L’Europe vue en ordre dispersé, l’optimisme suscité par la trêve au Moyen-Orient s’estompe
par Diana Mandia et Coralie Lamarque
9 avril (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en ordre dispersé jeudi à l’ouverture, les fissures dans la fragile trêve en Iran entraînant une nouvelle hausse des cours du pétrole et rappelant aux investisseurs que les répercussions inflationnistes sont parties pour durer.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,19% à l’ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,39% pour le Dax à Francfort, une hausse de 0,4% pour le FTSE à Londres et un léger recul de 0,08% pour le Stoxx 600.
Au Moyen-Orient, tandis que l’Iran et les États-Unis ont annoncé un cessez-le-feu de deux semaines dans la nuit de mardi à mercredi, un doute plane sur sa concrétisation après de vastes bombardements meurtriers effectués mercredi par Israël à travers le Liban.
Alors que les cours du pétrole ont chuté pour repasser sous la barre des 100 dollars le baril à la suite de l’annonce du cessez-le-feu, les prix repartent à la hausse jeudi, ce qui risque d’affecter le moral du marché.
Le détroit d’Ormuz reste au coeur des préoccupations : malgré la trêve, il reste fermé aux bateaux ne disposant pas du permis approprié, tandis que les transporteurs désireux de reprendre la navigation ont dit être en quête de davantage de clarté au préalable.
« Un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par un corridor qui reste, dans les faits, sous l’influence de l’une des parties au conflit (…) On ne peut pas parler de stabilité », dit Nigel Green, directeur général de deVere.
« Il n’est pas nécessaire d’imposer un blocus total pour que les marchés pétroliers repartent en flèche », ajoute-t-il.
Le Brent progresse de 2,63% à 97,24 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 3,5% à 97,71 dollars.
Les prix du pétrole restent supérieurs de 40% à leur niveau d’avant le conflit, et l’inflation qui en découle continue de causer des maux de tête aux investisseurs et aux responsables de la politique monétaire.
Dans la zone euro, si les opérateurs ont revu à la baisse leurs anticipations concernant de futures hausses des taux d’intérêt à la suite de l’accord de cessez-le-feu, ils continuent de tabler sur un resserrement avant la fin de l’année, compte tenu des incertitudes qui persistent.
Aux Etats-Unis, davantage de responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont estimé le mois dernier que des hausses des taux d’intérêt pourraient s’avérer nécessaires pour lutter contre l’inflation, montre le compte-rendu de la réunion des 17 et 18 mars publié mercredi.
LES VALEURS À SUIVRE :
À WALL STREET
La Bourse de New York a fini en hausse mercredi, après que Washington et Téhéran sont convenus de respecter un cessez-le-feu de deux semaines.
L’indice Dow Jones a gagné 2,85%, ou 1 325,46 points, à 47.909,92 points.
Le Standard & Poor’s 500, plus large, a pris 165,96 points, soit 2,51% à 6.782,81 points.
Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 617,15 points, soit 2,80% à 22.634,995 points.
EN ASIE
Au Japon, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo recule de 0,8% après la forte hausse de la veille (+5,4%), l’euphorie initiale suscitée par un cessez-le-feu au Moyen-Orient ayant cédé la place à la prudence.
Le Kospi de la Bourse de Séoul perd à son tour 1,61%.
Les économies asiatiques, qui dépendent fortement du pétrole du Moyen-Orient, suivent de près la mise en oeuvre du cessez-le-feu, craignant que cette trêve fragile ne tourne à l’échec.
Le ministre sud-coréen des Finances a déclaré que le gouvernement annoncerait des mesures complémentaires concernant le plafonnement des prix de gros des carburants dans le pays plus tard dans la journée.
Les Bourses reculent également en Chine, l’indice CSI 300 des grandes capitalisations cède 0,64% le SSE Composite de Shanghaï perd 0,73%.
La Bourse de Hong Kong abandonne 0,35%.
TAUX/CHANGES
Les rendements obligataires aux États-Unis affichent de légères fluctuations ce matin, après avoir reculé mercredi sous l’effet de l’optimisme suscité par la trêve au Moyen-Orient.
Toutefois, les nombreuses incertitudes quant à l’avenir de l’accord maintiennent les prévisions d’un resserrement de la politique monétaire par les banques centrales cette année afin de contrer les pressions inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans est quasi stable, ressortant à 4,2912%.
Après avoir subi des pertes généralisées la veille, le billet vert reste fragile jeudi, les investisseurs s’interrogeant sur la viabilité du cessez-le-feu.
Le dollar perd 0,09% face à un panier de devises de référence, tandis que l’euro grapille 0,02% à 1,1664 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 9 AVRIL
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 06h00 Production industrielle février +0,7% -0,5%
– sur un an n.d. -1,09%
DE 06h00 Balance commerciale février €18,5 mds €21,2 mds
– importations +4,0% -2,3%
– exportations +1,0% -5,9%
USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au semaine au 210.000 202.000
chômage 4 avril
USA 12h30 Revenus des ménages février +0,3% +0,4%
Dépenses de consommation +0,5% +0,4%
Indice PCE des prix +0,4% +0,3%
– sur un an +2,8% +2,8%
USA 12h30 Croissance du PIB (définitif) T4 +0,7% +0,7%*
*estimation précédente
(Rédigé par Diana Mandiá et Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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