Belgorod, la ville russe où l’Ukraine a importé la guerre
par Vladimir Soldatkin
BELGOROD/CHEBEKINO, Russie (Reuters) – Les sirènes d’alerte aérienne retentissent presque quotidiennement dans la ville russe de Belgorod, rappelant aux habitants que la guerre à grande échelle dans l’Ukraine voisine est aussi une réalité pour eux.
Si de larges pans du territoire ukrainien ont été dévastés par la guerre, la Russie est restée relativement épargnée à l’exception, notamment, de la ville de Belgorod, située à 40 km au nord de la frontière ukrainienne.
Une alerte aérienne y a interrompu le début de l’élection présidentielle russe vendredi, contraignant les responsables électoraux à se réfugier dans un bureau de vote et interrompant brièvement le scrutin, selon l’agence de presse RIA.
Vladimir Selezniov, un retraité témoin d’une attaque de missiles le 15 février dans la rue Plekhanov, et qui a tué sept personnes, juge difficile de s’habituer au danger.
« Bien sûr, la situation est compliquée, mais nous vivons près de la frontière. Dire nous nous y sommes habitués, cela serait exagéré », a-t-il déclaré à Reuters qui a pu visiter la ville, à laquelle les médias internationaux peuvent rarement accéder.
« Il est entendu que nous gagnerons, que nous l’emporterons, mais les habitants sont inquiets et préoccupés ».
Dans l’ancienne ville fortifiée de 300.000 habitants, des dizaines de civils ont été tués par des frappes de drones et de missiles lancés depuis l’Ukraine en riposte de l’invasion débutée en février 2022.
Kyiv affirme ne pas avoir ciblé de civils – tout comme Moscou, dont les frappes ont pourtant fait des milliers de morts parmi les civils et causé des centaines de milliards d’euros de dégâts.
Le 30 décembre 2023, des attaques de missiles lancés depuis l’Ukraine ont fait 25 morts et plus de 100 blessées à Belgorod.
Pas de quoi entacher la popularité, galvanisée par la guerre, du président Vladimir Poutine, à Belgorod comme ailleurs en Russie. Il devrait être largement réélu à la tête du pays à l’issue du scrutin qui se terminera le 17 mars.
PIED DE GUERRE
Pour les habitants de Belgorod, les perturbations sont fréquentes et la guerre bien visible, entre patrouilles de soldats et blocs de ciments placés aux arrêts de bus pour amortir d’éventuelles explosions.
Les cours dans les écoles primaires ne se font plus qu’en ligne, tandis que ceux du secondaires sont dispensés en ligne et en classe – un modèle hybride aussi adopté par de nombreuses écoles ukrainiennes.
Les autobus s’arrêtent dès le début d’une alerte, obligeant les passagers à descendre et à marcher. Faire les courses peut s’avérer compliqué et les rendez-vous sont souvent annulés. Des milliers de personnes ont quitté la région pour échapper au danger.
À Belgorod, des groupes de volontaires civils soutiennent les soldats, un phénomène habituel en Russie et en Ukraine.
Galina, qui collecte et envoie à l’armée des articles d’hygiène et des outils pour creuser des tranchées, explique qu’elle contribue à mettre un terme au conflit.
« Il n’y a pas d’autres options », explique Galina, qui considère nécessaire la « dénazification » de l’Ukraine – reprenant la rhétorique du Kremlin jugée absurde par les alliés de Kyiv.
« Je pense que le travail (que Vladimir Poutine) a commencé doit être achevé », poursuit-elle.
INCURSIONS TRANSFRONTALIÈRES
Le ministère russe de la Défense a déclaré vendredi que ses forces avaient déjoué une tentative d’attaque de l’Ukraine dans la région de Belgorod jeudi.
L’Ukraine a héliporté jusqu’à 30 soldats près du village frontalier de Kozinka, qui ont été repoussés par les soldats russes et les gardes-frontières, explique le ministère dans un communiqué.
Les autorités ukrainiennes ont déclaré vendredi que deux provinces frontalières russes, Belgorod et Koursk, étaient attaquées par des groupes armés russes anti-Kremlin basés en Ukraine.
La ville de Chebekino, située à environ 7 km de la frontière dans la région de Belgorod, a été frappée par des obus en mai et juin 2023 tirés par des groupes infiltrés en Russie. Les routes sont accidentées en raison des impacts, et des bâtiments ont été endommagés.
À l’époque, le gouverneur régional, Viatcheslav Gladkov, a fait escorter environ 600 enfants depuis Chebekino et Graïvoron vers les villes de Iaroslavl et Kalouga, loin de la frontière ukrainienne.
Valentina, retraitée, a également quitté Chebekino l’été dernier, pressée par sa fille, avant d’y revenir.
Elle espère que la guerre se terminera bientôt et que les habitants qui l’ont quittée reviendront à Chebekino.
« Tout le monde veut rentrer chez soi », explique Valentina, qui précise qu’elle votera pour Poutine. « Il doit finir cette guerre ».
(Reportage Vladimir Soldatkin, version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)
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