Lactalis, numéro un mondial du lait, reste en Russie
PARIS (Reuters) – Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers, a décidé à ce stade de maintenir ses activités en Russie afin d’approvisionner le marché local, a déclaré vendredi un porte-parole en écho à la décision de Danone de céder son activité de produits laitiers dans le pays.
« A ce jour, on fait le choix de rester en Russie. On considère qu’on remplit notre mission de nourrir la population civile », a dit ce porte-parole à Reuters.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou en février, de nombreuses entreprises multinationales ont cédé leurs actifs en Russie. Avant Danone, le constructeur automobile japonais Nissan, partenaire de Renault, a annoncé cette semaine avoir décidé de se retirer du marché russe.
Mais certains groupes agroalimentaires occidentaux comme Lactalis ont choisi de rester, invoquant leur rôle dans l’approvisionnement du pays en denrées de base.
Lactalis, qui n’est pas coté en Bourse, compte quatre usines de transformation du lait en Russie et quelque 1.900 employés.
Le pays a représenté l’an dernier environ 1% de son chiffre d’affaires global de 22 milliards d’euros.
Le géant du lait a interrompu ses investissements industriels et publicitaires dans le pays et séparé sa branche locale du reste de ses activités, a précisé le porte-parole, ajoutant que Lactalis n’avait pas de contrats avec l’Etat russe.
Le groupe maintient également une présence en Ukraine, où il dispose de trois sites de production avec quelque 850 employés.
Ces usines, qui se situent dans des territoires contrôlés par les forces ukrainiennes près des lignes de front dans l’est et le sud du pays, ont dû parfois arrêter leur production pour des raisons de sécurité.
Avant la guerre, la branche ukrainienne de Lactalis générait un chiffre d’affaires similaire à celui de la branche russe, selon le groupe.
(Reportage Gus Trompiz, Sybille de La Hamaide et Richard Lough, version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Nicolas Delame)
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