Le financement de l’IA fait peser des risques systémiques sur l’économie américaine selon une étude
par Howard Schneider
WASHINGTON, 24 septembre (Reuters) – Le développement de l’intelligence artificielle devrait, à terme, mobiliser une part plus importante de la production américaine que ne l’avait fait le déploiement du réseau électrique, des chemins de fer, des autoroutes inter-États ou encore d’internet, avec une structure financière de plus en plus complexe présentant des risques potentiellement systémiques, selon une étude universitaire à paraître vendredi.
Jusqu’ici financé par les réserves de trésorerie d’entreprises telles que Amazon, Meta Platforms et Google (Alphabet), l’essor de l’IA devrait absorber environ 3,6% du produit intérieur brut américain chaque année jusqu’en 2032, soit plus de 10.000 milliards de dollars (8.781 milliards d’euros).
Cette expansion nécessite des montages financiers de plus en plus complexes, souligne Stijn Van Nieuwerburgh, professeur de finance à la Columbia Business School, dans un article pour la Brookings Institution.
Cette estimation est supérieure aux 2,2% du PIB annuel absorbés par les chemins de fer à la fin du XIXe siècle – qui constituait alors le deuxième chantier technologique le plus coûteux – et légèrement supérieure au 1% par an pour la construction du réseau autoroutier inter-États américain à partir des années 1950 ou pour l’expansion des télécommunications qui a débuté au milieu des années 1990.
Tout comme les développements du rail et des télécommunications ont conduit à des bulles et des effondrements notables, le chercheur estime que l’ampleur du déploiement, les sources de revenus encore non éprouvées et la structure de financement complexe qui se met en place autour de l’IA laissent penser qu’elle pourrait être mûre pour un effondrement.
« C’est d’une complexité folle », a-t-il déclaré à des journalistes, évoquant les accords en cours de négociation entre entreprises d’IA, géants technologiques, banques, prêteurs privés, sociétés immobilières et de nombreux autres acteurs.
Selon son estimation prudente, ces projets engendreraient l’équivalent de 183 gigawatts de capacité de centres de données ces sept prochaines années, contre environ 57 gigawatts actuellement.
La construction de centres de données et les risques liés à l’IA sont devenus un enjeu central dans les débats politiques et économiques américains.
Certaines villes sont réticentes à accueillir ces installations et s’inquiètent de la pression exercée sur les ressources locales, tandis que les responsables de la Réserve fédérale se demandent si ce boom de la construction ne contribue pas à l’inflation. Des dirigeants du secteur de l’IA ont laissé entendre qu’un rythme de développement plus lent pourrait s’avérer plus sûr.
« UN RISQUE DE PERTES IMPORTANT »
Les investissements en cours ont déjà dépassé ce que les principaux acteurs peuvent financer à partir de leurs propres flux de trésorerie. Le recours au financement externe a accru l’endettement, redistribué les risques et rendu l’entreprise dépendante de sources de revenus qui n’ont pas encore fait leurs preuves, note Stijn Van Nieuwerburgh dans l’article.
« L’opacité de toutes ces entités à vocation spécifique rappelle quelque peu ce qui s’est passé lors de la crise des subprimes », a-t-il dit aux journalistes, référence à la période où des montages complexes de financement hypothécaire ont ébranlé les systèmes financiers mondiaux et déclenché la récession de 2007-2009 aux États-Unis.
« Ces évolutions ne signifient pas que des difficultés financières sont imminentes. Une forte croissance des usages de l’IA, un taux d’utilisation élevé et l’amélioration continue des capacités des modèles pourraient justifier les infrastructures prévues et générer des flux de trésorerie stables », explique-t-il dans l’article.
« Mais la combinaison d’une demande incertaine, d’évolutions technologiques rapides, d’obstacles à la mise en œuvre des projets et d’un endettement élevé crée un risque important de pertes si les anticipations sont revues à la baisse. »
À titre d’exemple, il a indiqué que le secteur de l’IA devra générer environ 3.700 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel d’ici 2032 pour atteindre le retour sur investissement escompté, et que « compte tenu des estimations actuelles du chiffre d’affaires annuel combiné d’OpenAI et d’Anthropic, qui s’élève à environ 100 milliards de dollars, le chiffre d’affaires devrait croître d’environ 80% par an ».
(Par Howard Schneider; Version française Matthieu Huchet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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