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Brexit/Pêche: Macron et Johnson vont s’entretenir en marge du G20, dit Londres

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par Costas Pitas et Sarah Meyssonnier

LONDRES/LE HAVRE (Reuters) – Emmanuel Macron et Boris Johnson devraient avoir un entretien au cours du week-end en marge du G20 à Rome, ont annoncé vendredi les services du Premier ministre britannique, alors que l’affrontement entre la France et la Grande-Bretagne sur les zones de pêche dans la Manche après le Brexit ne montre aucun signe d’apaisement.

Le gouvernement britannique menace désormais de renforcer les contrôles des navires français en réponse à l’immobilisation au Havre d’un chalutier britannique, dont le capitaine a été convoqué par la justice française.

Le Premier ministre britannique va voir le président français en marge du G20, qui se déroule samedi et dimanche à Rome, a déclaré vendredi un porte-parole de Boris Johnson.

« Il abordera toute une série de sujets », a-t-il dit en ajoutant que la France restait un allié proche et solide de la Grande-Bretagne.

Paris n’a pas réagi à cette annonce dans l’immédiat.

La France reproche depuis de longs mois au Royaume-Uni d’avoir délivré à ses pêcheurs un nombre de licences insuffisant pour accéder aux eaux britanniques au vu des engagements pris par Londres à l’égard de l’Union européenne dans les accords encadrant le Brexit. Paris a fini par annoncer mercredi un premier train de mesures de représailles qui entreront en vigueur le 2 novembre.

Londres, qui conteste avoir restreint l’octroi de ces autorisations, compte riposter si les autorités françaises mettent à exécution leur menace de bloquer l’accès des navires britanniques à une majorité de ports français et de systématiser les contrôles douaniers et sanitaires sur les importations britanniques.

POUR LONDRES, L’UE RISQUE DE VIOLER LES ACCORDS DE BREXIT

L’ambassadrice de France à Londres a été convoquée par le ministère britannique des Affaires étrangères.

« Evidemment nous pouvons toujours accentuer l’exécution des contrôles des navires français, en arraisonner davantage si c’est ce que (les autorités françaises) font pour nos bateaux », a déclaré vendredi le ministre britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, George Eustice, à la télévision BBC.

« Nous pouvons aussi exiger d’autres procédures administratives aux bateaux, mais ce n’est pas quelque chose dans quoi nous souhaitons nous engager », a-t-il ajouté.

Lors d’une rencontre avec le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic, le ministre britannique chargé du Brexit, David Frost, a fait savoir, selon un porte-parole, que Londres pourrait déclencher le mécanisme de résolution des différends prévus par les accords de Brexit si la France prenait effectivement les mesures annoncées.

Les initiatives françaises placeraient l’Union européenne en situation de non-respect des accords de Brexit, a jugé David Frost.

Auparavant dans la journée, la Commission européenne (CE) a apporté son soutien à la France par la voix du commissaire français Thierry Breton, chargé du Marché intérieur.

« Les torts ne sont pas vraiment partagés pour l’instant », a-t-il jugé vendredi sur franceinfo. « Sur ce dossier, depuis le début (…) la bonne foi n’est pas du côté britannique et je crois que ce serait bien qu’on revienne un peu à la raison », a-t-il ajouté.

« EXASPÉRATION »

« Le soutien (de la CE) est là, il est là depuis le début », a assuré Thierry Breton en précisant comprendre « parfaitement » la position, voire « l’exaspération » des autorités françaises.

Selon la ministre française de la Mer, Annick Girardin, 184 licences sont manquantes par rapport au nombre de permis qui aurait dû être accordés aux pêcheurs français.

« Aujourd’hui la balle, elle est dans le camp des Britanniques. Si les Britanniques souhaitent octroyer ces licences, dès lors il n’y aura pas la mise en place ou il y aura l’arrêt de ces mesures de rétorsion », a souligné le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, vendredi sur France 2.

Concernant le Cornelis Gert Jan, le chalutier britannique immobilisé au Havre depuis jeudi pour avoir pêché sans autorisation dans les eaux françaises, les services du procureur de la ville ont annoncé vendredi que le capitaine du navire avait été convoqué à comparaître au tribunal correctionnel du Havre le 11 août 2022.

« Après vérification, le capitaine du navire ne disposait pas de l’autorisation requise pour pêcher en zone économique exclusive française », précise-t-on de même source.

Le chalutier spécialisé dans la pêche à la coquille Saint-Jacques, a été arraisonné et dérouté dans la nuit de mercredi à jeudi afin d’être immobilisé dans le port du Havre, dans le cadre du durcissement des contrôles déjà engagé par la France.

Les autorités britanniques assurent qu’il disposait d’une licence de pêche dans les eaux françaises et suggèrent qu’il pourrait s’agir d’une erreur administrative.

(Reportage Costas Pitas, Paul Sandle et William Schomberg à Londres, Sarah Meyssonnier au Havre, Layli Foroudi et Juliette Jabkhiro à Paris, rédigé par Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Bertrand Boucey)

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