Le crédit bancaire s’est durci comme jamais depuis la crise de la dette, observe la BCE
FRANCFORT (Reuters) – Les banques de la zone euro ont restreint l’accès des entreprises au crédit dans des proportions inégalées depuis la crise de la dette de 2011 et prévoient de poursuivre sur cette voie alors qu’elles se font plus pessimistes sur l’économie avec la hausse des taux, montre une enquête de la Banque centrale européenne (BCE) publiée mardi.
Mais la demande de crédit des entreprises et des ménages a également diminué pour les mêmes raisons, celle des prêts hypothécaires ayant enregistré sa plus forte baisse historique, indique l’enquête trimestrielle de la BCE.
La hausse régulière des taux d’intérêt de la BCE depuis juillet a un impact sur l’économie, montrent les conclusions de l’enquête qui pourraient constituer un argument de plus pour les « colombes » de l’institution, partisans d’une modération du resserrement monétaire, jeudi lors de la réunion du Conseil des gouverneurs.
Un pourcentage net de 26% des banques interrogées par la BCE ont durci leurs critères d’octroi de crédit aux entreprises au quatrième trimestre.
Elles ont aussi restreint l’accès au crédit à la consommation et aux prêts hypothécaires, une tendance amenée à durer ce trimestre.
« Les risques liés aux perspectives économiques, à la situation propre à l’industrie ou à l’entreprise et à la tolérance au risque des banques ont continué d’avoir un effet de resserrement sur les critères de crédit », constate la BCE.
Au total, 74% des banques ont signalé une baisse de la demande de prêts hypothécaires au cours du dernier trimestre, les baisses les plus importantes ayant été observées en Allemagne et en France.
« Cela met en évidence une forte incidence négative des récentes hausses de taux d’intérêt sur la demande de prêts au logement, associée à une baisse de la confiance des consommateurs », a ajouté la BCE.
(Reportage Francesco Canepa, version française Laetitia Volga, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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