L’Europe finit dans le rouge, pétrole et rendements assombrissent à nouveau le sentiment
par Diana Mandia
8 octobre (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, les tensions au Moyen-Orient ayant entraîné une hausse de 5% des prix du pétrole et provoqué une forte volatilité des rendements obligataires, déjà sous pression en raison des craintes budgétaires.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,51% à 7.729,69 points, son plus bas niveau de clôture depuis le 27 mars dernier. À Francfort, le Dax a reculé de de 1,12% et à Londres, le FTSE 100 a perdu 0,16%.
L’indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,79%, le FTSEurofirst 300 a abandonné 0,74% et le Stoxx 600 a perdu 0,72%.
La vague mondiale de ventes d’obligations, qui propulse les rendements de la dette souveraine à des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies, s’est poursuivie jeudi, mettant en évidence les inquiétudes des investisseurs face à l’instabilité provoquée par le conflit au Moyen-Orient et aux craintes concernant les prix et l’évolution budgétaire des États.
Les attaques contre les navires transitant dans le Golfe se sont multipliées et la possibilité d’une nouvelle escalade militaire américaine contre l’Iran continue d’inquiéter les opérateurs alors que l’impasse diplomatique se prolonge.
Les hostilités entre les Houthis, alliés de Téhéran, et l’Arabie saoudite, suscitent également des inquiétudes, car les rebelles yéménites menacent le détroit de Bab el-Mandeb, un axe aussi essentiel pour le commerce mondial que celui d’Ormuz.
Si la flambée des cours du pétrole qui en résulte entretient les craintes d’inflation, plusieurs responsables des banques centrales ont tenu jeudi à rassurer.
Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed), a dit qu’il existe une « certaine souplesse » quant au rythme du resserrement monétaire envisagé par l’institution, qui a relevé ses taux en septembre pour la première fois en plus de trois ans.
Ce message ne diffère guère de ceux transmis tout au long de la journée par plusieurs responsables de la Banque centrale européenne (BCE). Pour Primoz Dolenc, membre du Conseil des gouverneurs, le moment et l’ampleur d’une nouvelle hausse restent trop incertains, tandis que Philip Lane, chef économiste, a dit que la politique budgétaire risque de constituer un frein dans les années à venir, tant pour la croissance que pour les prix.
Les économistes interrogés par Reuters estiment que la BCE doit maintenir son taux de dépôt à 2,50% ce mois-ci, mais le relever de 25 points de base en décembre.
Selon le compte-rendu de la dernière réunion de la BCE, publié jeudi, l’institut basé à Francfort a jugé essentiel de ne de ne pas laisser entendre que de nouvelles hausses de taux étaient à prévoir, afin de garder toutes les options ouvertes.
Un scénario très similaire est prévu aux États-Unis, où la plupart des opérateurs s’attendent à ce que la Fed maintienne ses taux inchangés lors de sa réunion d’octobre pour les augmenter ensuite.
Quoi qu’il en soit, les craintes budgétaires risquent de continuer à entraîner de fortes fluctuations des taux d’intérêt de la dette souveraine, notamment dans les États les plus endettés.
« La France apparaît malheureusement comme le maillon faible, avec une trajectoire budgétaire hors de contrôle, mais surtout décalée par rapport à ses pairs dans la zone euro. L’année 2027 devait permettre de clarifier le paysage politique et de faire espérer le retour à une stabilité politique, mais les marchés n’ont pas cette patience », écrit Olivier Guillou, directeur de la gestion d’Ecofi.
VALEURS
À Paris, Opmobility a plongé de plus de 20%, l’équipementier automobile ayant abaissé ses objectifs 2026 et annoncé des projets de réorganisation susceptibles d’entraîner la suppression d’environ 770 postes en France et en Allemagne.
Ses concurrents Forvia et Valeo ont perdu 10% et 7,45% respectivement, tandis que l’indice de l’automobile sur le Stoxx 600 a abandonné 2,06%, Renault abandonnant 2,6% à Paris et 2,9% à Milan.
Les banques européennes ont également terminé la séance dans le rouge, les turbulences obligataires ravivant les inquiétudes quant à d’éventuelles pertes sur les portefeuilles de dette souveraine. Le compartiment sectoriel a fini sur une baisse de 1,93%.
Le titre Argenx a pour sa part chuté de plus de 15%, la société biopharmaceutique ayant mis fin à un essai clinique sur la maladie de Sjögren.
Tesco a en revanche pris 5,1% à Londres après avoir relevé le bas de la fourchette de sa prévision de bénéfice annuel.
A WALL STREET
Les indices de la Bourse de New York sont dans le rouge à l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perdant 0,37%, le Standard & Poor’s 500 0,39% et le Nasdaq Composite 0,66%.
L’action de la chaîne de cafés Starbucks chute de 3% après que le Financial Times a rapporté que le groupe a envisagé le rachat de Chipotle Mexican Grill (+6,8%).
LES INDICATEURS DU JOUR
Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont reculé à 197.000 lors de la semaine au 3 octobre, a annoncé jeudi le département du Travail, ce qui témoigne d’une stabilité persistante du marché du travail malgré le ralentissement de la croissance de l’emploi en septembre.
Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage se maintiennent désormais à un niveau proche de leur plus bas niveau depuis 57 ans pour la quatrième semaine consécutive, dans un contexte de licenciements à un niveau historiquement bas.
En Allemagne, le gouvernement allemand a revu à la hausse ses prévisions économiques pour cette année et l’année prochaine, la guerre en Iran n’ayant pas un impact aussi sévère qu’initialement redouté. Berlin anticipe désormais une prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,3% pour cette année et de 1,1% en 2027.
TAUX
Les rendements ont connu une forte volatilité, s’envolant dans la matinée avant de se stabiliser, puis de remonter à la clôture des Bourses européennes.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 1,6 points de base pour finir à 3,4967%.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans a pour sa part gagné 2 points de base à 4,8892%, proche de son pic de 24 ans enregistré vendredi dernier. Son « spread » avec l’obligation allemande de même écheance ressort à 139 points de base et reste à son plus haut niveau depuis la crise de la zone euro de 2011-2012.
Au Royaume-Uni, le rendement des Gilt à 10 ans a avancé de 3 points de base pour finir la séance à 5,48%
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans affiche un gain de 2,6 points de base à 5,3029%, tandis que son homologue du titre à deux ans prend 4,8 points de base à 4,8122%.
CHANGES
Le dollar a vu ses gains s’amenuiser jeudi, offrant un répit à l’euro, affecté par les tensions budgétaires et obligataires de la zone euro.
Le dollar grappille 0,03% face à un panier de devises de référence, tout en restant proche de son plus haut niveau depuis 18 mois.
L’euro gagne à son tour 0,02% à 1,1197 dollar.
PÉTROLE
Les craintes concernant l’approvisionnement en pétrole refont surface et font à nouveau grimper les prix, le Brent avançant de 5,46% à 105,67 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 5,15% à 92,83 dollars.
Les menaces pesant sur le transport maritime de pétrole dans le Golfe et le détroit d’Ormuz se sont intensifiées ce mois-ci et ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la guerre, alors même que les producteurs du Golfe ont augmenté leurs exportations.
A SUIVRE LE 9 OCTOBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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