La Fed annonce que la reprise de l’économie reste en bonne voie malgré le COVID-19
par Howard Schneider et Ann Saphir
WASHINGTON (Reuters) – La Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé sa politique monétaire inchangée mercredi et s’est engagée à maintenir un soutien important pour garantir la reprise de l’économie, qui reste selon elle en bonne voie malgré la résurgence de la crise sanitaire du coronavirus.
Au cours d’une conférence de presse, le président de la Fed a déclaré que le marché de l’emploi avait encore « du chemin à parcourir » avant que la banque centrale ne procède au resserrement de ses mesures de soutien.
« Je voudrais voir des chiffres solides sur l’emploi » dans les mois à venir avant de réduire les 120 milliards de dollars d’achats mensuels de titres sur le marché que la Fed continue d’effectuer, a ajouté Jerome Powell.
Il a déclaré que le variant Delta du coronavirus aura des conséquences sanitaires importantes là où l’épidémie s’intensifie, mais que les répercussions économiques devraient être moins importantes que lors des précédentes vagues de la crise sanitaire.
En dépit de la multiplication par quatre des nouveaux cas de COVID-19 depuis la réunion de juin, la banque centrale a indiqué qu’elle croyait toujours que la campagne de vaccination permettrait d' »atténuer l’effet de la crise de santé publique sur l’économie » et d’atteindre une reprise solide.
« Grâce aux progrès réalisés en matière de vaccination et à un soutien politique fort, les indicateurs sur l’activité économique et l’emploi ont continué à se renforcer », a déclaré la Fed dans un communiqué adopté à l’unanimité et publié à l’issue de deux jours de débats.
Les responsables de la Fed ont également indiqué qu’ils poursuivaient les discussions sur le moment où ils réduiraient les achats d’actifs, un préalable à une éventuelle hausse des taux d’intérêt.
Le ‘tapering’ reste conditionné à l’observation de « progrès supplémentaires substantiels » vers la réalisation des objectifs de plein emploi et de stabilité des prix de la Fed.
« L’économie a fait des progrès, et le comité de politique monétaire continuera d’évaluer ces progrès lors des prochaines réunions », a déclaré la Fed dans des termes laissant entrevoir un éventuel ‘tapering’ plus tard cette année ou début 2022.
Jerome Powell a déclaré qu’aucune décision n’avait été prise sur le sujet, que ce soit au niveau du calendrier ou des modalités de la réduction.
Il a toutefois indiqué que l’institution réduira probablement les achats d’obligations et de prêts immobiliers titrisés (MBS) « au même moment », bien que certains membres souhaiteraient mettre fin aux 40 milliards de dollars d’achats mensuels de MBS plus rapidement qu’aux 80 milliards de dollars de titres du Trésor, en raison de la flambée du marché immobilier américain.
La hausse de l’inflation reste le résultat de facteurs passagers, a estimé Jerome Powell, qui a réaffirmé que la Fed se tenait prête à agir en cas de hausse importante et durable des prix.
PLUS OPTIMISTE
Outre le statu quo sur son programme d’achat d’actifs, l’objectif de taux des « fed funds », principal instrument de la politique monétaire de la Fed, reste fixé entre zéro et 0,25%.
Le communiqué de la Fed, « plus optimiste », ouvre la voie à une annonce de réduction des achats de titres lors de la réunion de septembre à condition que la croissance de l’emploi se renforce et que les dépenses des ménages ne soient pas freinées par la pandémie, a commenté Karim Basta, économiste en chef chez III Capital Management.
Admettre que des progrès ont été enregistrés vers les objectifs de la Fed « semble avoir pour but de leur donner l’option d’annoncer » un changement dans les achats d’actifs dès septembre, a ajouté l’économiste dans une note.
Les annonces de la Fed interviennent à la veille de la publication de la première estimation du produit intérieur brut américain au deuxième trimestre, qui devrait montrer une accélération de la croissance à 8,5% selon le consensus Reuters, et à deux jours de l’indice des prix « core PCE » de juin, la mesure de l’inflation privilégiée par l’institution.
Sur les marchés, les annonces de la Fed ont eu pour effet une baisse du dollar face à un panier de devises de référence et le rendement des Treasuries à dix ans a effacé ses gains après les avoir au préalable amplifié.
Parallèlement, à Wall Street, l’indice Standard & Poor’s 500 est passé en territoire positif, le Nasdaq augmentait ses gains et le Dow Jones réduisait ses pertes.
(Reportage Howard Schneider et Ann Saphir; version française Laetitia Volga, édité par Nicolas Delame et Jean Terzian)
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