L’Europe finit en ordre dispersé malgré le coup de pouce de Wall Street
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes, plombées par les nouvelles technologies et l’immobilier, ont terminé en ordre dispersé jeudi, tandis que Wall Street était dans le vert à mi-séance, rassurée par la statistique des demandes d’allocation chômage qui éloigne la perspective d’une récession prochaine dans la première économie mondiale.
À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 0,26% à 7.247,45 points avec des baisses notables pour Téléperformance (-4,47%), L’Oréal (-1,28%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-0,98%). Le Footsie britannique a abandonné 0,27% avec notamment une chute de 4,01% pour BT Group. Le Dax allemand a en revanche progressé de 0,29%.
L’indice EuroStoxx 50 a grignoté 0,01%. Le FTSEurofirst 300 a pris 0,06% et le Stoxx 600 a grappillé 0,08%.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones avance de 1,34%, le Standard & Poor’s 500 de 1,79% et le Nasdaq de 2,26%, les indices étant tirés par un indicateur sur l’emploi aux Etats-Unis qui donne à penser que le risque d’une récession n’est pas imminent.
Le département américain du Travail a indiqué jeudi que les inscriptions au chômage avaient diminué la semaine dernière à 233.000 après 250.000 la semaine précédente et un consensus de 240.000.
Le nombre plus faible que prévu d’Américains demandant des allocations chômage rassure les investisseurs après le rapport mensuel sur l’emploi américain de la semaine dernière qui a déclenché une vente panique des actions sur les marchés mondiaux.
« Depuis le rapport sur l’emploi de vendredi, tout le monde s’inquiète d’une récession (…). Les demandes d’indemnisation ont été inférieures aux prévisions, atténuant en partie les craintes d’un retournement complet du marché du travail », souligne Thomas Hayes, président de Great Hill Capital.
Pour Florian Ielpo, responsable macroéconomie chez Lombard Odier Investment Managers, les chiffres des inscriptions au chômage aux Etats-Unis ne sont cependant pas évidents à interpréter.
« Il est difficile de lire un message significatif dans ces données », a-t-il dit. « Au moins, le dernier chiffre reste comparable au précédent, sans inverser la tendance à la hausse des inscriptions hebdomadaires au chômage », a-t-il ajouté.
L’appétit pour les actifs risqués reste de fait mesuré comme en témoignent les niveaux toujours élevés des indices de la volatilité à Wall Street (à environ 25 points) et sur l’EuroStoxx (autour de 22 points).
Avant l’indicateur du jour sur l’emploi américain, JPMorgan a relevé la probabilité d’une récession aux Etats-Unis d’ici la fin de cette année, passant de 25% à 35%, citant l’assouplissement des pressions sur le marché du travail.
Parallèlement, au Japon d’où est partie également la récente crise sur les marchés financiers, le compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) suggère de nouvelles hausses de taux, ravivant la prudence sur les actifs risqués.
Le rebond à Wall Street n’a pas profité pleinement à l’Europe où les indices boursiers ont réduit leurs pertes sans tous parvenir à basculer dans le vert en clôture, plombés notamment par le compartiment de l’immobilier (-0,68%) et celui des nouvelles technologies (-0,10%) dans le sillage de la baisse du secteur en Asie.
VALEURS EN EUROPE
Deutsche Telekom a gagné 1,88%, l’opérateur télécoms ayant annoncé une augmentation de 7,8% de son bénéfice d’exploitation au deuxième trimestre, conformément au consensus des analystes.
Allianz a fini dans le vert (+1,59%) après une hausse de 7,5% de son bénéfice net au deuxième trimestre.
Zurich Insurance a reculé de 1,25%, affecté par les inquiétudes sur les pertes liées aux catastrophes naturelles qui ont pris le pas sur la publication d’un bénéfice record au premier semestre.
Deliveroo a grimpé de 10,51% après avoir fait état d’un bénéfice supérieur au consensus au premier semestre et annoncé un plan de rachat d’actions.
Entain a avancé de 5,08%, le groupe britannique de jeux d’argent ayant relevé jeudi ses prévisions annuelles après une performance meilleure que prévu au deuxième trimestre.
CHANGES
Le dollar monte légèrement, de 0,12%, face à un panier de devises de référence après l’indicateur sur l’emploi. Il est toutefois toujours proche du creux de huit mois touché lundi à 102,69 points.
L’euro recule de 0,07% à 1,0914 dollar, tandis que la livre sterling prend 0,4% à 1,2741 dollar.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini pratiquement stable, à 2,271%, au lendemain de sa plus importante hausse en une séance depuis cinq semaines.
Celui des bons du Trésor américain à dix ans prend 2,4 points de base, à 3,9915%, après la publication des chiffres des allocations au chômage.
« Il s’agit d’un résultat très positif pour les marchés dans leur ensemble. Cela renforce le fait que la dynamique du marché du travail ne ralentit pas autant que le rapport sur l’emploi l’indique, et cela renforce également l’absence de licenciements très importants dans l’économie », a déclaré Gennadiy Goldberg, responsable de la stratégie taux américains chez TD Securities.
Les rendements obligataires avaient chuté après le rapport mensuel sur l’emploi publié vendredi dernier qui faisait état d’une augmentation inattendue du taux de chômage.
PÉTROLE
Le marché pétrolier continue de monter après deux séances de hausse, les risques liés à l’approvisionnement au Moyen-Orient l’emportant sur les craintes quant à la demande mondiale.
Le Brent progresse de 0,55% à 78,77 dollars le baril, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 1% à 75,97 dollars.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
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