Wall Street vue en hausse, l’Europe rebondit aussi
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en hausse lundi avec l’espoir d’une baisse des taux directeurs après les indicateurs décevants sur l’emploi américain, tandis que les Bourses européennes profitent à la mi-séance d’achats à bon compte après les ventes massives de vendredi. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,64% pour le Dow Jones, de 0,67% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,79% pour le Nasdaq après la nette baisse de vendredi liée au rapport sur l’emploi américain et aux droits de douane imposés par le président Donald Trump.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,81% à 7.606,98 points vers 10h40 GMT après une perte de 2,91% vendredi. À Francfort, le Dax avance de 1,19% et à Londres, le FTSE prend 0,32%. L’indice SMI à la Bourse de Zurich est en revanche dans le rouge (-0,67%) après que Donald Trump a décidé d’imposer à la Suisse des droits de douane de 39%, l’un des taux les plus élevés, à compter du 7 août.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 0,55% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,19%. Le Stoxx 600, qui a accusé vendredi son plus important repli journalier (-1,81%) en plus de trois mois, rebondit de 0,53%.
Le rapport mensuel du département américain du Travail, publié vendredi, a montré que l’économie avait créé moins d’emplois que prévu en juillet, soit 73.000 après 14.000 en juin (chiffre révisé de 147.000) et un consensus Reuters à 110.000. Ce chiffre inférieur aux attentes et la révision des données du mois de juin ont secoué vendredi les indices boursiers et fait baisser le dollar.
Mais lundi, une fragile stabilité semble revenue sur les marchés alors que la probabilité d’une baisse en septembre des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) a parallèlement grimpé à 85% contre 63,1% il y a une semaine.
« Je pense que le principal enseignement à tirer de tout cela est la révision nette. Nous avons tous vu des chiffres du rapport sur l’emploi décevants par le passé, que nous pouvons expliquer comme étant ponctuels, mais une révision nette à la baisse aussi importante suggère qu’il pourrait bien s’agir d’un affaiblissement plus prononcé des conditions du marché du travail », note Michael Brown, stratège marchés chez Pepperstone.
L’annonce vendredi du départ d’Adriana Kugler, gouverneure de la Fed, a également ajouté aux incertitudes, le marché redoutant un bouleversement du processus de succession de Jerome Powell, le patron de la banque centrale, régulièrement critiqué par Donald Trump.
Signe néanmoins d’une atténuation de la peur sur les marchés lundi, l’indice VIX de la volatilité à Wall Street recule de plus de 7%, tandis que son équivalent sur l’EuroStoxx cède près de 9%. Pratiquement tous les grands compartiments du Stoxx 600 sont dans le vert, la finance (+0,23%) et les nouvelles technologies (+0,90%) étant en tête.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Tesla monte de 2,5% en avant-Bourse après l’attribution de 96 millions d’actions à son directeur général, Elon Musk.
L’action CommScope s’envole de plus de 45% en avant-Bourse après une information du Wall Street Journal selon laquelle Amphenol est sur le point de racheter la division connectivité et câbles du fournisseur d’infrastructures de réseaux de communication pour environ 10 milliards de dollars.
VALEURS EN EUROPE
Air France-KLM bondit de 7,10% à la faveur d’un relèvement de recommandation de Barclays, l’intermédiaire citant une hausse des revenus unitaires par passagers, la reprise par Transavia du service Air France La Navette d’Orly et la consolidation à venir de son concurrent scandinave SAS.
Les industriels suisses comme Swatch (-2,0%), Richemont (-1,42%), Novartis (-0,40%) et Roche (1,94%) sont dans le rouge après l’annonce des droits de douane américains contre la Suisse.
Les valeurs bancaires Lloyds (+7,65%), Close Brothers (+21,51%), Barclays (+1,96%), Bank of Ireland (+3,67%) et Santander (+2,80%) sont bien orientées, la Cour suprême du Royaume-Uni ayant annulé vendredi une décision de 2024 qui avait provoqué une onde de choc dans le secteur du financement automobile et pesé lourdement sur les actions des acteurs les plus exposés.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est pratiquement stable lundi, prenant deux points de base, à 4,2395%, après avoir touché vendredi un creux de cinq semaines. Celui à deux ans est également pratiquement inchangé lundi, à 3,7019%, après une chute de 24 points de base vendredi, au plus bas depuis le 1er mai. Ils ont réagi vendredi aux anticipations d’une baisse des taux directeurs de la Fed après le rapport sur l’emploi américain.
Le rendement du Bund allemand à dix ans cède 1,7 point de base, à 2,659%, et celui à deux ans ne varie pratiquement pas, à 1,8997%.
CHANGES
Le dollar recule encore lundi, de 0,27% face à un panier de devises internationales, avec une perte de 1,3% vendredi. Le billet vert est affecté par le rapport sur l’emploi et la décision de Donald Trump de limoger la responsable des statistiques du département du Travail (BLS), Erika McEntarfer, ce qui pousse les investisseurs à miser davantage sur une baisse imminente des taux directeurs.
Donald Trump a déclaré dimanche qu’il annoncerait un candidat pour occuper le poste désormais vacant à la Fed et un nouveau directeur du BLS dans les prochains jours.
L’euro abandonne 0,23%, à 1,558 dollar, après avoir pris environ 1,5% vendredi
La livre sterling est stable, à 1,3272 dollar (-0,02%).
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en net repli lundi après que l’Opep+ a décidé d’une nouvelle hausse importante de sa production en septembre, même si les traders restent méfiants quant à d’éventuelles nouvelles sanctions américaines contre la Russie.
Le Brent perd 1,16% à 68,86 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 1,29% à 66,47 dollars.
PRINCIPAL INDICATEUR ÉCONOMIQUE RESTANT À L’AGENDA DU 4 AOÛT :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 14h00 Commandes à l’industrie juin -4,8% +8,2%
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
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