à la protection consulaire, « comme tous nos compatriotes ».
Le rappel de l’ambassadeur d’Algérie a jeté un nouveau froid dans les relations entre les deux pays alors qu’Emmanuel Macron s’était rendu l’an dernier en Algérie pour tenter de tourner la page d’années de tensions avec son homologue Abdelmadjid Tebboune.
Le président algérien est d’ailleurs annoncé cette année à Paris, où le chef de l’armée algérienne, Saïd Chengriha, vient de passer trois jours pour évoquer notamment la situation sécuritaire au Sahel.
« Le rappel de l’ambassadeur est une décision algérienne, mais pour notre part, nous entendons continuer à travailler à l’approfondissement de notre relation bilatérale dans un partenariat renouvelé », a déclaré François Delmas à des journalistes.
(Reportage de John Irish, rédigé par Tangi Salaün, édité par Bertrand Boucey)
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