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L’action Stellantis à un plus bas de 2 ans après le départ de Tavares

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PARIS (Reuters) -L’action Stellantis est tombée lundi à un plus bas de deux ans au lendemain de l’annonce de la démission brutale de Carlos Tavares, directeur général du groupe depuis sa création, à la suite de divergences avec les principaux actionnaires et le conseil d’administration du constructeur automobile né de la fusion entre PSA et FCA.

Vers 11h00, le titre du quatrième groupe automobile mondial perdait 8,47% à la Bourse de Milan, contre un recul de 0,8% pour l’indice CAC 40 à la même heure.

« Les investisseurs cherchant à investir dans une entreprise avec une telle volatilité dans l’équipe de direction se retrouvent confrontés à un défi sans précédent », commentent les analystes de JPMorgan dans une note, soulignant que le départ de Carlos Tavares fait suite à celui de la directrice financière.

L’action Stellantis est partie pour accuser sa plus forte baisse sur une seule séance depuis la fin septembre, quand le groupe a signé son spectaculaire « profit warning ». La perte en Bourse depuis le début de l’année atteint maintenant 45%, la plus lourde de tous les concurrents automobiles en Europe.

« Les difficultés de Stellantis continuent de jeter un doute sur le business model du conglomérat de marques mondial (…) ainsi que sur la longévité du directeur général dans une industrie automobile connaissant des difficultés aussi structurelles et cycliques », ajoutent les analystes de Jefferies dans une note.

Né en 2021 de la fusion entre PSA, Opel et FCA, Stellantis ne compte pas mois de 14 marques.

DECISION DU BOARD UNANIME

« Le succès de Stellantis depuis sa création repose sur un alignement parfait entre les actionnaires de référence, le conseil d’administration et le CEO. Cependant, ces dernières semaines, des points de vue différents sont apparus, ce qui a amené le conseil d’administration et le CEO à la décision d’aujourd’hui », a expliqué Henri de Castries, administrateur indépendant senior de Stellantis, cité dans le communiqué publié par Stellantis dimanche soir.

Une source proche du dossier a dit à Reuters que le conseil d’administration avait pris sa décision à l’unanimité.

Selon une autre source, les administrateurs jugeaient que Carlos Tavares voulait avancer trop vite pour corriger les difficultés opérationnelles rencontrées en Amérique du Nord, et qu’il privilégiait le court terme pour préserver sa réputation, ce qui n’était pas dans le meilleur intérêt du groupe.

Jeff Laethem, propriétaire d’une concession Stellantis à Detroit, s’est dit soulagé par le départ de Carlos Tavares, après une année marquée par un gonflement des stocks et une baisse des ventes.

Jusqu’ici l’un des dirigeants les plus respectés de l’automobile, artisan du redressement de PSA et d’Opel, de la création de Stellantis et coutumier des performances financières à deux chiffres, Carlos Tavares s’est retrouvé cette année cible de vives critiques pour une forte dégradation de la performance opérationnelle du constructeur aux Etats-Unis.

Celle-ci a contribué à un avertissement spectaculaire sur les objectifs financiers annuels du groupe à l’automne, qui avait entraîné un vaste remaniement à la tête du groupe, avec notamment le départ de la directrice financière et du patron des activités nord-américaines, tout en épargnant alors le directeur général.

Carlos Tavares avait toutefois indiqué par la suite qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat après la fin de son mandat en cours, début 2026, et qu’il prendrait ensuite sa retraite.

Fabio Caldato, gérant de portefeuille chez AcomeA SGR, qui détient des actions Stellantis, a indiqué que « de nouvelles idées et de nouvelles forces étaient nécessaires pour projeter l’avenir de l’entreprise ».

LE PROCESSUS DE SUCCESSION « EN BONNE VOIE »

Le groupe, qui a notamment dit prévoir une hémorragie de cash allant jusqu’à dix milliards d’euros en 2024, a confirmé dimanche soir les objectifs annuels présentés le 31 octobre.

« Le processus de nomination du nouveau CEO permanent, géré par un comité spécial du conseil d’administration, est en bonne voie et aboutira au cours du premier semestre de 2025 », a ajouté Stellantis dans son communiqué. « Dans l’intervalle, un nouveau comité exécutif temporaire, présidé par John Elkann, sera mis en place. »

Ce processus devait initialement aboutir au quatrième trimestre de l’an prochain.

John Elkann est également directeur général d’Exor, la holding de la famille Agnelli, fondatrice de Fiat, principal actionnaire de Stellantis, suivi de la holding de la famille Peugeot, fondatrice de PSA, et de l’Etat français via BPIfrance.

« On savait que Carlos Tavares était sur la sellette (…) mais nous avons besoin maintenant de retrouver un climat social plus serein (et) de redonner une stabilité forte dans les équipes, d’assurer le renouvellement générationnel et d’enrayer la fuite des compétences », a réagi Benoît Vernier, représentant CFDT chez Stellantis.

(Gilles Guillaume, Corentin Chappron, Enrico Sciacovelli, Allessandro Parodi, Giulio Piovaccari et Nora Eckert, édité par Kate Entringer)

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