La BCE relève à nouveau ses taux d’intérêt, l’inflation persiste
11 septembre (Reuters) – La Banque centrale européenne (BCE) a, comme prévu, relevé jeudi ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année, la poursuite du conflit au Moyen-Orient menaçant de maintenir l’inflation au-dessus de l’objectif pendant une période plus longue.
Cette décision, largement anticipée par les économistes et les marchés, fait passer le taux de dépôt de 2,25% à 2,50%, celui du refinancement de 2,40% à 2,65% et celui du prêt marginal de 2,65% à 2,90%.
« Le conflit au Moyen-Orient continue d’engendrer des pressions inflationnistes, et l’inflation devrait rester bien au-dessus de l’objectif pendant une période prolongée », a souligné la banque centrale dans son communiqué de politique monétaire.
L’inflation dans la zone euro s’est accélérée pour atteindre 3,3% le mois dernier, principalement en raison de la hausse des coûts énergétiques liée aux perturbations de la navigation dans le détroit stratégique d’Ormuz, tandis que la dernière escalade du conflit au Moyen-Orient a de nouveau fait grimper le prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril cette semaine.
« Le choc énergétique pourrait encore s’aggraver, et son impact sur les autres prix et les salaires pourrait être plus important que prévu actuellement », a averti Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de sa traditionnelle conférence de presse à l’issue de la décision.
Elle a souligné que les perspectives restaient « très incertaines ».
La BCE, qui s’est réunie cette fois-ci à Berlin à l’occasion de son conclave annuel hors de son siège habituel de Francfort, a également revu à la hausse certaines de ses prévisions d’inflation, laissant entendre qu’elle s’attend à ce que le choc énergétique provoqué par la guerre ne s’estompe que lentement.
La banque centrale table sur une inflation de 3% cette année, comme lors de sa dernière prévision de juin, mais de 2,5% l’année prochaine, soit un niveau supérieur aux 2,3% estimés auparavant. Les prix devraient ensuite ralentir pour s’établir à 2,1% en 2028.
Il est toutefois peu probable que ces prévisions tiennent pleinement compte de la dernière flambée des prix de l’énergie, en particulier ceux du gaz naturel, dont dépendent de nombreux pays européens pour le chauffage.
LES MARCHÉS S’ATTENDENT À PLUS
Les opérateurs ont renforcé leurs paris sur de nouvelles hausses des taux et tablent désormais en moyenne sur une augmentation supplémentaire d’environ 80 points de base d’ici fin 2027, contre un peu moins de 70 points de base avant l’annonce.
« Dans l’ensemble, la décision d’aujourd’hui indique que le Conseil des gouverneurs est de moins en moins convaincu que 2,5% soit nécessairement le point d’arrivée de ce cycle », souligne Felix Feather, économiste chez Aberdeen.
Sur les marchés financiers, les rendements obligataires ont amplifié leurs gains après la décision de la BCE, dans un contexte également marqué par la flambée du prix du baril de Brent.
Les rendements obligataires à long terme atteignent des sommets jamais vus depuis la crise financière, ce qui reflète non seulement les craintes inflationnistes, mais aussi les inquiétudes concernant la hausse vertigineuse de la dette publique.
« Ce n’est pas un problème propre à l’euro. Ce phénomène s’observe partout dans le monde et résulte de multiples causes », a défendu la cheffe de la banque centrale, ajoutant que cette progression était intégrée dans les projections de l’institution.
Du côté de la croissance, la BCE prévoit désormais que l’économie de la zone euro progressera de 0,9% en 2026, contre une estimation de 0,8% auparavant, de 1,4% en 2027 et de 1,5% en 2028.
L’économie du bloc s’est révélée plus solide que prévu et la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 0,6% au deuxième trimestre, plus forte qu’initialement annoncé.
Cette résilience, soulignée par Christine Lagarde, pourrait finalement offrir une plus grande marge de manoeuvre à la banque centrale pour lutter contre la hausse des prix.
« Plus important encore que la décision elle-même, c’est que la BCE a profité de cette réunion pour reconnaître que l’économie est plus solide et que les perspectives d’inflation sont plus tenaces qu’elle ne l’avait prévu il y a encore quelques mois », a déclaré Felix Feather, économiste chez Aberdeen.
Francfort a relevé ses coûts d’emprunt en juin pour la première fois depuis près de trois ans, une mesure visant à freiner l’inflation dont le rythme s’accélérait depuis le début de la guerre, fin février.
(Reportage Francesco Canepa et Balazs Koranyi, version française Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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