Wall Street vue en légère hausse, l’Europe profite du recul des cours du pétrole
par Diana Mandia
24 juillet (Reuters) – Wall Street est attendue sur en légère hausse et les Bourses européennes rebondissent vendredi à mi-séance après une séance difficile la veille, le léger recul des cours du pétrole offrant un répit malgré les craintes inflationnistes liées à la poursuite des frappes au Moyen-Orient.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,44% pour le Dow Jones, de 0,2% pour le Standard & Poor’s-500 et de 0,09% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,27% à 8.321,34 points vers 11h27 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,69% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,10%.
L’indice EuroStoxx 50 progresse de 0,57%, le FTSEurofirst 300 de 0,36% et le Stoxx 600 de 0,31%.
Les actions évoluent sur une note bien plus favorable lors de cette dernière séance de la semaine, regagnant une partie du terrain perdu jeudi, même si la pression reste intense sur les voies d’approvisionnement en pétrole au Moyen-Orient depuis la reprise des attaques entre les États-Unis et l’Iran.
Les cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du marché, ont dépassé jeudi les 100 dollars le baril, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis fin mai, ravivant les craintes d’une nouvelle remontée de l’inflation à l’avenir.
Vendredi, le Brent recule de 3% à 97,67 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 2,5% à 89,81 dollars, ce qui contribue à la détente d’un marché obligataire sous pression.
La hausse hebdomadaire devrait toutefois s’élever à environ 10% pour le contrat européen et à 9% pour le contrat américain.
Le blocage du détroit de Bab el-Mandeb, à l’extrémité sud de la mer Rouge, par les Houthis, alignés sur l’Iran, vient jeter une ombre de plus sur l’approvisionnement mondial en pétrole, déjà perturbé par le nouveau blocus d’Ormuz, ainsi que sur les perspectives de paix, alors que les attaques se poursuivent de part et d’autre.
La crainte d’une vague inflationniste reste donc bien présente, tant sur les marchés que parmi les banquiers centraux. Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a confirmé ses taux mais laissé la porte ouverture à un relèvement en septembre pour freiner l’augmentation des prix, ce qui en ferait serait le deuxième lié au conflit, après celui de juin.
Trois responsables de la BCE, dont le président de la Bundesbank allemande, Joachim Nagel, ont déclaré vendredi que Francfort pourrait être contrainte de relever à nouveau ses taux en raison des risques élevés d’inflation.
Les marchés anticipent une hausse de 25 points de base en septembre et à environ 70% la probabilité d’une autre avant la fin de l’année, selon les données compilées par LSEG.
La politique monétaire restera au coeur de l’attention des marchés, d’autant plus que la Réserve fédérale (Fed), la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ) se réuniront la semaine prochaine.
Sur le front des données, l’activité économique dans la zone euro a renoué avec la croissance en juillet pour la première fois en quatre mois, mais la forte inflation et la reprise du conflit au Moyen-Orient jettent une ombre sur les perspectives.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
La Bourse de New York devrait ouvrir en légère hausse vendredi après que les résultats d’Alphabet et Tesla ont déclenché une vague de ventes dans le secteur technologique lors de la séance précédente.
L’action Intel est indiquée dans le vert après avoir publié des résultats supérieurs aux prévisions.
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Carrefour perd 4%, le géant de la distribution française ayant fait état jeudi soir d’un résultat opérationnel courant (ROC) inférieur aux estimations.
Argan grimpe de plus de 15% au lendemain de l’annonce du projet de rapprochement du groupe logistique français avec son homologue européen WDP.
Ailleurs en Europe, SAP avance de 5,5%, le groupe allemand de logiciels ayant fait état d’une croissance de son carnet de commandes « cloud » supérieure aux prévisions au deuxième trimestre
Le groupe néerlandais de conseil en ingénierie Arcadis, qui a annoncé vendredi avoir reçu une deuxième offre publique d’achat non sollicitée de la part de son homologue canadien WSP Global, gagne 3,7%
Volkswagen, qui a déclaré vendredi ne plus s’attendre à enregistrer une croissance cette année, renonçant à sa prévision précédente, recule de 1,5%.
TAUX
Les taux obligataires reculent après avoir atteint jeudi, dans certains cas, leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs années, en raison des craintes inflationnistes, mais aussi de la situation des finances publiques.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 1,8 points de base à 4,6852%, tandis que celui du titre à deux ans cède 2,7 points de base à 4,3327%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans abandonne 2,3 points de base à 3,1879% et le deux ans 4,4 points de base pour s’établir à 2,8466%.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans perd 4 points de base et ressort à 3,9883%, repassant ainsi sous la barre des 4% atteinte la veille pour la première fois depuis la crise financière mondiale de la fin des années 2000.
« Il n’y a pas un seuil à partir duquel où ça crée une difficulté, c’est plutôt la tendance. Et effectivement, la hausse des taux elle pèse sur la charge d’intérêt et donc elle réduit les marges de manoeuvre budgétaire. C’est pour ça qui est absolument nécessaire d’avoir une stratégie crédible de réduction des déficits et de réduction de la dette », a déclaré vendredi Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France (BdF), sur BFM Business.
CHANGES Le dollar perd 0,07% face à un panier de devises de référence, après s’être apprécié la veille avec la flambée des cours du pétrole, qui laisse présager une politique plus restrictive de la Fed.
L’euro gagne 0,07% à 1,1384 dollar.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L’AGENDA DU 24 JUILLET
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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